Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

Accueil > Archives > Champagne Ardenne > Toute la région > Culture > LA CHAMPAGNE ARDENNE EN AVIGNON

LA CHAMPAGNE ARDENNE EN AVIGNON

De notre correspondant Jean Lefèvre

vendredi 27 juillet 2007 , 2213 : visites , par Jean Lefevre

MA FAMILLE de Carlos Liscano, par la Compagnie Alliage-Théâtre ( [1])

José Renault, l’homme des Casernes (il y est passé 8 fois) ( [2]) vient de présenter cette fable étonnante de cruauté et d’humour en Avignon. Dans un conte féroce écrit par l’Uruguayen Carlos Liscano, on y vend les enfants avec naturel pour se faire de l’argent. Quand ils sont trop laids et invendables, on les abandonne dans les arbres. Comme dans toute famille normale les enfants se vengent en vendant leur père qu’ils retirent du dépôt-vente où ils les ont mis. Ou alors, ils se vendent eux-mêmes pour se faire la main ou montrer leur sens du commerce. Évidemment vous n’y croyez pas. C’est un simple divertissement. Pourtant il y a bien aujourd’hui la prostitution et le travail forcé des enfants. On se rappelle la chanson de Ferrat ( [3]) " Les enfants de 5 ans travaillant dans les mines ". C’était au siècle dernier. En France.

José Renault a voulu adapter ce texte de l’écrivain uruguayen Carlos Liscano qui vit actuellement à Barcelone. Celui-ci a subi 13 ans d’enfermement sous les dictatures diverses (Mendez, Alvarez) qui se servait avec d’autres dictateurs des " Escuadron de la muerte " la mort, entraînés par des militaires français qui s’étaient faits la main en Algérie).

Dictature rime avec misère et la fable corrosive et cocasse nous amuse certes mais nous interpelle. Les rapports familiaux eux aussi prennent une coloration absurde, mais n’y a t-il pas dans toute famille des à-coups, des prises de pouvoir, des haines, des rejets , des fêtes collectives pour protéger les apparences et parfois de la tendresse.

Le décor est chiche (une table, une chaise, un frigo), à l’abri des extravagances modernes, mais le texte est mis en avant par une mise en scène rythmée, rapide, efficace que 4 acteurs grand teint portent sur le pavois. C’est comme un quatuor de Janacek, insolent et virtuose. Catherine Lafont, Henri Payet et Catherine Krajewski ne dissimulent pas leur plaisir de jouer, ils sont étonnants de complicité et de justesse. Quant à Vincent Parrot, il se révèle être un acteur superbe et juste.

Voilà un spectacle qui devrait tourner en boucle partout pour montrer qu’il occupe l’espace, le temps et le cœur des hommes.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N931

Notes

[1Alliage-Théâtre, 245 Ae de Laon 51 100 Reims.

[2Espace Théâtral de Champagne-Ardenne : la Caserne des Pompiers.

[3Ma France 1969

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|