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La Somuco vous informe

Suite de notre Publi-Information parue dans La Dépêche 1533 du 08/02/2019

vendredi 12 juillet 2019 , 322 : visites

Un plan de réorganisation du système de santé en deçà des besoins

Le président de la République a annoncé en personne le plan de réorganisation du système de santé. Nous ne pouvons que partager les diagnostics sur les difficultés d’accès à la santé, sur la crise de nos systèmes de soins de premier recours comme hospitaliers. Les mesures proposées allant dans le sens d’une organisation plus collective de la médecine de ville et d’une meilleure articulation avec les hôpitaux de proximité ainsi que la volonté de réduire la place de la tarification à l’acte vont dans le bon sens.

Pour autant, les mesure correctives proposées sont très loin de répondre au niveau des enjeux. Nous vivons une crise de notre système de soin qui n’en est qu’à ses prémices. Il ne suffit pas d’annoncer « la suppression du numerus clausus » pour résoudre le problème des déserts médicaux. La réorganisation de l’hospitalisation ne permettra pas de garantir la qualité de prise en charge de tous si les moyens ne sont pas dégagés pour résoudre la situation de crise que vivent l’hôpital et le personnel hospitalier. La réorganisation des soins doit être beaucoup plus profonde et toutes les solutions doivent être mobilisées, notamment le développement sur tout le territoire des centres de santé. Ce sont les structures permettant de répondre complètement aux besoins des patients et aux aspirations des professionnels de santé en terme de médecine d’équipe, d’accès aux plateaux techniques et de salariat. Les Mutuelles de France demandent un plan d’urgence de développement des centres de santé et la mise en oeuvre des financements nécessaires à la sécurisation de leur modèle économique.

Le gouvernement présente comme un effort significatif l’évolution de l’ONDAM portée de 2,3 à 2,5% pour 2019. Nous ne sommes pas dupes de cette supercherie. En 2018, le PIB (la richesse du pays) va augmenter de 4% en euros courants, 1,7% de croissance hors inflation et 2,3% d’inflation. Proposer 2,5% d’évolution de l’ONDAM, c’est donc réduire la part de la richesse du pays consacrée à la santé, au moment ou le gouvernement lui-même reconnaît qu’il y a besoin de moyens supplémentaires. Le simple maintient en 2019 de la part de richesse consacrée à la santé aboutirait à 3 milliards de ressources supplémentaires, de quoi réellement entamer la résolution des problèmes d’accès aux soins de premiers recours comme hospitaliers.

Le reste à charge zéro : un trompe-l’oeil lourd de conséquences

Les modalités de mise en oeuvre du reste à charge zéro n’ont rien de rassurant. Là encore, nous souscrivons à l’objectif de permettre un meilleur accès à la santé, mais nous alertons sur les trop nombreux effets pervers des mesures annoncées pour y parvenir.

Tous d’abord, le reste à charge zéro ne concernera qu’un panier de soin limité qui exclut notamment la médecine de ville et l’hôpital. Ensuite, tel qu’il est envisagé actuellement, le reste à charge zéro reposera en grande partie sur les complémentaires santé, donc les mutuelles. Il exclut de fait les 4 millions de personnes qui en sont privées. Le "RAC Zéro" entrainera une hausse des cotisations des adhérents en raison d’un surcroit de charges ou d’une hausse de la fiscalité consécutive à la perte du label "solidaires et responsables" pour les contrats ne couvrant que les tickets modérateurs. Il existe donc un risque réel que cette mesure se traduise par un recul de l’accès à la complémentaire santé pour les plus précaires, et donc un recul de l’accès aux soins. Ce serait un comble ! Pour surmonter cet obstacle, une solution simple existe : la suppression des taxes sur les cotisations mutualistes .

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