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Diminution des allocations de logement

Pour baisser les loyers, il faut légiférer

jeudi 7 septembre 2017 , 89 : visites , par Rémi

Après avoir décidé de baisser de 5 euros les aides au logement pour 6,5 millions de personnes modestes, Macron lance une pitoyable supplique aux propriétaires pour qu’ils baissent d’autant leurs loyers. Le pouvoir nous prend-il pour des idiots ?
Après la « connerie sans nom » qu’aurait été, selon Macron, l’annonce, cet été, d’une baisse de cinq euros des aides aux logement à partir du 1er octobre et ses propos, la semaine dernière, selon lesquels il envisage d’aller plus loin dans la diminution des aides « dans le cadre d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers », le voilà qui a appelé cette semaine les propriétaires et bailleurs sociaux à réduire de cinq euros les prix de locations de logements au nom de la « responsabilité collective ». De tels coups de godilles laissent pantois ! La baisse bien réelle, qui va tomber au mois d’octobre et qui touchera 6,5 millions de foyers modestes et d’étudiants avait, il est vrai, provoqué une levée de boucliers, au moment même où le gouvernement faisait un nouveau cadeau de trois milliards à ceux qui paient l’impôt sur la fortune (ISF) et de six milliards, via le CICE, au patronat. Pour les trois derniers mois de l’année, 97,5 millions d’euros seront ainsi pris dans les poches des couches modestes et des étudiants.
Et cela en attendant la nouvelle loi logement en préparation et dont tout est à craindre après les premières annonces présidentielles, la semaine dernière : « Il faut libérer le droit de l’urbanisme, les procédures, réduire les coûts, les normes, libérer le foncier public et parapublic plus fortement [...], simplifier ces règles », a déclaré Macron. C’est un coup de billard en trois bandes, où tout porte à penser que seuls les locataires vont trinquer  ; l’État brandissant son jocker “rigueur budgétaire” et les propriétaires sortant de leur côté celui du “coût des investissements”.

Une farce grotesque destinée à se dédouaner
Certes, les petits propriétaires, qui investissement dans cette voie pour se faire un complément de revenus, ne sont pas à “loger” à la même enseigne que les grands groupes de l’immobilier qui entretiennent la spéculation et la hausse des loyers. Et là réside la perversité - en faisant l’amalgame - de l’appel incantatoire de Macron, dont on serait fort surpris qu’il soit suivi d’effets autres que des larmes de crocodile de la part de ces derniers. Pour réduire le prix des locations exorbitantes, l’effet « choc » souhaité par le gouvernement consisterait tout simplement à généraliser et à renforcer par la loi l’encadrement des loyers. De quoi déjà bien dégonfler la bulle spéculative immobilière, dont les locataires ne sont pas responsables, mais victimes. Et puis, il faudrait aussi regarder, et avec beaucoup moins de complaisance, dans les communes (bien souvent gérées par la droite), où les maires, en infraction avec les textes existants, refusent de remplir leurs obligations en matière de logements sociaux. Comme le faisait remarquer avec humour, Ian Brossat, responsable des questions de logement au PCF : « Tant qu’il y est, le président de la République devrait demander aux employeurs d’augmenter les salaires ». Autant dire que la supplique de Macron aux propriétaires sera un coup d’épée dans l’eau, pour autant qu’elle ne soit pas une farce grotesque destinée à dédouaner le pouvoir du mauvais coup - et de ceux qu’il prépare - contre les gens modestes qu’il prend pour des tirelires afin de gaver les riches de ses cadeaux.

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