“Même si nous sommes les témoins d’impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n’allons pas assez vite.” Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

L'Humeur
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  • 16 novembre 2018
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Agents et services publics...

à céder avant liquidation

vendredi 16 novembre 2018 , 266 : visites , par LDA

Le Premier ministre vient d’inviter des milliers de fonctionnaires à “traverser la rue”... pour aller dans le privé. Un plan de départs volontaires avec l’arrièrepensée de les remplacer, si besoin était, par des contractuels au statut précaire. Le tout sur fond d’un projet global de casse.

Les annonces du gouvernement hérissent les syndicats, en particulier la généralisation du recours aux contractuels

Après Macron, qui dit percevoir une similitude entre notre époque et celle « d’entre-deux-guerres », Édouard Philippe, a déclaré fin octobre devant un parterre de hauts cadres de l’État que la refonte à venir des services publics est d’autant plus urgente que «  l’État peut s’effondrer » comme « cela est arrivé est 1940  ». Comparer le niveau actuel du déficit public avec l’invasion nazie, il fallait oser ! En fait, en attendant la présentation d’un projet de loi, début 2019, le Premier ministre a jalonné le terrain en vue de tenir la promesse du candidat Macron de supprimer 120 000 postes d’ici la fin de l’actuel quinquennat, parmi lesquels 50 000 dans la fonction publique d’État. L’ampleur de la réforme prévue donne le tournis.

Un mouvement vieux de trente ans

Recours généralisé aux contractuels, polyvalence des agents, rémunération au mérite, accélération de la dématérialisation des services, plan de départs volontaires ; tel est le menu que mijote le gouvernement. La recette des départs volontaires avait déjà été proposée en 2009 par Sarkozy, sans beaucoup de succès. Et vu les niveaux du chômage actuel, on voit mal un agent de la fonction publique prendre l’initiative d’aller se colleter à toutes les insécurités de l’emploi dans le privé. Quant à la rémunération au mérite (qui existe déjà), ses critères d’évaluation restent flous, sinon opaques, sauf celui de la rentabilité qui hante, à n’en pas douter, l’esprit des promoteurs de la réforme. En fait, le gouvernement amène son grain au moulin d’une tendance initiée au tournant des années 1980. Depuis plus de trente ans, la plupart des gouvernements ont cherché, à la fois à « réformer » l’État de l’intérieur, par l’introduction de méthodes de management calquées sur le secteur privé et de réduire son «  poids » dans l’économie (privatisations, réduction de l’investissement public, etc.). Un « renouveau du service public » qu’avait enclenché Michel Rocard à Matignon. À la clé, hausse des coûts pour les usagers C’est le rapport CAP22 (Comité Action Publique 2022), de 2017 et longtemps resté confidentiel, qui a servi de trame à la réflexion d’un gouvernement qui, côté pile, jure son attachement au statut de fonctionnaire... et, côté face, agit pour faire en sorte que, dans un avenir qu’il souhaite le plus rapproché, plus personne ne puisse en bénéficier. Mais les usagers seront aux premières loges de ce jeu de massacre libéral de la fonction publique avec, à l’évidence, une réduction du périmètre des missions assurées par cette dernière. Gérald Darmanin (ministre de l’action et des comptes publics) le reconnaît d’ailleurs, mais sans jamais désigner précisément les secteurs touchés. Le “sale boulot” est hypocritement délégué aux élus de proximité (conseils départementaux, communautés de communes et municipalités), qui auront à cibler les missions à déléguer au privé. À la clé, comme toujours, une hausse des coûts pour les usagers. Énième peine pour eux qui déplorent déjà, comme le rapportait une enquête réalisée entre novembre 2017 et mars 2018, «  la fermeture de services publics », «  la baisse de moyens et de qualité de service  », « des problèmes spécifiques dans les hôpitaux  » et dans « les bureaux de poste ». Si la qualité du service se dégrade, c’est que les moyens alloués diminuent. On voit mal en quoi la nouvelle réforme de l’État qui s’inscrit dans un corset austéritaire ultraserré (30 milliards d’économies

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