“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

L'Humeur
  • DE GUY CURE
  • 25 juillet 2019
  • L’armée française dispose d’un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque. Le lancement a été accompagné d’un vibrant discours sur l’indépendance de la France. C’était quelques jours avant le 14 juillet. Tout un symbole… Je suis personnellement beaucoup plus (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • CE QUI NOUS CHATOUILLE & NOUS GRATTOUILLE
  • 25 juillet 2019
  • Benalla l’été dernier - et ses scories politico-financières jusqu’à aujourd’hui -, De Rugy cet été, une Première dame qui coûte un bras aux contribuables (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2019 > JUILLET 2019 > N° 1557 > Réforme des retraites

Réforme des retraites

une réforme vicieuse pour faire imploser le système

jeudi 25 juillet 2019 , 266 : visites , par Rémi

La réforme des retraites, mouture Delevoye/Macron, est truffée de formules aguichantes. La réalité, c’est qu’elle préconise un système beaucoup plus fluctuant avec des paramètres d’âge ou de pension qui seront “révisables” en fonction du cadre budgétaire ou de l’espérance de vie.

Si tous les syndicats n’ont pas la même analyse, tous sont d’accord pour s’opposer aux 64 ans comme nouveau seuil.

Non-dit, coup fourré, arnaque... : au choix. Des pensions soumises à des contraintes budgétaires de fer, un âge de départ réel sans cesse reculé... le projet de retraite par points préconisé par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, est l’empoisonnement offert avec des fleurs de l’actuel système. Il met aussi insidieusement les exécutifs à venir de la “corvée” de réformes régressives à répétition et leur procure l’antidote à la célèbre formule de Michel Rocard : «  Avec la réforme des retraites, il y a de quoi faire sauter plusieurs gouvernements ». Si tous les syndicats n’ont pas la même lecture, tous sont opposés au recul à 64 ans.

64 ans... en attendant pire

En janvier dernier, le même Delevoye promettait : « Il n’y aura pas de décote, nous laissons la liberté de choix de partir à 62 ans ». Six mois plus tard, autre chanson : ceux qui décideront de prendre la retraite à l’âge légal en subiront les désavantages pécuniaires : -10% à 62 ans ; -5% un an plus tard. L’âge du taux plein passant à 64 ans, qui permettrait de « garantir et maintenir constant le rendement d’équilibre du système ». Plus grave, selon le rapport, l’âge du taux plein deviendra « un levier de pilotage du système de retraite ». En clair, une “variable” qui évoluera plus ou moins rapidement, voire stagnera, selon l’espérance de vie. Car le système, vu par Macron/Delevoye devra respecter une « règle d’or  » : « le poids des recettes du système sera maintenu constant  ». Ce qui revient à bloquer définitivement les ressources affectées au financement des retraites à ce qu’elles sont aujourd’hui (14% du PIB) alors que, dans les prochaines décennies, le nombre de retraité-es va s’accroître de près de 30%. Les pensions vont donc plonger, car les redistributions promises s’opéreront entre les salarié.es alors que les revenus du capital resteront sanctuarisés.

Pour une réforme de progrès social

Pire, le déploiement de fonds de pension « à la française » intégrés à la réforme va accroître la financiarisation des entreprises et la destruction d’emplois pour financer les actionnaires desdits fonds. Les travailleurs auront à choisir entre leurs emplois ou bien le financement de leur fonds de pension. Absurde ! La réforme prévue est une rupture historique sans précédent. À l’origine, la pension était conçue pour représenter à un âge déterminé, un pourcentage clairement affiché du salaire de fin de carrière. L’objectif historique en était de garantir à chacun au minimum 75% du salaire de fin de carrière pour une carrière complète. La variabilité de la valeur du point, ajoutée aux autres chausse-trapes, fait voler tout cela en éclats. La réforme proposée ne peut que déclencher un vent de colère. Pour autant, le PCF considère que le statu quo n’est pas possible, car le système actuel ne répond plus aux attentes, déstabilisé par les attaques successives depuis le début des années 1990. Les communistes proposent une réforme de progrès social pour un nouvel âge du système de retraites. Rétablissement du droit à la retraite dès 60 ans avec au minimum 75% du dernier salaire et un minimum de pension égal au SMIC net ; les possibilités de financement existent. Le PCF appelle à la création du plus large front unitaire, pour mettre le gouvernement en échec, tout en portant devant le pays un projet alternatif fort, présenté dans le cadre d’une grande campagne nationale.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|