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CULTURE

un spectacle roboratif

jeudi 25 février 2016 , 419 : visites , par Jean Lefevre

Françoise Toullec a inventé la liberté sur scène. La vraie liberté qui est le contraire du libéralisme.
C’est bien utile en ces temps-ci de veuleries musicales et pattes blanches à montrer. Elle a donc été l’âme d’un spectacle étonnant au théâtre de la Madeleine à Troyes le 2 février dernier. Dans ce « Gouffre d’en haut » étaient habilement mêlés cirque, textes humoristiques et musique. L’habitude du mélange des disciplines n’a pas toujours tenu ses promesses au théâtre. Mais ici, l’entente était parfaite entre un diseur énergumène (Fabrice Villard), des fildeféristes à tordre et des musiciens plus free que jazz, en tout cas plus musiciens que ce que l’adorateur de tubes sirupeux peut en comprendre.
Donc un spectacle à voir et à entendre, une musique surtout, vigoureuse, intelligente, originale, sauvage et inouïe au sens propre, à peine tonale et lardée de gousses d’humour à faire pleurer.
N’y a pas que l’ognon orthographique qui fasse pleurer. Pas de tromperie ! Que de la liberté crue, vivace et robuste avec du musicien en chair et en noces. C’est le contraire du hors-sol. On est en plein dans le compost créatif. Hors du convenu aussi, c’est excentré plus qu’excentrique et c’est loin de l’immonde mondialisation. Françoise Toullec l’affirme, c’est improvisé mais il faut se méfier du Chopin qui épate. Il met cinq minutes à pondre (Renoir dit peindre) un morceau, mais il lui a fallu trente ans pour y arriver.
Pour mieux comprendre cette artiste dirigeant un orchestre (Archipels Nocturnes) de six musiciens, tous étonnants de fraîcheur et de virtuosité, il faut savoir que Françoise Toullec a travaillé avec le regretté Mimi Lorenzini, créé des spectacles avec la facétieuse Dominique Fonfrède ou Tania Pividori, adroite dyslexique, et qu’elle a vocalisé avec André Minvielle (pensez à Lubat).
On en a marre des artistes cravatés et formatés. On en revient à Dada, époque écrue et crue, mais un Dada qui pense à la manière des surréalistes qui veulent aller au fond du réel, contester la raison, libérer les forces vives de la pensée et du désir. J’ai adoré. Notre amie Catherine Toussaint assurait la mise en scène et le théâtre de la Madeleine tiendra la rampe tant qu’on aura du beau monde comme ça pour le féconder.

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

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