“Aujourd’hui, quand vous vivez dans une famille ouvrière, vous avez peur que vos enfants tombent dans la misère. Pourquoi ? Parce que la politique actuelle contribue à accumuler des richesses.” Pierre Laurent

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11 septembre 1973 : coup d’État au Chili

un putsch économique à visée mondiale

samedi 15 septembre 2018 , 101 : visites , par Rémi

Un 11 septembre... le Chili basculait dans le fascisme. C’était aussi le “Jour J” pour les ultralibéraux pour mettre en pratique “in vivo” leur doctrine économique. La répression conjuguée à des politiques de régression sociale brutales

C’est dans le Chili de Pinochet, préparé avec minutie et avec l’accord des putchistes, que l’ultralibéralisme « scientifique », théorisé dans les années 1950 par l’économiste américain Milton Friedman, a fait ses premières armes. C’est ainsi, par exemple, que le Chili devient en 1981 le premier pays au monde à passer d’un système de retraites par répartition à un système de financement par capitalisation. L’indépendance donnée à la Banque centrale, retirant au gouvernement le levier de sa politique monétaire, inspirera plus tard les partisans du traité de Maastricht. Le 11 septembre 1973 était un coup d’État économique mondial. Austérité budgétaire, privatisations (braderie n’est pas inadapté au vu des prix proposés aux acquéreurs privés), liberté de circulation économique totale : tout était déjà ourdi avant même le coup d’État fasciste de Pinochet. L’université de Chicago, antre de Friedman, avait servi de pouponnière pour formater des étudiants chiliens à la « science » - ils tenaient beaucoup à ce terme - de l’économiste ultralibéral auteur de « Capitalisme et liberté » et prix Nobel d’économie en 1976. Une intendance parallèle et connectée aux préparatifs du putsch fasciste aux frais de la CIA et de multinationales US, qui ont rivalisé dans la création de “fondations philanthropiques” où des étudiants d’Amérique Latine - et d’ailleurs  étaient accueillis et encadrés. On en retrouvera à partir de 1976 en Argentine aux côtés du dictateur Videla pour mettre en place une copie certifiée conforme - ou presque - de la politique économique de Pinochet. Mais Friedman et ses avatars ultralibéraux voyaient plus loin.

Une doctrine facho-compatible

S’il leur a fallu, dans un premier temps, s’appuyer sur le facisme pour mettre à l’épreuve des faits leurs théories avec une brutalité planifiée et assumée et, surtout, casser durablement les reins à la montée du socialisme en Amérique Latine, les « Chicago boys » n’y voyaient là que le premier étage d’un missile à couverture planétaire. Puis vinrent Thatcher, Reagan, aujourd’hui Trump et Macron et sa «  libération des énergies ». Comme aujourd’hui, le FMI encensait encore, peu après la mort de Pinochet en 2006, la politique économique du dictateur : fin du contrôle des prix, privatisations, suppression des taxes à l’importation, coupes franches dans les dépenses publiques... Mais une une inflation qui a atteint 375% par an ! La plus forte au monde. La filiation, à quelques aménagements près, est évidente avec les politiques mises en oeuvre de nos jours aux quatre coins du monde, avec des extrêmes droites pour jouer les petits caporaux de réserve, au cas où les démocraties auraient le bras qui flanche, la doctrine Friedman s’étant largement démontrée fachocompatible. Friedman ne s’était-il pas aussi déclaré pour la « fin des partis politiques » ? Autant d’éléments qu’il convient de bien mesurer car, si les masques sont divers et les discours enjôleurs, c’est la même brutalité dans la casse sociale qui est appliquée. Affaibli dans les enquêtes d’opinion, Macron réaffirme qu’il continuera sa politique et les dernières annonces en attestent. Pour lui faire barrage, un important rassemblement progressiste s’impose. Les communistes y travaillent sans relâche.

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