“Qui va payer ces dix milliards ? Nous, pas les 500 plus grandes fortunes de France ! Pourquoi on ne rétablit pas l’ISF (3,5 milliards) ? Et la lutte contre l’évasion fiscale (80 milliards) ?" Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député

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  • 29 septembre 2018
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Assurance-chômage

un déficit où les chômeurs ne sont pour rien

samedi 29 septembre 2018 , 210 : visites , par Rémi

Le gouvernement veut sabrer 3,9 milliards sur trois ans dans le cadre de la convention d’assurance-chômage. Une somme exorbitante sur le dos des chômeurs. Mais les responsables sont ailleurs...

La recette est simple, le gouvernement la surjoue pour amollir la contestation : c’est le coup du coût de la dette. Sarkozy et Hollande l’ont fait avant Macron. Le chiffon rouge agité cette fois est de 35 milliards d’euros. Un endettement du système d’assurance-chômage certes historique, mais pas sans lien à deux causes. La première est la crise économique qui s’est enclenchée en 2008 qui, d’après l’Unedic, explique pour moitié la dette accumulée ces dix dernières années par le régime. La seconde est la décision de Sarkozy, en 2008, de faire participer davantage l’Unédic, alors excédentaire, au financement du service public de l’emploi. Un bricolage de vases communicants qui a aspiré des caisses de l’Unédic entre 800 et 900 millions d’euros chaque année. Bruxelles est aussi de la revue avec ses règles de l’indemnisation du chômage des travailleurs transfrontaliers - en cours de révision - qui ont grevé les comptes de 600 millions d’euros en moyenne par an. En période crise, le chômage augmente et les cotisations baissent ; c’est le coeur du problème. Qu’ont fait les gouvernements qui l’ont précédé et Macron ? Des politiques autistes d’allégements de cotisations patronales, au nom d’un prétendu “coût du travail”, jusqu’à la transformation, le 1er janvier 2019, du CICE en une nouvelle baisse de quatre points supplémentaires des cotisations sociales au niveau du Smic pour les entreprises. Avec, à l’arrivée, des créations d’emplois ténues, moins de recettes pour les caisses... mais des actionnaires qui s’en mettent “plein les fouilles”. Or, au lieu de revoir sa copie, le gouvernement va présenter l’addition aux demandeurs d’emplois.

Un coup de massue aux demandeurs d’emplois

La baisse politiquement planifiée, des recettes de l’Unédic a eu également comme corollaire le recours à l’endettement pour financer les déficits : le paiement des intérêts aux banques coûte 400 millions d’euros par an ! Dans ces choix politiques, les chômeurs ne sont donc strictement pour rien, mais c’est un coup de massue que le gouvernement a décidé de leur asséner. Muriel Pénicaud exige 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies, sur trois ans, pour réduire les 3,5 milliards d’euros de déficit. Une logique budgétaire dénoncée par la plupart des syndicats. « On ne veut pas discuter d’une baisse obligatoire de droits de 1 à 1,3 milliard par an, c’est inacceptable », a déclaré la CGT. Une baisse qui s’ajouterait à une convention de 2014, où 800 millions d’économies ont déjà été réalisées sur les droits des chômeurs. Tout comme pour le budget de l’État, l’Unédic a choisi l’option de l’endettement au lieu de s’attaquer à la principale cause structurelle de ses déficits qui est l’insuffisance des recettes de cotisations. À regarder aussi d’un peu plus près, la fusion ANPE/Assedic en Pôle Emploi. Cette opération s’effectue « en ayant recours à des partenaires privés, ce qui représente un coût important pour l’Unédic : il n’y a aucun contrôle sur ces prestataires privés », remarquait en avril le Groupe d’Audit Citoyen de l’Assurance Chômage (GACDAC), «  pourquoi déléguer le contrôle des comptes au cabinet Deloitte et associés quand il pourrait être effectué par des agents du Trésor Public ? ». Les vrais responsables de la situation sont bien à chercher à l’Élysée et au Medef.

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