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  • Un processus pour des transformations profondes
    1er juillet

    Ni en conclave, ni en hibernation, le Parti communiste français entend contribuer dans les mois et années à venir à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays. Avant un congrès extraordinaire prévu pour 2018, les communistes sont invités à un immense, mais enthousiasmant, travail de réflexion, (...)

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le PCF prépare sa révolution

Un processus pour des transformations profondes

samedi 1er juillet 2017 , 607 : visites

Ni en conclave, ni en hibernation, le Parti communiste français entend contribuer dans les mois et années à venir à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays.
Avant un congrès extraordinaire prévu pour 2018, les communistes sont invités à un immense, mais enthousiasmant, travail de réflexion, d’analyses, de propositions et de construction d’un Parti communiste du XXIème siècle. « Le PCF se doit de remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale. Cela exige de [...] se réinventer pour être un Parti communiste du XXIème siècle à la hauteur de cet objectif, tout en travaillant à l’émergence d’une construction politique, à vocation majoritaire, de l’ensemble de la gauche de transformation sociale », explique la résolution de son Conseil national, qui a ouvert le processus pour engager de profondes transformations.

Interview de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

“nous sommes conscients d’avoir devant nous le chantier d’une réinvention profonde”

Le Conseil national du PCF a ouvert trois chantiers : l’opposition à la polique d’Emmanuel Macron, la réinvention du Parti et la réédification de la gauche. Mais, pour Pierre Laurent, “il ne s’agit pas de sauver une gauche en perdition, mais de construire un projet politique capable de porter les intérêts des 99%”.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR JULIA HAMLAOUI POUR L’HUMANITÉ


Le conseil des ministres [a examiné cette semaine] le projet de loi d’habilitation à agir par ordonnances pour réformer le Code du travail. Dans la foulée des élections, dont Emmanuel Macron espère tirer une légitimité, comment s’y opposer ?
Pierre Laurent :Cette bataille, nous la mènerons dans l’Hémicycle et dans tout le pays. Elle doit s’engager en faisant la clarté sur le contenu du projet : la mise en pièces du Code du travail et une généralisation du dumping social. Et en dénonçant le coup de force que constitue le recours aux ordonnances. Cette démonstration, nous la ferons tout l’été auprès des salariés, sur leur lieu de travail, dans les grandes zones d’emplois saisonniers, dans les quartiers et les communes. Partout, nous populariserons notre proposition de loi, déposée en février à l’Assemblée, pour une sécurité d’emploi et de formation. C’est un contre-projet aux ordonnances Macron qui permet des réponses innovantes. Notre objectif est de préparer les conditions d’une mobilisation de masse en septembre, en soutenant toutes les initiatives syndicales. La fête de l’Humanité doit être un grand rendez-vous de ces mobilisations. Parallèlement, nous lutterons contre l’inscription dans le loi ordinaire des dispositions de l’état d’urgence. Les libertés publiques sont en danger. La loi annoncée par le gouvernementd’édouard Philippe ferait de la France le pays d’Europe disposant de la législation la plus régressive en la matière. Nous engagerons aussi une bataille nationale pour l’instauration de la proportionnelle intégrale à toutes les élections, car des millions de français vont vite découvrir le piège dans lequel les a enfermés la présidentialisation à outrance. Nous voulons rouvrir sans attendre le débat sur la nature du régime présidentiel et pour une autre république.

Les relations du PCF avec la France insoumise ont été tumultueuses ces derniers mois. Comment envisagez-vous la suite ?
Pierre Laurent :Nos onze députés et les députés de la France insoumise et d’Ensemble ! sont [...] les seuls qui s’opposeront avec clarté à la majorité Macron. Nous allons avoir besoin de leur unité d’action et de notre propre liberté de parole et d’initatives. Les députés communistes ont pris une double décision : former un groupe et proposer aux Insoumis de constituer un comité de liaison pour coordonner la bataille législative. [...] Plus globalement, les débats que nous avons eus ne vont pas disparaître parce qu’ils portent sur des conceptions différentes des constructions politiques à venir. Pour nous, cela ne se résume pas à un problème de rapport avec la FI. Le Parti communiste estime nécessaire de procéder à un réexamen complet de la situation et de notre rôle. Notre Conseil national propose aux communistes la tenue d’un congrès extraordinaire en 2018 [voir ci-contre - ndlr].

