L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.” Jean Jaurès

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Budget 2019

ménages : - 1 milliard, patrons : + 18,8 milliards

samedi 29 septembre 2018 , 215 : visites , par LDA

Macron fait payer aux ménages le prix de “l’accélération” de sa politique pro-patronale. L’annonce de baisses d’impôts en masque les effets, comme le maquillage comptable à l’oeuvre avec la bascule des cotisations sociales sur la CSG.

Confronté à une politique qui ne produit pas les effets promis, le gouvernement choisit de “charger la mûle” des ménages.

La tempête essuyée par l’exécutif en cette rentrée n’est pas seulement politique. Son origine se trouve dans les choix économiques et sociaux du gouvernement, que poursuit et aggrave le projet de loi de finances pour 2019, présenté lundi en Conseil des ministres. En chute libre dans les sondages d’opinion, le président de la République doit faire face à une équation budgétaire périlleuse, qui peut être résumée ainsi : tandis que la multitude de cadeaux fiscaux et sociaux accordés au capital pèse de tout son poids sur les comptes publics, cette politique n’a pas produit de résultats tangibles en termes de création d’emplois, de relance de l’activité et donc de rentrées fiscales dans les caisses de l’État.

Tour de passe-passe de la CSG

Face à une croissance économique plus morose que prévue, avec 1,7% attendu l’an prochain, tout comme cette année, et alors qu’il a promis de contenir coûte que coûte le déficit public de la France au-dessous des 3 % du PIB, Emmanuel Macron à pourtant décidé une « accélération  » de ses choix, et d’en faire porter le coût aux ménages déjà fragilisés par sa politique ; une série de baisses d’impôts servant à masquer l’amère pilule. C’est en effet l’antienne répétée à toute volée par le gouvernement : il va « rendre » 6 milliards d’euros aux ménages l’année prochaine, notamment par « la suppression de la deuxième tranche de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables, le plein effet de la réduction de cotisations chômage et maladie  » pour les salariés du privé et « l’exonération des heures supplémentaires de cotisations sociales à compter de septembre 2019  ». L’addition recèle malgré tout des surprises, comme le tour de passe-passe avec la bascule des cotisations sur la CSG, censée rapporter 4,1 milliards d’euros aux ménages selon Bercy... qui a alourdi leur facture de 4,4 milliards d’euros cette année.

Un cadeau en forme de ponction d’un milliard

Explication : la hausse de la CSG s’est appliquée au 1er janvier, et la baisse des cotisations maladie et chômage étalée dans le temps. Bilan de la manoeuvre : 4,4 milliards de surplus de CSG encaissés par l’État sur le dos des contribuables. Cette “arnaque” n’étant pas reconduite l’an prochain, la « baisse d’impôt » de 4,1 milliards compensera (à peine) le trop-perçu par l’État cette année. En fait de cadeau, celui-ci devrait même se transformer en ponction, si l’on se réfère aux calculs de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Pour cet organisme, il faut tout compter : les mesures fiscales, mais aussi les mesures sociales (-2,3 milliards, une fois intégrée la désindexation des retraites, de l’APL et des allocations familiales sur l’inflation). Ce qui fait que les ménages « gagneraient » 3,5 milliards en 2019, estime l’OFCE... qui intègre la «  restitution  » du produit de la bascule cotisations-CSG, chiffré ici à 4,5 milliards. Abstraction faite du prétendu « cadeau  », les ménages en seront, en fait, d’un milliard de leur poche. C’est le prix à payer d’une politique autrement plus généreuse pour le capital avec, notamment, le CICE transformé en baisse « pérenne   » de cotisations, qui va presque doubler le coût déjà faramineux de ce dispositif, avec 20,4 milliards d’euros supplémentaires. Cerise sur le gâteau, le taux marginal de l’impôt sur les sociétés devrait baisser, de 33,3% à 31%, l’an prochain. Au total, selon Bercy, les patrons vont s’en sortir gagnants de 18,8 milliards.

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