“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

Accueil > Archives > National > Augmentation de la TVA, franchise médicale, atteinte au droit de grève, (...)

Augmentation de la TVA, franchise médicale, atteinte au droit de grève, cadeaux aux plus riches, suppressions d’emplois etc

...L’été meurtrier

jeudi 12 juillet 2007 , 2480 : visites , par JPC

La question du pouvoir d’achat était au cœur du débat des présidentielles.

Et pour cause. Alors que notre pays n’a jamais créé autant de richesses, la masse des gens se débat dans des difficultés grandissantes. Dans un pays où la fracture sociale se creuse davantage chaque jour, où les salariés ne peuvent plus vivre dignement de leur travail, l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat n’est pas une symbolique, c’est une urgence sociale. Ça l’est certainement pour les 500 familles romillonnes qui, nous venons de l’apprendre, en sont à ne plus pouvoir payer leur facture d’eau. Mais combien sont-ils dans le département de l’Aube à tenter de se dépatouiller au quotidien avec les factures d’électricité, de gaz ou de loyer ? Quand il ne s’agit pas de faire une croix sur la visite chez le médecin ou l’achat de médicaments pour les nombreuses familles qui ne peuvent plus se payer une mutuelle.!

Cela ne doit-il pas nous interroger dans ce pays qui, il y a 60 ans, inventait la sécurité sociale ! Cela ne doit-il pas nous faire réfléchir au but ultime de la politique de Sarkozy. Lui qui nous a bassiné durant toute la campagne en évoquant les valeurs du travail, et qui à la première occasion refuse de donner un signe fort en direction du patronat afin que ce dernier rétablisse un tant soit peu de justice dans la répartition des fruits des richesses que les salariés contribuent à créer. (en 20 ans les dividendes ont été multipliés par 9 et le SMIC par 2). Pour moi le travail est une valeur lorsqu’il permet de nourrir sa famille et s’épanouir dans la vie. Ce n’est pas travailler plus pour gagner une misère. Ce n’est pas être obligé d’accepter quelques heures de travail par semaine dans n’importe quelles conditions.Ce n’est pas se soumettre, c’est se libérer, s’émanciper..

En fait, il n’y a pas de surprise. Le MEDEF, et les tenants du CAC 40 peuvent dormir sur leurs deux oreilles. C’est à un tout autre chantier auquel s’activent Sarkozy et sa majorité présidentielle.

L’été ne va pas être pluvieux, il va être meurtrier. Le gouvernement va faire tomber les mauvais coups. Comme la "TVA-anti- sociale", qui vise honteusement à faire financer par une augmentation des produits de consommation pour tout le monde une nouvelle réduction massive des cotisations sociales patronales, s’ajoutant aux 23,6 milliards d’euros déjà accordés en 2006. Comme l’instauration du service minimum : objectif démontrer que le gouvernement ne reculera pas dans la mise en œuvre du projet Sarkozy en mettant au pas d’emblée les syndicats des transports qui avait eu raison de la réforme Juppé en 1995.

Comme le fameux contrat de Travail Unique qui vise ni plus ni moins qu’à briser les garanties collectives du CDI, à amoindrir la sécurité du salarié, et à développer la précarité.

Comme la franchise médicale qui selon Sarkozy devait être une idée unique, simple et transparente et qui fait déjà l’unanimité contre elle. On parle de dérembourser à tour de bras, qui sur une consultation, qui sur une radiologie, qui sur une boite de médicament. La logique est effectivement unique et simple : faire payer les seuls assurés, toujours eux, toujours plus en ignorant les revenus du capital qui ne contribuent toujours eux pas à la solidarité nationale.

Comme l’autonomie des universités ou comment marchandiser les savoirs !

Comme la suppression de 10 000 postes dans l’éducation nationale alors que l’école devait être une priorité ! Comme, cette offrande faite aux plus riches appelée pudiquement "le paquet fiscal " Une plaisanterie qui va coûter au budget de la France l’équivalent de 400 maisons de retraite. C’est la vénération même des hauts revenus et une insulte à ceux qui luttent au quotidien pour gagner deux sous.

Le projet que Sarkozy a vendu aux Français, c’est le retour d’une véritable société de rentiers, à l’image de celle de la fin du 19ème siècle. Nous ne sommes pas dans la réforme, nous sommes dans la régression.

Nous ne sommes pas dans la modernité, nous sommes dans l’anachronisme. La modernité, en politique n’a qu’une forme, c’est celle qui en toute occasion fait passer l’être humain avant l’indice du CAC 40.

Face à ce désastre annoncé, la gauche ne doit pas collaborer ou en rabattre sur ses valeurs. Tout en organisant la riposte, elle doit travailler à redéfinir ses objectifs et son projet de société. L’élection présidentielle confirme au moins une donnée : il n’y a pas d’issue pour la gauche dans l’acceptation et l’accompagnement du libéralisme.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N929

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|