Malgré un nombre de députés accru, vous parlez d’“échec électoral”. Quel premier bilan faites-vous de ces derniers mois ? Pierre Laurent :L’avis de notre Conseil national est très clair : les résultats des élections législatives, historiquement bas, sont un échec. Nous entrons dans une nouvelle période politique, inédite sous la Vème République. C’est la fin d’une séquence de quarante ans, scandée par l’alternance entre une gauche dominée par le PS et une droite, emmenée par LR ou ses prédécesseurs. Les forces libérales tentent de construire un nouveau modèle politique qui allie une sorte de grande coalition à la française et un néopopulisme libéral. Elles voudraient, à travers cette synthèse, étouffer toute alternative de transformation sociale en occupant l’écrasante majorité du champ politique. Elles veulent aussi marginaliser dans les consciences le conflit qui oppose les grands intérêts capitalistes aux intérêts de l’immense majorité de la population, masquer le conflit de classe qui est au coeur de la mondialisation capitaliste et de l’Europe libérale. L’élection de nos onze députés et la constitution d’un groupe font de nous une des forces qui ont résisté à cette tornade, mais nous sommes conscients d’avoir devant nous le chantier d’une réinvention profonde, pour reconstruire les conditions d’un rassemblement populaire majoritaire capable de transformer la société.

Le PCF a lancé [...] le chantier de sa reconstruction. Cela dépasse-t-il ses propres rangs ?
Pierre Laurent :Toute la gauche est concernée. Elle a historiquement représenté le camp des classes populaires. Mais aujourd’hui, elle est profondément abîmée et brouillée du fait des trahisons successives du quinquennat Hollande. Le camp Macron veut profiter de ce brouillage du clivage droite-gauche pour imposer sa domination. La reconstruction se fera à partir d’une nouvelle identification des causes de la crise, des formes de domination du capital et de nouvelles pratiques politiques pour porter un projet d’émancipation. Il ne s’agit pas de sauver une gauche en perdition, mais de construire un nouveau projet politique large à gauche, capable de porter les intérêts des “99%” face à la confiscation de la finance. Nous concernant, nous avions décidé déjà de procéder à de profondes transformations ; elles sont plus nécessaires que jamais. Nous voulons tout mettre sur la table et dans les mains des communistes.

Cette “réinvention” va donc au-delà de la question du nom du parti ?
Pierre Laurent  : Bien évidemment. Nous avons conscience que notre problème de communication, au sens le plus profond, est un problème d’identification politique. De quoi notre communisme au XXIème siècle est-il le nom ? Nous devons résoudre cette question avec plus de force et de lisibilité. Nous ne partons pas d’une feuille blanche. Nous sommes riches d’idées, de projets, de pratiques, d’une grande force militante. Et, en même temps, nous avons besoin d’un changement qualitatif pour inventer un nouveau modèle d’organisation plus pertinent et plus efficace dans le monde d’aujourd’hui.

La période a été marquée par l’émergence de nouvelles formations. Les partis classiques sont-ils dépassés ?
Pierre Laurent  : La question des nouvelles formes d’engagement politique fait partie des débats que nous voulons mener. Nous ne le ferons pas en miroir de telle ou telle formation, mais en réinventant notre rôle et notre propre modèle. Cela ne signifie en aucun cas une adhésion à la thèse de la mort des partis. D’ailleurs, je constate que ceux qui crient à la mort des partis en créent de nouveaux. Ils le font à partir de plateformes numériques et de nouveaux modèles de “marketing politique” qui leur donnent une réelle efficacité. Mais aucune de ces nouvelles formes n’a résolu des questions centrales pour réussir dans la durée la transformation sociale à laquelle nous travaillons. Et singulièrement celui de l’intervention consciente et durable des dominés pour construire par eux-mêmes leur propre émancipation.

Malgré ces nouvelles offres politiques, l’abstention a encore atteint des sommets...
Pierre Laurent : L’abstention est l’expression la plus forte du paradoxe de la situation. La société française a exprimé un désir très profond de balayer le système politique. Macron l’a emporté en captant ce besoin de renouveau, mais de nombreux électeurs ont voté par défaut. Il reste une très grande défiance et beaucoup à inventer pour y remédier, singulièrement avec les milieux populaires qui ne trouveront pas leur compte, bien au contraire, dans la politique du gouvernement. Dans le salariat éclaté d’aujourd’hui ou dans les quartiers populaires, on doit pouvoir, non pas seulement s’identifier à un candidat à la présidentielle, mais trouver la place d’une intervention politique consciente, croissante et durable. Le PCF a à réinventer un modèle qui le permet. Cela va de pair avec la conquête citoyenne de nouveaux droits et pouvoirs, qui ne peut être renvoyée à plus tard ou à un modèle de prise du pouvoir centralisé.

Les premiers questionnements et le planning proposé aux communistes

Le Conseil national du PCF, qui s’est réuni les 23 et 24 juin, a appelé, dans sa résolution, tous les communistes à mettre « en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale » et « à ouvrir dès à présent un processus de débats, d’actions et d’élaboration collective qui verrait son aboutissement en 2018 par la tenue d’un congrès national extraordinaire ».

Quelques repaires :

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