“Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de liberté, réelle et véritable.”      Lénine

L'Humeur
  • INACCEPTABLE
  • 27 juillet 2018
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Affaire Benalla

Macron, méprisant de la république

vendredi 27 juillet 2018 , 240 : visites , par Rémi

La révélation de pratiques parallèles sous couverture d’un “cabinet noir” actif au plus haut niveau du pouvoir est une affaire d’État. Mais pas une surprise de la part d’un président de la République, dont la preuve du mépris de tout ce qui s’oppose à sa politique n’est plus à faire.

C’est l’arroseur arrosé. Emmanuel Macron, qui avait fait donner les caméras, les smartphones et la presse pour couvrir sa mise en scène après la victoire des Bleus, a vu l’oeil des capteurs et de plumes journalistiques se retourner, “à l’insu de son plein gré”, contre lui. Le spectacle, donné cette semaine par de hauts personnages, sensés assurer le respect de la loi républicaine, et se repassant de l’un à l’autre la grenade dégoupillée, est affligeant. Entre un ministre de l’intérieur qui ne sait rien, n’a rien vu, rien entendu, et un directeur de l’ordre public “dur de la feuille” et se rétractant par écrit le lendemain de son audition devant la Commission des lois, autant de saynètes  ; petites comédies bouffonnes, dit le dico.

Ni Fouché, ni Savary

N’est pas Fouché, ni Savary qui veut. Ces ministres de la police avaient plus de gueule dans l’exécution des basses oeuvres de Napoléon. Et plus de coffre pour les assumer. En Macronie, l’habit ne fait pas le moine, comme le brassard et le casque ne font pas le policier. Mais le plus préoccupant, c’est que la Cinquième, lacérée à la hache ou au canif par les prédécesseurs de Macron, égale - quand elle ne les dépasse pas - les tas d’immondices politiques et financiers où se sont noyées les Républiques antérieures. Ce n’est pas une “affaire” Benalla et acolytes qui se joue actuellement, mais une affaire d’État. Un État que Macron à la prétention de vouloir incarner à lui seul, et où il distribuerait les privilèges, dispenses et gratifications à sa guise, faisant sienne la fameuse réplique attribuée à Louis XVI : « C’est légal parce que je le veux  ». La réforme constitutionnelle n’a pas d’autres fins, tant il est vrai que les crises d’un système, dont Macron se dit le Chevalier sans peur et sans reproche, conduisent de manière certaine à l’autoritarisme, à la concentration des pouvoirs et au dessaisissement politique des citoyens.

L’acteur central

Les auditions et les enquêtes permettront peutêtre d’éclairer quelques ruelles obscures, mais sur le fond politique, les impressions initiales de beaucoup se trouvent confirmées : Macron et quelques courtisans sont l’âme et la main de ce scandale d’État, qui voit des prébendes « de dingue  » et des blancs seings être alloués à des troisièmes couteaux dressés à exécuter les volontés de leur maître. Quels que puissent être les degrés d’implication des personnages figurant, pour l’instant, au générique du film, il n’en reste pas moins que l’acteur central est un président de la République qui se pense tout permis et veut se débrider davantage. Sarkozy lui avait levé quelques barrières. Les Républicains, qui poussent maintenant des cris d’orfraie (et l’extrême droite, mal posturée en donneuse de leçons de démocratie), ont un bien étonnant trou de mémoire. Loin d’un épiphénomène ou de péripéties dûes à quelque dysfonctionnement marginal, comme rame en cadence le camp d’En Marche pour tenter de déminer le long fleuve tranquille où Macron pensait voguer pendant son quinquennat, c’est tout à la fois du fonctionnement des institutions et du fonctionnement de l’actuel système dont il est question. Le présidentialisme et la dépossession des prérogatives des chambres percent un boulevard à tout ce que le populisme et le nationalisme comptent d’aficionados. Aujourd’hui et d’une manière aiguë, la bataille politique pour une VIè République, démocratique, sociale et écologique, relève du salut public.

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