“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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Loi de cohésion sociale Contrats Avenir... sans avenir !

Récit authentique et édifiant des désappointements et de la colère d’une jeune femme employée en "Contrat Avenir" à Romilly.

jeudi 31 mai 2007 , 2429 : visites , par LDA

Le Contrat Avenir est une mesure particulière de la Loi de cohésion sociale destinée à faciliter l’insertion sociale et professionnelle des personnes bénéficiaires des minima sociaux.

Mais le vernis du tableau idyllique composé par la droite est craquelé de toutes parts. C’est, en réalité, l’indigne successeur des CES, Emplois-Jeunes et autres contrats précaires dont ont usé et abusé beaucoup trop de collectivités, services et organismes publics ou assimilés et d’associations. Par parenthèse, et le fait mérite d’être relevé, les municipalités et collectivités gérées par les communistes se sont toujours attachées à transformer en leur sein ces petits boulots en CDI. " Une machine à fabriquer des SDF " "Lilas"( [1]), jeune romillonne d’une vingtaine d’années, ne cache pas sa colère qu’alimentent des espoirs déçus et son appréhension quant à sa situation dans quelques semaines : "Le 30 juin, si mon contrat n’est pas renouvelé, je serai sans ressources [...] le Contrat Avenir, c’est finalement une machine à fabriquer des SDF [...] Dites-le à tout le monde, il faut que ça se sache !" a-t-elle confié à Joë Triché.

Et, en effet, à l’écoute de son récit, comment ne pas être révolté ? "Lilas" n’aura droit à aucune allocation de chômage car son employeur ne cotise pas au régime d’assurance chômage. Pourtant, la loi donne la possibilité aux employeurs publics de s’affilier au régime d’assurance chômage dans le cadre des Contrat Avenir "comme pour l’ensemble de leurs contractuels non titulaires." Pas de RMI non plus puisqu’elle n’a pas encore l’âge requis pour en bénéficier. "Lilas" s’est beaucoup investie dans son travail et est estimée par ses collègues. Mais voilà, la date fatidique du 30 juin, fin de son contrat, approche et elle est dans la plus grande incertitude. Ne va-t-on pas la "jeter" pour remettre quelqu’un d’autre à sa place ? Belote, rebelote et dix de der avec les aides publiques ! Du côté des obligations contractuelles de formation, une seule va être remplie : fin juin, quelques jours avant le terme de son contrat. Hasard ou mise en conformité hâtive avec les textes ?

Un appel d’air massif de la précarité dans le secteur public

Comme beaucoup de jeunes, "Lilas" ne demande qu’à travailler, à se construire un véritable projet professionnel. Le recours massif du secteur public à ces "contrats sans avenir" est inquiétant dans la mesure où, comme pour le privé, les incitations par des exonérations de cotisations patronales, des aides financières de l’Etat et des départements, ouvrent une brèche béante à la précarisation là où il y a nécessité de créer des postes. Et, puisque nous sommes entre nous, osons répéter tout haut ce que beaucoup, comme "Lilas", ne pensent même plus tout bas : "ces contrats sont faits uniquement pour faire baisser les chiffres du chômage." Combien de jeunes comme elle se sont-ils fait "piéger", souvent sous la contrainte, dans de telles galères ? Tous les témoignages seront les bienvenus.

Et si les communistes et leurs élus peuvent apporter leur aide, ils le feront. Car il n’est pas de pire forfait, de plus basse malhonnêteté que de fourvoyer sciemment dans une impasse, une voie de garage provisoire, toutes ces personnes, déjà parmi les moins favorisées, comme le font la droite et le patronat pour défendre leurs intérêts. Sans attendre, Joë Triché a pris sa plus belle plume militante pour s’adresser à l’employeur, lui demandant "d’examiner avec une attention toute particulière le cas de ["Lilas"]" afin de trouver une solution "qui permettra à cette jeune femme de s’ouvrir de solides perspectives professionnelles, lui redonnant de ce fait espoir en son avenir. Une telle démarche s’inscrirait en plein dans les objectifs attendus de la Loi de Cohésion Sociale." On voit bien, pour conclure, que cette pomme pimpante qu’est le Contrat Avenir n’est finalement qu’un fruit pourri et véreux que doivent croquer jusqu’au trognon les personnes les plus fragilisées de notre société. Il est bien regrettable que de nombreux services et organismes publics ou assimilés appliquent ce type de contrats précaires dans leurs établissements, se tirant eux-mêmes une "balle dans le pied" à un moment où le démantèlement des secteurs et services publics est un objectif prioritaire dans l’esprit de la droite sarkozyste.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N923

Notes

[1Le lecteur avisé aura compris que ce prénom est un pseudo pour ne pas obérer davantage la situation de la personne qui nous a apporté son témoignage.

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