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Politique

la Macronie a retrouvé le gouvernement introuvable

vendredi 19 octobre 2018 , 169 : visites , par Rémi

Louis XVIII eut quelques mois sa “Chambre introuvable”. Une chambre des députés qu’il n’aurait jamais rêvée aussi favorable à son trône. Macron a intronisé mardi un gouvernement introuvable.

Un remaniement aux allures de « remuement ». Un peu fait comme en 1333 après la royale volonté de Philippe VI de « remuer » la monnaie (on dirait aujourd’hui dévaluer) ; une décision, critiqua-t-on déjà, fruit des « manoeuvres des malintentionnés [...] à leur profit particulier et au dommage de tous  ». Et de sept ! Depuis la triplette Bayrou - de Sarnez - Goulard, en passant par Ferrand, Hulot puis Flessel, Collomb était le 7ème ministre à quitter l’exécutif, en même pas une année et demi de présidence Macron. Marcher avec Macron « ça use, ça use... ». Les « dernières lignes droites  » du remuement ministériel ont été bien sinueuses.

Après un été benallien et des impacts de foudre à la Culture (Nyssen) et aux Transports (Borne) pour cause de ministres à « profits particuliers » subodorés, le Salon Murat, où se réunit le Conseil des ministres, comme un étang à carpes, a été repeuplé. « La volonté de faire mieux », aux dires de l’exécutif, a surtout été le paravent pudiquement déployé pour soustraire aux regards les épouvantables difficultés de ressources humaines de la start-up nation. Le casting aux allures de mercato footballistique a connu deux semaines de tergiversations, de rumeurs et d’informations contredites, sans oublier les indiscrétions pour affoler les putatifs et les potentiels et les amener à meilleure composition avec le désir jupitérien « de faire mieux »... « au dommage de tous  ». Macron et Philippe ont donc laborieusement fini par sortir de leur chapeau les lapins qui vont, chacun depuis leur cage, s’atteler à grignoter notre modèle social et la République, et à élargir les trous du grillage pour l’extrême droite.

Entre crise gouvernementale et crise politique

Nous n’épiloguerons pas ici sur les impétrants, vu que nous n’attendons rien de ces nouvelles têtes au service exclusif d’un pouvoir personnel. Nous pourrions nous amuser d’une situation devenue surréaliste et nous rassurer en nous disant qu’une chimère politique est en train de s’autodissoudre. Le symptôme est pourtant grave. En dépit des fumigènes du pouvoir, qui peut raisonnablement douter que nous sommes confrontés à une crise gouvernementale d’ampleur ? Or, entre une crise gouvernementale et une crise politique, il n’y a qu’une zone tampon : la crise de confiance. Nous y sommes. Et même au-delà. L’illusion du « et de droite et de gauche » a vécu et, avec elle, se détricote de plus en plus vite l’escroquerie politique et intellectuelle du macronisme qui ne laisse plus dans son sillage que les vapeurs puantes d’un libéralisme hyper-réactionnaire. Début octobre, Macron déclarait : « j’observe, j’écoute, j’entends », ajoutant qu’il admettait ne pas être « parfait  » au point de vouloir se « corriger ». Deux semaines plus tard, la correction aura été sévère. Mais colmater les lézardes gouvernementales ne mettra pas fin aux injustices qui caractérisent l’An I de la macronie... en particulier dans l’opinion des Français. Il n’y a pas en France de volonté objective des électeurs vers une force libérale et autoritaire, poussant plus loin l’intégration européenne au service des marchés, “intégrant” le travail dans la concurrence de la mondialisation et qui crée, comme en Italie, en Hongrie ou en Autriche, des conditions pour l’accession des forces brunes au pouvoir.

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