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CULTURE

L’OSA affirme son talent

jeudi 12 mai 2016 , 368 : visites , par Jean Lefevre

À ceux qui boudent la dépense, j’ai toujours soutenu l’Orchestre Symphonique de l’Aube du fait d’un besoin populaire pour la musique et de la qualité des prestations données par cette formation qu’anime un chef généreux, pugnace et éclectique.
Éclectique en effet, puisque Gilles Millière a su se faire un public en choisissant d’abord des oeuvres connues et même ressassées jusqu’à ce que ce même public ait voulu y voir et entendre d’un peu plus près. Plus près de notre époque évidemment. Chaque concer t comprend maintenant au moins une oeuvre contemporaine. Certes, une partie des mélomanes qui en sont restés au classicisme ou au romantisme le plus farouche, disent en catimini que « Varèse, c’est du bruitage », que Webern ou Messiaen, c’est n’importe quoi. Les mêmes l’avaient dit pour Picasso. En littérature, ils ne disent rien, ils ne lisent pas. L’OSA est donc un objet culturel incontournable.
Le dernier concert du 1er mai nous fit connaître le pianiste Michel Berof f, un peu pincé pour les saluts mais expansif, exubérant dès qu’il se met à table. Le 3ème concer to pour piano de Prokofiev, malgré sa complexité, montre une vitalité et une originalité étonnantes. Prokofiev est sans doute un type tourmenté, impulsif dont la musique change en permanence de ton, de couleur, de style. Il s’est nourri aux mamelles de la musique slave originelle mais a très envie d’être insolemment neuf, à preuve les critiques qu’on lui jette à la figure d’utiliser des « harmonies bolcheviques », pas davantage appréciées du stalinien Jdanov.
Suivit une oeuvre d’Alfred Schnittke, auteur russe qui se qualifiait de « futuriste et réactionnaire » et dont on n’entendit hélas que des bribes (Suite d’après Gogol). Mais assez pour comprendre combien la musique moderne est un endroit qui permet de recycler les fausses notes, de les cuisiner de bonne manière avec piment, poivre et vodka, et de faire comprendre que la dissonance est un bon moyen de déboucher les oreilles et de rafraîchir nos neurones.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

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