“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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L’imprimerie nationale livrée à la spéculation

jeudi 19 juillet 2007 , 2469 : visites

Les sénateurs communistes demandent une enquête parlementaire sur l’achat des bâtiments de l’imprimerie nationale.

En 2003, l’immeuble de l’imprimerie nationale, propriété de l’État, situé dans le 15e arrondissement de Paris, est vendu par le gouvernement, pour 85 millions d’euros au fonds d’investissement américain Carlyle. En juin 2007, après l’élection présidentielle, l’État rachète, pour les besoins du ministère des Affaires étrangères le même bâtiment pour la somme de 376,7 millions d’euros, soit une différence de 291,7 millions d’euros. Nicole Borvo, présidente du groupe communiste républicain et citoyen au Sénat adresse, fin juin, deux lettres, l’une au Premier ministre, l’autre au président de la cour des Comptes, dénonçant "le gâchis des deniers publics ". Elle informe qu’elle interpellera le gouvernement et demandera la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Pour l’heure, c’est le silence du côté de Matignon comme de la cour des comptes.

Seul le ministre du Budget, Éric Woerth, a reconnu, du bout des lèvres, que "certes le prix de rachat était beaucoup plus important que le prix de vente ", mais assure "que c’est une opération très bénéfique pour les finances de l’État... des travaux colossaux ayant été réalisés pour faire de ce site industriel un immeuble de bureau". Malheureusement pour le ministre, les chiffres ont la tête dure

Les travaux n’ont coûté "que" 120 millions d’euros. En conséquence, quand on additionne ce que cela a coûté à Carlyle, 85 millions d’achat et 120 millions de rénovation, soit au total 205 millions d’euros et que l’on compare avec le prix de vente du bâtiment à l’État, soit 376,7 millions, le bénéfice réalisé en quatre ans sur le dos des contribuables français par Carlyle est de 171,7 millions d’euros environ. Il n’est pas sûr que le scandale puisse être tu encore longtemps. Un tel gaspillage contredisant les objectifs affichés du gouvernement en matière de gestion du bud-get de l’État.

Cet argent aurait sans doute été plus utile à soutenir, par exemple, l’activité industrielle de l’imprimerie nationale et ses emplois ainsi qu’à sauvegarder le patrimoine culturel de cette grande entreprise publique. Avec la fermeture du site de Paris, ce sont 900 emplois qui ont été supprimés et aujourd’hui, sur le site de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, 77 emplois sur 120 sont menacés

P.-S.

l’imprimerie nationale.

La Dépêche de l’Aube N930

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