Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut pénétrer partout, s’établir partout, créer partout des moyens de communication. Karl Marx - Friedrich Engels Manifeste du Parti communiste - 1848

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Europe - Paradis fiscaux la “liste noire” qui finit en

La “liste noire” qui finit en eau de boudin

samedi 9 décembre 2017 , 161 : visites , par LDA

Comme on pouvait le redouter, la lessiveuse du conseil Ecofin, qui réunit les ministres des Finances des 28 états membres de l’Union européenne, a fonctionné à plein régime. L’UE n’a aucun paradis fiscal sur son territoire. Sans blague ?
L’arme fatale pour les médias “politiquement corrects”. Plutôt une petite grenouillette qu’ils grossissent comme un boeuf de comice agricole, arnaque comprise. Les ministres des finances des 28 pays membres de l’UE ont publié mardi une liste de dix-sept états-voyous en matière financière. On pourrait y voir un exploit au regard d’une précédente liste noire de l’OCDE... qui ne comportait qu’un seul pays : Trinidadet- Tobago. Il aura fallu presque un an d’expertises et de conciliabules pour en arriver là, le tout ponctué par les bâtons dans les roues d’états membres, regroupés derrière la bannière du Luxembourg de Jean-Claude Juncker, pour court-circuiter toute action concertée sur les paradis fiscaux.
La “gasconnerie” de Moscovici

Côté français, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l’Union douanière, a décroché le pompon de la tartufferie, avec une “gasconnerie”. « Il n’y a pas de paradis fiscal à l’intérieur de l’Union européenne », a-t-il affirmé, agrémentant son propos d’explications alambiquées et, surtout, dérogatoires afin de garder, comme on dit, « les cuisses propres » du Luxembourg, de l’Irlande, du Royaume-Uni, de Malte. ou des Pays- Bas. L’époque de l’année s’y prêtant sans doute, Moscovici a essayé de nous faire croire au père Noël. Aucun état membre de l’Union européenne ne figure donc dans la liste, alors que les plaques tournantes de l’évasion fiscale se trouvent bien dans les pays suscités. Certains (Pays-Bas, Royaume- Uni, Irlande...) permettant d’escamoter les profits en les envoyant vers des cieux fiscalement dégagés, et d’autres qui enterrent l’argent (Îles Vierges britanniques, Luxembourg...). Ce “chaînon manquant” en territoire européen, ne figure donc pas sur la liste établie cette semaine, ce qui, malgré les rodomontades et jeux de muscles médiatiques, en diminue la portée.


Un cautère sur une jambe de bois

Établie sous la pression des opinions publiques, choquées par les révélations successives sur les rouages, l’ampleur inouïe de la fraude, et les réseaux de complicités organisés (banques, cabinets d’audit, etc.), cette “liste noire”, accolée à une “liste grise” d’une cinquantaine de pays ayant concédé de vagues promesses d’ici à deux ou trois ans, n’est absolument pas de nature à remettre en cause les pratiques des multinationales et des riches. Dès l’année dernière, les jalons avaient été posés : « la liste de l’Union doit rester une solution de dernier ressort. Il s’agira de traiter avec les pays refusant d’appliquer les principes de bonne gouvernance fiscale, qui n’interviendrait qu’après l’échec de toutes les autres tentatives de nouer le dialogue avec ces pays. » Les jeux étaient faits d’avance : un cautère sur une jambe de bois, comme l’ont unanimement déploré de nombreuses ONG, organisations et acteurs sociaux, partout en Europe. Les députés communistes, qui ont rappelé que le manque à gagner représente 1 000 milliards d’euros en Europe - 70 à 80 milliards pour la France, soit l’équivalent du déficit public -, estiment que, « comme en juin 2015 après le scandale LuxLeaks, la Commission européenne se donne bonne conscience » avec une liste qui « fera sourire plus d’un fiscaliste ». À leur sens, il s’agit là d’une « occasion manquée [qui] épargne les poids lourds de l’optimisation fiscale. »

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