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Augmentation du SMIC

12 centimes... c’est déjà trop pour le gouvernement

Selon la dernière étude du ministère du travail, parue en décembre, 55,2% des salarié-e-s au Smic sont des femmes.

dimanche 31 décembre 2017 , 228 : visites , par LDA

Le Smic n’augmentera que de 1,24% le 1er janvier. Pas de “coup de pouce” depuis le dernier en 2012, avec un enfumage du pouvoir et, à terme, le principe même de la revalorisation automatique qui est dans son collimateur.

Augmentation du SMIC 12 centimes... c’est déjà trop pour le gouvernement 12 centimes de l’heure. C’est le montant réel de la hausse du salaire minimum au 1er janvier, qui passera à 9,88 euros brut de l’heure, soit 1 498,47 euros brut par mois. Une augmentation de 1,24% sans “coup de pouce” supplémentaire à la revalorisation automatique, contrairement à l’offensive d’enfumage du gouvernement pour nous faire croire le contraire. La ministre du travail a en effet décidé d’amalgamer cette progression légale du Smic à la diminution des cotisations salariales décidée pour tous les salariés du privé, et qui s’appliquera en deux temps l’an prochain : de 2,2 points en janvier et de 0,95 point supplémentaire en octobre. 1,5 millions de personnes sont payées au Smic.

La manip’ de Muriel Pénicaud Grâce à cette opération, et déduction faite de la hausse de la CSG de 1,7 point pour tous les salariés et une partie des retraités, décidée par le gouvernement, le Smic net devrait connaître « une augmentation de 20 euros par mois de janvier à septembre, puis de 35 euros à partir du 1er octobre. Au total, la hausse sur l’année sera de 285 euros  », explique le ministère du travail. Soit un Smic d’environ 1 173 euros net par mois le 1er janvier et de 1 188 euros au 1er octobre 2018. Sauf qu’il s’agit ici d’une hausse en trompe-l’oeil, résultant d’un transfert d’une partie du salaire brut vers le salaire net inscrit en bas de la fiche de paie. Le salaire brut global versé par l’employeur, lui, ne bougera pas de plus du 1,24% de l’augmentation légale, c’està- dire 18,20 euros mensuels. Sur cette somme, un peu plus de 14 euros devraient revenir au salaire net. Le reste de l’augmentation (6 euros au 1er janvier et 15 euros en octobre), c’est le Smicard, à l’instar des autres salariés du privé, qui le paiera sur ses propres deniers, en puisant dans le salaire brut qui servait jusqu’alors à financer sa couverture maladie et chômage.

Briser le cercle vertueux L’enjeu de l’“embrouille” du gouvernement, qui met en avant la question du pouvoir d’achat, vise à évacuer celle de l’augmentation des salaires. Si le pouvoir d’achat va bénéficier d’un effet bienvenu pour de nombreux ménages aux revenus modestes, ce ne sera pas le cas des salaires réels qui, eux, vont continuer de stagner. Avec une victime toute désignée : le financement de la protection sociale qui reposera davantage sur l’impôt via la CSG. Ajouté à ce tour de passe-passe, le gouvernement a suivi l’avis du « Groupe d’experts », composé d’économistes libéraux - qui ne sont pas payés au Smic - de ne pas ajouter de “coup de pouce” à l’augmentation légale. Selon ces experts payés très chers, l’idée d’augmenter le Smic ne serait pas la meilleure façon pour faire reculer la pauvreté. Il fallait oser ! Mais derrière tout cela, un enjeu de taille : l’indexation du Smic sur le salaire horaire de base ouvrier est aujourd’hui dans leur collimateur et donc dans celui du gouvernement.

Ainsi estiment-ils que le système actuel «  nourrit une forte circularité entre les hausses du Smic et celles des salaires.  » Autrement dit, une hausse du Smic entraîne une augmentation des salaires en général, qui génère à son tour une nouvelle hausse du Smic. Et c’est ce cercle vertueux pour les salarié-e-s que le gouvernement souhaiterait briser. Rappelons enfin que le dernier “coup de pouce” date de juillet 2012 : 0,6% en plus de la revalorisation automatique.

Selon les experts augmenter, le SMIC ne serait pas la meilleure façon de luter contre la pauvreté !

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