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Projet de budget 2018

Austérité XXL pour la santé

mercredi 25 octobre 2017 , 162 : visites , par LDA

Le budget de la Sécur ité sociale, qui est en débat devant les députés, est marqué par la fuite en avant dans la restriction des dépenses de soins au nom de la priorité à l’élimination des déficits.
À quelques jours du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, s’est exprimée cette semaine, dans les colonnes du Journal du Dimanche. À en croire des sources élyséennes, Agnès Buzyn serait « l’atout social » du nouveau pouvoir, « la ministre de l’humain  » pour faire un peu oublier le président des riches. L’opération de communication n’est pas vraiment réussie quand, au fil de l’entretien, on fait l’addition des coups, très durs, portés à notre système de santé, déjà au plus mal par des politiques ne privilégiant qu’une approche comptable au nom de l’austérité budgétaire. Au sujet du “déficit” de la Sécurité sociale, le chiffre de 30% des dépenses non pertinentes est une agression caractérisée contre le monde hospitalier dont est issue la ministre. Cette affirmation, sans la moindre démonstration, vise à culpabiliser les personnels hospitaliers qui dépenseraient sans compter et les usagers qui consommeraient de manière déraisonnable.
C’est insultant au regard de la réalité des services hospitaliers. Aujourd’hui, l’hôpital public ne tient qu’au dévouement des personnels. Par ailleurs, l’augmentation du forfait hospitalier est assumée par Agnès Buzyn sans rien dire des recettes de la Sécurité sociale et notamment des dettes patronales. La promesse d’un remboursement à 100% pour les lunettes est assortie de la mobilisation des assurances complémentaires ce qui risque d’en compliquer la réalisation. Silence radio absolu sur la désertification médicale qui s’intensifie.

Enfumage et présentation tronquée
Le modèle social français est aussi attaqué directement par la remise en cause de l’universalité de la politique familiale. Un rideau de fumée pour essayer de faire oublier un bouclier fiscal de cinq milliards d’euros pour les plus riches qui ne toucheraient plus que quelques dizaines d’euros d’allocations familiales. Enfin, concernant les vaccinations, la ministre n’évoque pas les laboratoires pharmaceutiques et les profits énormes qu’ils réalisent. Si Agnès Buzyn veut devenir “la” ministre de gauche du nouveau pouvoir, il lui faut présenter un tout autre PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale), qui donnerait les moyens budgétaires à l’hôpital public, qui ne devrait plus être géré comme une entreprise et qui aurait l’objectif du système solidaire, 100% sécu, afin d’en finir avec la marchandisation de la santé et de l’ensemble de la protection sociale. Car derrière l’enfumage des chiffres et une présentation tronquée, ce budget, présenté par le gouvernement comme celui des « engagements tenus », du « pouvoir d’achat », et comme un budget « de responsabilité, de solidarité, de transformation », ce sont, bel et bien, de nouvelles coupes budgétaires dans la santé que le gouvernement va faire sortir du bois. Les parlementaires communistes présenteront des propositions précises à la ministre, qui ne reste, pour l’heure, qu’une préposée de plus à la démolition de notre modèle social, et, en l’occurrence, de ce que notre pays a su faire de plus beau et de plus universel quand il fallait, en 1945, reconstruire un nouveau monde.

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