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L'Humeur
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SNCF

des ordonnances pour tuer le service public

jeudi 1er mars 2018 , 337 : visites , par Rémi

Le gouvernement ne cache plus sa volonté de passer en force pour casser la SNCF, la dette et le statut des cheminots en guise de chiffon rouge. Le PCF estime qu’un grand débat public est nécessaire et sera aux côtés des cheminots le 22 mars

Ce n’est pas drôle, donc ne riez pas ! « Le recours aux ordonnances permettra de mener une large concertation. Les ordonnances travail ont prouvé que cela n’empêchait pas une large concertation », déclarait, sans rire lui, le Premier ministre, en annonçant que le gouvernement allait se livrer, avec la SNCF, à une casse sur ordonnances. De toutes petites ordonnances qui se limiteraient « aux seuls aspects techniques », a prétendu Édouard Philippe, tout en affirmant que le « gouvernement prendra ses responsabilités.  » Une déclaration de guerre aux cheminots et à leurs organisations syndicales, tout autant qu’un message à l’intention de la finance, à l’affût de la bonne aubaine, et de Bruxelles, maître d’ouvrage intransigeant sur la stricte application de ses directives. Après les 49-3 de Manuel Valls, en 2015 et 2016, pour les lois Macron puis El Khomri, la casse sociale est donc infligée à coups de bambou constitutionnels, remisant au placard le dialogue social, dont le Premier ministre ne veut pas qu’il « s’enlise » ou qu’il « soit confisqué par certains ». Mais la décision du gouvernement, qui a donc pris le pari d’un nouveau K.O. des forces sociales et politiques d’opposition, après celui des ordonnances travail, n’est pas à l’abri d’un effet boomerang. Car si la loi travail XXL avait été tracée dans le programme du candidatMacron, il n’en va pas de même pour cette attaque brutale contre le service public ferroviaire, que le présidentMacron vient de sortir de sa manche. Et aujourdhui, la colère gronde bien au-delà des cheminots contre un pouvoir dont la marque de fabrique est le dédain du débat et l’autoritarisme.

La grande malhonnêteté du pouvoir

Après avoir demandé à l’ex-Pdg d’Air France, M. Spinetta, de dégoupiller la grenade, le Premier ministre a déclenché l’assaut contre la SNCF. Le « nouveau pacte ferroviaire français » consacre la casse du statut de l’entreprise publique, la fin de celui des cheminots, l’exigence d’un «  alignement des coûts de la SNCF sur les standards européen  », et la volonté d’organiser l’ouverture à la concurrence. Si Édouard Philippe se défend de toute privatisation, il y a une grosse aiguille sous roche. En effet, en modifiant la structure juridique actuelle de la SNCF en « société nationale à capitaux publics », l’État, actuellement propriétaire, se transformerait en actionnaire unique. Et qui dit “actions” dit possibilité de vente, ouvrant ainsi le capital de l’entreprise aux investisseurs privés. C’est exactement le même scénario qui a été joué avec Air France, EDF, GDF ou France Télécom. Mais le pouvoir fait preuve d’une grande malhonnêteté en pointant le statut des cheminots ou la nature publique de l’entreprise comme source des difficultés et des dysfonctionnements en son sein. C’est escamoter le rôle des gouvernements successifs dans l’affaiblissement de la SNCF et de la politique du rail. Le “nouveau pacte” est un cadeau de plus aux actionnaires du privé pour lesquels la rentabilité prime sur l’intérêt général. Lignes et services non rentables seront à terme abandonnés, avec un impact sur la mobilité, l’aménagement du territoire et sur le plan écologique. Ceux qui se frisent déjà les moustaches, ce sont les représentants du lobby routier... bien plus polluant.

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