Madame la misère écoutez le tumulte / Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi / Traînant des mots d’amour avalant les insultes / Et prenant par la main leurs colères adultes / Afin de ne les perdre pas.” Léo Ferré

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École - Loi Blanquer

une pâte à modeler les inégalités

samedi 20 avril 2019 , 354 : visites , par LDA

Le projet de loi proposé par M. Blanquer, s’inscrit dans le flot des contre-réformes qui dessinent l’architecture du “nouveau monde” macronien ; inégalitaire et autoritaire. Un texte dicté par le Medef et le Conseil européen.

Les contre-réformes de l’école préfigurent toujours le projet de société des tenants du pouvoir. La République produit aujourd’hui une instruction parmi les plus inégalitaires d’Europe, qui trahit sa promesse d’émancipation. Les efforts, le dévouement, la conscience professionnelle des équipes pédagogiques, qui sont les premières à en souffrir, n’y changent rien. La procédure accélérée pour limiter les débats, était le plus sûr moyen de soulever la défiance de onze syndicats et des parents d’élèves largement mobilisés contre un projet bien mal-nommé de « confiance » alors que la demande de démocratie parcourt toute la société. Ainsi, M. Blanquer a fait grand bruit de la scolarisation obligatoire des enfants dès 3 ans... alors que 97,3% d’entre eux le sont déjà. La mesure gouvernementale va surtout se traduire par un chèque de 150 millions d’€ à l’enseignement maternel privé, que les municipalités auront désormais l’obligation de financer. Leur remboursement, promis par l’État, va encore aggraver la mise sous tutelle des communes. Et comment être dupe du fait que cette obligation va liquider la possibilité offerte aux parents de pouvoir scolariser les enfants dès 2 ans ? De nombreuses municipalités de gauche, notamment communistes, s’y sont depuis longtemps engagées au grand bénéfice des familles et des enfants les plus en difficultés. Voici aussi que le ministre veut dissocier l’acquisition des savoirs fondamentaux de l’excellence. Des « établissement publics de savoirs fondamentaux » uniront sous une même tutelle administrative écoles primaires et collèges, éloignant les directions d’établissements de la population, notamment en territoire rural, quand, à l’autre bout de la chaine éducative, la sélection se fait plus drastique avec des dispositifs tels que « Parcoursup » ou de coûteux et élitistes « établissements publics locaux internationaux » à destination des enfants des cadres des entreprises multinationales. On retrouve là une des caractéristiques de la macronie : le mépris des classes populaires.

Dans la littérature du Medef et du Conseil européen

On trouve la source de ces contre-réformes dans la littérature du Medef et dans celle du Conseil européen, cosignée donc par notre gouvernement. Dans une recommandation du Conseil européen, publiée récemment, on peut ainsi lire : « le système actuel d’enseignement et de formation initiaux ne favorise pas suffisamment l’intégration sur le marché du travail  » ! Tel est le sens de ces choix : fournir de la main d’oeuvre adaptable au marché du travail. Loin d’un projet d’émancipation. La tendance à modeler l’école aux inégalités et à faire entrer les élèves dans les cases d’un marché du travail sclérosé s’accompagne d’une mise au pas sans précédent du personnel enseignant. La majorité macroniste revendique le retour de l’État dans la formation des enseignants à travers la nomination des directeurs par les recteurs. Un retour de l’État, observable dans différents aspects de la politique macronienne, qui s’effectue pour briser les résistances du modèle français à l’intégration capitaliste et imposer les politiques d’austérité. On peut donc légitimement s’interroger : vise-t-il à faire rentrer la réforme de l’éducation dans les clous budgétaires imposés par les traités européens ? Viset- il aussi à préparer la « réforme  » de la fonction publique, la suppression de 120 000 postes et la casse du statut des agents au nom, là encore, de l’application des traités européens ?

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