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Société

le droit aux vacances : un enjeu de société

vendredi 10 août 2018 , 256 : visites , par Rémi

Alors que 86% des couches sociales aisées prennent de vraies vacances, 40% seulement des foyers modestes peuvent profiter de ce qui serait devenu, à en croire certains, une “utopie sociale”. Beaucoup devraient donc se résigner à se priver de ce “luxe”.

Comme chaque été depuis des années, élus et militants du PCF se mobilisent pour ce “droit essentiel à l’épanouissement”.

Vous ne connaissez pas la dernière ? Le droit aux vacances serait une « utopie sociale  ». J’ai entendu cette ânerie dite avec une gravité pontifiante sur une radio périphérique. J’avais déjà entendu un élu municipal romillon de droite estimer que tous les enfants ne sont pas « obligés d’aller au ski  ». C’était lorsque le maire décidait de supprimer les classes de neige. Depuis les congés payés en 1936, le droit aux vacances subit l’érosion de l’idéologie libérale et des politiques mises en place par ses tenants. Politiques nationales déclinées comme par effet domino jusqu’au niveau local, entre fermetures de centres de vacances et des tarifs qui ne sont plus seulement un frein mais une barrière pour les foyers modestes.

Une inégalité nettement marquée

Si, dans l’absolu, et ce qui peut paraître paradoxal en période de crise, les taux de départs en vacances marquent une tendance à augmenter pour toutes les catégories sociales au cours des dernières années, les plus modestes n’ont pas encore rattrapé leur niveau de départ de la fin des années 1990 qui était alors de 44%, contre 40% aujourd’hui ; celui des plus aisés a, quant à lui, augmenté de 3% à 86%. On voit ainsi une inégalité nettement tranchée entre ces deux niveaux de l’échelle dite sociale. Et selon la catégorie sociale, on ne part pas aussi souvent, ni aussi longtemps, ni dans les mêmes conditions. Un budget vacances pour une famille peut représenter plusieurs milliers d’euros : impossible pour la très grande majorité des bas revenus. Les raisons financières, avec 46%, sont en tête des motifs invoqués par ceux qui ne partent pas. Au total, ils sont en France 22 millions à ne jamais partir, dont 36% des 15-24 ans et 33% les personnes en situation de handicap. Il faut rappeler que le droit aux vacances est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme... et même dans le traité de Lisbonne.

Un droit fondamental

« Les vacances, c’est comme la soupe, ça fait grandir  », dit souvent non sans humour le président du Secours populaire français qui, tous les ans, fait partir des milliers d’enfant en vacances. Pour tous les âges, elles sont facteurs d’épanouissement, d’émancipation, mais aussi de cohésion sociale. Ainsi rendre le droit aux vacances accessible à tous, est un enjeu de société qui demande un investissement politique important. Cela ne consiste pas à faire de la France un pays d’accueil pour les touristes du monde entier, mais à développer les structures et moyens pour accompagner un maximum de familles vers de vraies vacances de qualité. Le droit aux vacances reconnu aux travailleurs en 1936 n’a pu s’inscrire dans les faits que parce qu’ont été également mis en place certains moyens de l’exercer. Dans les années 1950, c’est notamment grâce au développement des comités d’entreprise (créés après la Guerre mondiale par le ministre communiste Ambroise Croizat) que des millions de salariés et leurs familles ont pu bénéficier d’un accès aux vacances, à la culture, aux loisirs et au sport. Ce fut, de même, le sens de la création des chèques-vacances, après la mise en place de la 5ème semaine de congés payés en 1982. Plus largement encore, ce droit fondamental, qui a été reconnu comme tel en 1998 dans la loi de lutte contre les exclusions, nécessite la mise en place de politiques publiques, à tous les niveaux et avec les moyens financiers adaptés. Des politiques à l’opposé de la doctrine libérale.

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