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L’Orchestre symphonique de l’Aube a fait sa rentrée

de la musique avant toute chose

vendredi 19 octobre 2018 , 168 : visites

Gilles Millière vient de jouer son dix-huitième opus. Éclectique, comme il se doit, et qui va du moderne tonitruant à l’élégie debussyte.

En amuse-gueule, la 6ème symphonie de Nicolas Bacri, est un discours turbulent et ravageur, sorte de massacre à la tronçonneuse, coupant la tête aux accords majeurs, faisant des doubles croches pieds à tout ce qui chante la tendresse et arrachant les romances dès qu’elles sont en bourgeon. Ça me ravit. Marre des chopinades et des mozarteries. C’est une musique de notre temps. Ça grince et ça cogne. Ça sent la poudre et la guerre, les lézardes de nos sociétés, les colères et les émeutes. De temps en temps dans la mêlée, un hélicon (on le reconnaît à la dernière syllabe) vient faire parler Orban, Bosonaro, Salvini ou Trump. Que d’audaces harmoniques là-dedans et la ferme baguette milliérienne ! Suivait la Fantaisie pour piano de Debussy qui fut un peu gâchée par un déséquilibre entre l’instrument soliste et l’orchestre, celui-ci étouffant quelque peu le son du piano. Réglage difficile pour la technique, à ce qu’il semble. Puis vint Franz Liszt, l’avaleur de pianos, avec son 2ème concerto. Le 19ème siècle a fait naître des virtuoses genre Paganini. Liszt est le plus prodigieux. On a l’impression, en écoutant cette musique pour géant, qu’il a tellement de richesses à nous transmettre qu’il en est comme handicapé, empêché de nous dire des choses simples et humaines. «  Ses ailes de géant l’empêchent de marcher  », disait Baudelaire de l’Albatros. Il fallait un Michel Beroff pour faire chanter le raffinement extrême de ces traits d’une diabolique technicité, pour en faire ressortir le chant et l’esprit.

Les magnifiques Préludes de Liszt ont terminé ce beau concert. Ils ont bercé mon enfance. Ado, j’étais abonné à une Guilde du disque qui nous vendait les classiques les plus populaires. Sur un vieux tourne-disque, l’aiguille chuintante ajoutait un fond mystérieux. Les nazis, dit-on, se servirent de ce chant magnifique, parfois guerrier. Liszt, l’humaniste, en aurait tremblé de honte. Le Pen avait choisi un temps le Choeur des esclaves de Verdi. On devrait interdire aux compositeurs d’écrire des oeuvres qu’on peut dévoyer.

JEAN LEFÈVRE

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

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