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MÉMOIRE

Quand la recherche permet de ressusciter l’espoir

jeudi 15 septembre 2016 , 276 : visites

La recherche historique est un exercice plein de surprise qui n’a pas pour seule fonction de faire resurgir un passé oublié. Elle permet aussi de poser un regard sur nos contemporains. Car, pourquoi les habitants d’une petite commune ont-ils oublié un de leur plus valeureux enfant ?
En allant aux archives de Caen, j’ai en effet découvert le parcours d’un Résistant, Jacques Parent, né à Paris en 1900, habitant Baudement près d’Anglure (Marne) de 1929 à 1943. Arrêté par la Gestapo fin 1943, il meurt à Ravensbrück le 6 mai 1945. Ce qu’il a fait de précis nous est peu connu malgré les 70 documents dépouillés. Seuls ses chefs ont attesté de son engagement dans le réseau Buckmaster aux missions très secrètes de renseignement en faveur des alliés. Peu d’informations donc, sinon l’idée d’un homme actif, patriote, engagé contre l’occupant, père d’un jeune garçon que je dois avoir croisé à l’école du village.
Le plus étonnant, ce fut d’apprendre que son grand-père n’est autre que Pierre-Ulysse Parent (1828-1880), maire adjoint du 9ème arrondissement pendant la Commune de Paris. Les idées révolutionnaires ne se transmettent pas génétiquement. C’est une culture familiale qui est transmise parfois indirectement. On ne sait pas quelles furent les idées politiques de Jacques Parent. On peut quand même rapprocher le fait que Communards et Résistants mirent la main au fusil pour chasser l’envahisseur en 1871 comme en 1940.
L’autre surprise vient du fait qu’à Baudement vivait un autre Résistant, devenu lui aussi martyr de la Résistance, Hubert Jeanson, fusillé à Creney (voir aussi ci-dessous). à ma connaissance, ces deux héros ne se fréquentaient pas. Ils habitaient chacun aux deux extrémités du village et travaillaient pour deux réseaux très différents, bien qu’animés d’une même volonté et mobilisés pour des actions presque semblables.
Pourquoi ces deux personnalités qui honorent grandement la commune ont-ils été oubliés par les élus de l’époque ? Sans doute, y avait-il après la Libération des problèmes plus graves à régler. Sans doute ne voulait-on pas réveiller les souvenirs douloureux de l’occupation où tout le monde ne fut pas résistant ? Il semble qu’aujourd’hui l’état d’esprit ait changé et qu’un regard plus juste soit posé sur le passé. Espérons-le pour Jacques Parent.

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