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Évasion fiscale

ASSEZ de palabres... Maintenant des actes !

jeudi 22 mars 2018 , 317 : visites , par Rémi

Alors que les révélations sur les r iches fraudeurs fiscaux continuent, au Sénat comme à l’Assemblée Nationale, les élus macronistes et de droite bombent le torse de bonnes intentions... mais ne votent pas les propositions de loi visant à lutter contre la tumeur de la finance

Début mars, Pierre Moscovici, à la manoeuvre pour l’Union européenne sur les questions de fiscalité, faisait les gros yeux, estimant qu’il restait « manifestement beaucoup à faire » dans une Europe où la partie émergée de l’iceberg culmine aux alentours des mille milliards d’euros par an. Faire les gros yeux afin d’amuser la galerie, c’est à peu près tout ce qu’il peut - ou veut ? - faire. En janvier dernier, Bruxelles avait caviardé sa liste noire des paradis fiscaux, qui était passée de dix-sept à neuf pays. Et pas un en sol européen ! Exit le Luxembourg du président Juncker, l’Irlande, Malte... Certes, Pierre Moscovici et l’aristocratie financière européenne sont gênés aux entournures face à une opinion publique qui, de scandale en révélation, a pris la mesure de l’ampleur du phénomène et commence à ruer dans les brancards, alors qu’on exige d’elle toujours plus d’efforts. Mais passées les séances de danse du ventre médiatiques, on freine des quatre fers à Bruxelles. À Paris aussi, où au Sénat comme à l’Assemblée Nationale, le pouvoir en place agit avec la même constance que celle dont ont fait preuve tous ses prédecesseurs.

Il y a quelques jours, les sénateurs comunistes présentaient une résolution visant à l’instauration d’une COP fiscale et financière mondiale. Les élus d’En Marche et des “Républicains”, et la secrétaire d’État Delphine Gény-Stephann, ont utilisé les mêmes arguments pour justifier leur refus de soutenir cette proposition : excessive, caricaturale... Idem à l’Assemblée, où Fabien Roussel a défendu une proposition de loi visant à la création d’une “vraie” liste des paradis fiscaux, selon les critères de l’OCDE.

François Pinault truande 2,5 milliards d’euros d’impôts

En écho à la force d’inertie des institutions de l’Europe et de ses différents membres, on apprenait la semaine dernière que François Pinault, Pdg de Kéring et troisième fortune française, aurait soustrait 2,5 milliards d’euros, pour l’essentiel au fisc italien, mais aussi en France et au Royaume-Uni, via une “plate-forme logistique” en Suisse. Véritable fléau qui torpille les finances publiques, le constat de l’évasion fiscale est effrayant par son ampleur. Pas moins de 7 000 milliards de dollars de bénéfices dorment dans les paradis fiscaux, où transitent entre 16 000 et 24 000 milliards de dollars chaque année. En France, le manque à gagner dépasse les 80 milliards d’euros. Un “trou” qui comblerait, s’il était rempli, le déficit annuel de la France, au nom duquel on nous demande de faire des économies et d’accepter les coupes budgétaires à répétition, du national au local. Alors ? Pourquoi, comme s’y est employée Delphine Gény-Stephann, début mars à l’Assemblée nationale, pourquoi donc finasser et remettre à la semaine des quatre jeudis ce qui devrait être une priorité nationale ? Mieux, un acte de salut public. Une COP fiscale et financière mondiale, une liste sérieuse des paradis fiscaux (avec les sanctions appropriées), c’est bien, disent les élus faux-culs de la majorité, mais faudrait voir à voir. Un jeu pervers avec l’UE dont la règle serait qu’il est urgent de ne rien faire. L’urgence est donc bien que cette question, qui a des incidendes directes et importantes sur notre quotidien, devienne, comme s’y emploie le PCF, l’affaire de toutes et de tous.

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