“Quand les riches volent les pauvres, on appelle ça les affaires. Quand les pauvres se défendent, on appelle ça de la violence.” Mark Twain

L'Humeur
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Prime Macron

Les patrons en ordre de bataille contre la prime

vendredi 28 décembre 2018 , 211 : visites , par Rémi

Entre les patrons qui tentent de noyer le poisson, les "réfractaires" ou ceux qui pinaillent tout en surfant sur l’exonération de cotisations et d’impôt sur la "prime ", beaucoup de salariés vont passer à côté de l’annonce de Macron. Mais n’était-ce pas là l’effet voulu ?

Face à l’ampleur de la révolte, certaines entreprises lâchent du lest, espérant éteindre ainsi tout risque de contagion.

Pas de petits profits pour les grands salopards (j’assume, j’ai signé !) qui n’entendent pas faire « l’effort  », demandé par Macron, d’accorder une prime à leurs salariés. Comme les pleureuses de la fédération du BTP qui lèvent les bras au ciel : « Je ne suis pas sûr que toutes nos entreprises, et bien loin de là, soient en capacité de verser la prime  », a larmoyé leur président. Chez les Bouygues construction, Colas et autres Vinci, un sou, c’est un sou... et il est toujours mieux dans la poche des actionnaires que dans celle des ouvriers. Pour tendre leur gamelle lorsqu’il s’agit d’y faire tomber de l’argent public, ils sont là. Et ils redemandent du « rab ». Aussi crevards d’argent public que salopards avec leurs salariés !

"Il y a aussi des poissons volants...

" Les mêmes tirent gloriole des profits qu’ils arrachent du travail productif ; les mêmes s’allouent d’indécentes augmentations de salaire, des magots de départ hallucinants ; les mêmes qu’on retrouve de manière récurrente dans les révélations d’évasion fiscale, ou qui figurent au palmarès des expatriés en Suisse, dont la fortune a augmenté de 13,5% en 2017 (Wertheimer, Drahi, Castel et consorts). Tous les « premiers de cordée » que Macron a aidé à nous passer le noeud coulant pour nous étrangler encore plus. L’appel pathétique de Macron et de ses ministres à leur bonne volonté a dû les faire rire ! Si quelques-uns, empressés de voler au secours du pouvoir, ont annoncé l’octroi d’une prime, on ne peut s’empêcher de penser à la réplique culte de Jean Gabin : « il y a aussi des poissons volants mais qui ne constituent pas la majorité du genre ! » Depuis l’annonce de l’Élysée, l’artillerie lourde du patronat donne à plein : augmenter le Smic ? Contre-productif ! nous disent les experts du sérail, tableaux et graphiques à l’appui. Une perle aussi ! Le Smicard bénéficie en plus d’allocations, a pontifié une sémillante dinde d’avant Noël... fourrée au libéralisme.

Impasse chez Carrefour

Chez Carrefour, qui a lâché au départ du prédécesseur de Bompard 13 millions d’euros l’an passé, malgré des résultats « peu glorieux », et où Bompard touche actuellement un « salaire fixe » d’un million et demi par an, plus la « part variable  » sur des « critères financiers quanti- tatifs  », on refuse pour l’heure de discuter d’un quelconque bonus et l’on pinaille avec de fumeuses « aides ponctuelles » ayant le goût d’attrappe-nigauds. Rien qu’avec l’argent du CICE, Carrefour a bénéficié de 134 millions d’euros de crédit d’impôt versé par l’État. De l’argent censé revenir aux salariés sous forme d’emploi. Mais non, Carrefour empoche, refuse la prime... et licencie. D’autres, comme les géants du luxe LVMH, Kering et Hermès, qui brillent au firmament du CAC 40, s’en tiennent à des promesses floues. Chez PSA, malgré une hausse de 7,2 milliards du chiffre d’affaires au premier semestre 2018, on fait aussi la sourde oreille, espérant noyer le poisson dans la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur les salaires du mois prochain. D’autres enfin, comme Engie ou Véolia, accorderont des primes rabotées et pas à tous les salariés. L’État, quant à lui, a fait faux bond aux plus de cinq millions de fonctionnaires en décidant de ne pas leur accorder la prime, et en balayant d’un revers de main toute revendication salariale. Même quand le rapport de forces lui échappe, le riche continue la guerre des classes.

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