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Stress au travail

Un poison lent répandu par le patronat

samedi 2 décembre 2017 , 100 : visites , par Rémi

Toutes les études vont dans le même sens : selon la plus récente du cabinet Stimulus, la moitié des salariés français présentent des “niveaux élevés d’anxiété” et 6% seraient atteints de dépression.
Cela fait des années que le mal se propage sur les lieux de travail : le stress. Suicides (parfois plusieurs dans une même “boîte”), comportements à risques, insociabilité... autant de manifestations du mal-être qui frappe les salariés au plus profond d’eux-mêmes. Une récente enquête montre qu’un quart d’entre eux « vivent dans un état d’hyperstress dangereux pour leur santé » ; les femmes étant plus touchées que les hommes. 52% des salariés français « présentent un niveau élevé d’anxiété », 29% souffrant d’« un niveau dépressif élévé » et 6% « probablement atteints de dépression  ». Tous invoquent en premier chef la dégradation de leurs conditions de travail et l’“insécurité” qui est devenue leur quotidien.

La grande panoplie de leurs fadaises
Cette étude en confirme une précédente, réalisée par Cadremploi, et ne fait que traduire la réalité constatée par le corps médical qui, lui aussi, tire la sonnette d’alarme depuis des années. À chaque drame - parfois même lorsque la victime laisse un témoignage expliquant son geste - les “communicants” de la direction nous sortent le « cas isolé », « incompréhensible », et la grande panoplie de leurs fadaises. Signe d’une aggravation, les services publics, calibrés aux cadences de la rentabilité et du “chiffre”, sont aussi touchés. En témoignent les huit suicides en une seule semaine, ce mois-ci, dans des services de police et de la gendarmerie. En témoignent également la dégradation des conditions de travail à La Poste - chez nous dans l’Aube, comme nous nous en sommes fait l’écho, il n’y a pas si longtemps -. France Télécom, Renault, Peugeot, EDF, Thalès, H&M... ont fait, sur ce triste sujet, les unes de l’actualité. Les suicides au travail sont apparus il y a une vingtaine d’années : « un phénomène en lien direct avec l’intensification que connaît le travail (culte de la rentabilité, de la performance, etc.) », constatait, déjà en 2009, Annie Thébaud-Mony.

Des contraintes de plus en plus fortes
Et cette sociologue de la santé de préciser : « en quelques années, l’obligation de travail s’est transformée en obligation de résultat. Les salariés sont soumis à des contraintes de plus en plus fortes, surtout en terme d’objectifs, et sont enjoints de s’investir toujours davantage dans l’entreprise. » Hyper productivisme, pression accrue, manque de reconnaissance du travail des salariés… Cela fait des années que chercheurs, psychologues et médecins du travail sont unanimes  : ces situations ne pourront prendre fin qu’avec une transformation de l’organisation du travail. Opinion partagée par plusieurs syndicats. Pour les directions d’entreprises, après les pleurnicheries d’usage et les annonces de création de « cellules de prévention des risques psychosociaux », le stress au travail estsurtout synonyme d’un nombre d’heures et de journées de travail perdues, qui plombent les résultats et la “profitabilité”. Pas question de changer les conditions de travail ! Avec les ordonnances Macron, qui durcissent les conditions de travail, élargissent sa précarisation, et qui donnent encore plus de prérogatives aux patrons, tout en les soustrayant à leurs devoirs, en particulier relatifs à la santé de leurs salariés, le stress au travail - et celui de la peur de le perdre - a encore de beaux jours pour faire de nouvelles victimes. Sur ce sujet et pour d’autres, c’est bien le travail lui-même et le mode de production qu’il faut repenser.

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