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LE DOSSIER DU MOIS

Mon train, j’y tiens - SNCF 100% public

S N C F

samedi 21 avril 2018 , 275 : visites , par LDA

Le projet du gouvernement ne part nullement de la réponse aux besoins des usagers et de modernisation du transport et du fret ferré. C’est un projet dangereux, de casse du service public et de libéralisation. Il ne règle en rien la question de l’endettement de la SNCF.

Le gouvernement attaque frontalement la SNCF et le statut des cheminots avec lequel il veut en finir. Dans un contexte de libéralisation du rail et en s’appuyant sur un rapport Spinetta à courte vue et dans une logique purement comptable, l’objectif d’Emmanuel Macron est de préparer la privatisation de l’entreprise SNCF. Dans cette bataille, tous les coups sont permis, y compris les caricatures et les mensonges les plus grossiers à tel point qu’existe un « cheminot bashing ».

Passer les commandes aux intérêts privés

La méthode choisie est celle du coup de force par ordonnances avec un calendrier accéléré afin de faire ratifier la loi d’ici fin juin. Ses objectifs : soumettre le rail à l’ouverture à la concurrence, c’est-àdire en faire une marchandise plutôt qu’un service public. Ce n’est pourtant pas une obligation de conformité avec le réglement européen, comme le prétend le gouvernement. En effet, la concurrence n’est pas une nécessité puisque le règlement européen prévoit que «  l’autorité compétente peut décider d’attribuer directement des contrats de service public […] de transport de voyageurs par chemin de fer  ». C’est donc un choix idéologique d’Emmanuel Macron. Changer le statut juridique de la SNCF, avec un passage de celui d’EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) à celui de Société anonyme, transformera l’État de propriétaire en actionnaire. L’objectif unique de cette évolution est de rendre possible l’ouverture du capital à un actionnariat privé. C’est exactement ainsi qu’il a été procédé pour France Telecom ou encore EDF et GDF : on change le statut en promettant que l’entreprise restera publique, puis on ouvre le capital en promettant que l’État restera majoritaire, enfin on laisse les intérêts privés s’emparer des leviers.

Où l’usager a tout à perdre

La mise en concurrence, c’est la désorganisation programmée du système ferroviaire. 

1-L’ouverture à la concurrence va faire grimper les tarifs comme cela a partout été observé. + 117% en moyenne entre 1995 et 2015 ; + 27% de 2010 à 2017. La multiplication des opérateurs sur les mêmes lignes est une source de désorganisation et de complexité. Certains quais seront réservés à des opérateurs et les usagers devront “jongler”, par exemple, avec plusieurs abonnements.

2-Augmentation de la pression sur les salariés

qui seront la première “variable d’ajustement”. Elle risque de peser très lourdement sur la maintenance et l’entretien, augmenter encore les dysfonctionnements et générer de graves problèmes de sécurité.

3- Duo pervers concurrence/absence de financement où seront livrées aux profits de groupes privés les lignes les plus rentables (LGV Paris-Lyon...). Les Régions se trouveront dans des situations ingérables financièrement, qui ne pourront, à terme, que les amener à fermer de nombreuses lignes. C’est donc une véritable casse de la SNCF, avec (beaucoup) moins de trains, la privatisation des profits et la casse de tout ce qui est déficitaire et a besoin de la solidarité nationale. C’est aussi une catastrophe en terme d’aménagement du territoire : de très nombreuses villes moyennes et zones rurales n’auront à terme plus de trains du tout. On parle déjà de sur-concentration des moyens dans les métropoles, ce sera pire. Comment espérer relancer l’emploi, le développement dans des territoires où on aura fermé la gare (après la poste, l’hôpital…) ?

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