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Europe

L’italie a voté à l’ombre des fascistes

vendredi 9 mars 2018 , 269 : visites , par Rémi

Les résultats des élections législatives italiennes du weekend dernier s’inscr ivent dans la progression, depuis quinze ans, de l’extrême-droite en Europe qui s’appuie, pour gravir les marches du pouvoir, sur les bras des populistes.

Raccourci à l’emporte-pièce des législatives italiennes du week-end dernier par le quotidien italien La Stampa : « Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l’emportent  ». C’est d’abord faire preuve d’une vue bien basse, limitée à la “botte” italienne, et d’un ahurissant silence, quant à la nature des «  forces antisystème  ». Les forces populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) et celles d’extrême droite de la Ligue du Nord et des Frères d’Italie ont obtenu un résultat avoisinnant les 50%. La Ligue du Nord, dédiabolisée par l’affairiste Berlusconi, devenant hégémonique à droite. C’est aussi faire montre de courte vue en imputant au seul poids de l’immigration - à l’image des déboires électoraux d’Angela Merkel en Allemagne - l’inquiétant brassage des cartes politiques en Italie. C’est, en outre, glisser sous le tapis la désastreuse politique de Matteo Renzi, premier ministre depuis 2014 après avoir dirigé le Parti démocrate (PD), un parti qui se présentait « à équidistance entre employeurs et employés », en réalité cul et chemise avec les patrons et légat de Bruxelles.

Sa principale oeuvre a été la réforme du marché du travail, le « Jobs Act », qui a supprimé une partie des droits des travailleurs en matière de CDI. Si, avec le respect à la lettre des recettes austéritaires de Bruxelles dont il a fait preuve, un frêle croissance est revenue (1,5%), le taux de chômage est à 11,5% et 30% de la population est exposée au risque de pauvreté. Dans le sud, où le Mouvement 5 étoiles fait ses meilleurs scores, ce taux grimpe à 46,9%. Un désastre sociétal qui a fait le lit des populistes et rendu les italiens attentifs au chant des sirènes racistes et xénophobes.

L’Autriche, co-présidente de l’UE en juillet prochain

Les «  forces antisystème », comme les qualifie d’un doux euphémisme La Stampa, progressent inexorablement en Europe depuis quinze ans. Audelà de ce qui les différencie (souverainisme, identité nationale, rejet de l’UE, etc.), ces partis xénophobes partagent un même socle idéologique. Et, s’ils ne semblent pas - encore - en état de «  prendre  » seuls le pouvoir, ils orientent déjà notablement la politique des gouvernements de droite, majoritairement au pouvoir dans l’Union européenne, et dont le tournant vers l’extrême droite est amorcé en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque ou en Slovaquie. Coïncidence frappante ; au moment où l’Italie votait pour élire ses députés, en Allemagne les militants sociaux- démocrates ont accepté une alliance avec les conservateurs. Sur ces deux évènements ont pesé des extrêmes droites en pleine expansion et totalement décomplexées. Avec, d’un côté, une inspiration fasciste, et de l’autre des références nazies en clair dans les discours. Signe aussi inquiétant  : au mois de juillet prochain, le chancelier autrichien Sebastian Kurz (ÖVP, Parti populaire autrichien), qui a nommé dans son gouvernement six ministres d’extrême droite du FPÖ (dont trois ministères régaliens  : intérieur, défense et affaires étrangères), sera à la co-présidence de l’UE. À la racine du mal de cette expansion, la crise du système capitaliste et les remèdes austéritaires mis en oeuvre, tant par les droites au pouvoir que par des sociaux-démocrates ayant perdu la notion de ce que signifie « social » et qui se sont sans complexe assis sur la démocratie.

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