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Air France

Les salariés ne sont pas des criminels !

jeudi 15 octobre 2015 , 287 : visites , par LDA

L’interpellation des salariés d’Air France à leur domicile au petit matin, comme de dangereux criminels, pour être placés en garde en vue, est le signe de la volonté du gouvernement de criminaliser le mouvement social.

En mars dernier, devant un parterre de patrons triés sur le volet, le Pdg d’Air France se lâchait. Il disait à propos des enfants de 16 ans : « est-ce qu’il faut les faire travailler, pas travailler ? Pas sûr. » Pour lui, la durée du temps de travail est « paraît-il » un acquis social et fixer l’âge de la retraite n’a pas de sens. Quant à sa conception du dialogue social, il a de bien singuliers conseillers : « Comme le disait mon homologue de Qatar Airways [...] à propos de la grève, “monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison”. »

La vraie violence
Sarkozyste compulsif, ex-directeur de cabinet-adjoint au budget avant de rejoindre l’équipe de C. Lagarde au ministère des finances, Alexandre de Junac, depuis sa nomination en 2011 à la tête d’Air France, a déjà décidé la suppression d’environ 9 000 postes, dont 5 122 pour la seule année 2012, et la pression a été accentuée sur les personnels afin d’obtenir « des efforts importants de compétitivité » dans cette entreprise plombée par une dette abyssale et une concurrence féroce dont on nous dit qu’elle serait l’alpha et l’omega du “marché”. Voilà la vraie violence, cette violence de classe qui n’a jamais cessée d’être appliquée aux travailleurs et aujourd’hui débridée et décomplexée. Cette violence, c’est, par an, 14 000 suicides à cause du chômage et de nombreux autres suite aux formidables pressions que subissent les salariés pour atteindre les “objectifs de rentabilité”. Que peuvent peser deux chemises, fussent-elles de luxe, dans la balance de la violence sociale ? Rien, face à la perspective, en dépit des efforts déjà consentis, de perdre son emploi. Dans quel pays sommes-nous pour que la force, la peur et la sanction soient utilisées contre des salariés qui n’en peuvent plus des plans de licenciements et que les médias les abaissent avec délectation au rang de vulgaires malfrats ?

Un débat national sérieux
Que cela ait aussi un temps donné lieu à un débat entre la « chienlit » d’un Sarkozy, unique président de la République à avoir tâté de la garde à vue, ou le « voyou » de Manuel Valls, représentant l’état, actionnaire principal d’Air France, et qui cautionne les 2 900 suppresions d’emplois annoncées (qui en précèdent peut-être plusieurs milliers d’autres à venir, annonce la CGT) est révélateur. De la droite et son extrême au camp gouvernemental, il ne serait donc question que de nuances de terminologie et tous se disent partisans de la matraque, panacée universelle contre la contestation sociale. Le sentiment d’injustice qui en découle et le choix délibéré de criminaliser et de mettre sous pression les salariés qui luttent pour sauver leurs emplois, ne peuvent qu’alimenter de nouvelles tensions. N’aurait-on pas apprécié, dans le cas des Sodimédical à Plancy, un président de la République (qu’ils avaient pourtant rencontré) et certains de ses ministres aussi tatillons sur l’application de la loi contre le patronvoyou Lohmann et Rauscher ? Au lieu de la répression, un débat national sérieux sur l’avenir d’Air France, sa dette, le service de cette dette et sur une autre politique européenne du transport aérien qui tourne la page de l’actuelle déréglementation ne serait-il pas à engager ? Air France ne peut pas être gérée sur les seuls critères de rentabilité et de la concurrence.


Air France a béneficié de 109 millions d’euros de CICE, dont 66 millions pour l’année 2015.


 

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