“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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MÉMOIRE

Le souvenir demeure

jeudi 3 septembre 2015 , 310 : visites , par Jean Lefevre

De nombreuses cérémonies ont eu lieu en cet te f in août pour commémorer la pér iode de la libération, événement heureux mais endeuillé de tragédies irréparables.
Le 22 août, la ville de Romilly-sur-Seine organise chaque année un rassemblement devant le monument aux morts pour honorer les quinze Romillons fusillés à Creney. Ginette Collot, au nom de l’ANACR y a prononcé un discours remarqué. Elle a en effet indiqué pourquoi la grande joie de la libération fut ternie par l’annonce en pleine fête des quinze fusillés romillons de Creney et comment peu à peu la foule abasourdie a quitté la fête. Elle rappela la cause principale de leur engagement : « Ils sont morts pour la France des libertés, des droits de l’homme, de la justice, de l’égalité, de la fraternité. » Le régime de Pétain n’avait-il pas en ligne de mire les grandes conquêtes populaires du Front Populaire ?
Leur sacrifice redonnait 1936 à la France et le cadeau du programme du CNR de 1945. Ce programme, a dit G. Collot, « dont les acquis nous échappent de jour en jour. » Elle termina en rappelant au maire de Romilly une promesse non tenue : « nos comités de Romilly de l’ANACR et de la FNDIRP, ont soumis un voeu au maire de notre ville, pour qu’un lieu porte leurs noms. En l’occurrence, nous avons proposé que ce soit le rond-point du pont de la Garenne. Alors que la commission municipale avait accepté cette proposition, un nouveau courrier nous indique que la commission se réunirait en septembre pour de nouvelles propositions. Comprenne qui pourra ! Ce silence et ce retard à honorer nos martyrs sont inadmissibles. » Cette péroraison fut saluée par des applaudissements, cas rare dans ce genre de manifestation [voir le discours complet sur le blog de l’ADIRP*].
Le soir de ce 22 août, 40 personnes s’étaient rendues à Baudement pour un dépôt de gerbes sur la tombe d’Hubert Jeanson, capitaine FTPF, fusillé en même temps que ses camarades résistants romillons à Creney. Les discours furent l’occasion d’évoquer les recherches effectuées aux Archives militaires du Blanc (36) sur le procès de la Gestapo de Troyes (1952 à Metz) et les circonstances exactes du massacre de Creney [voir sur le même blog].
Le 24 août, la cérémonie de Buchères fut tout à fait conforme en dignité aux autres années, sauf que le maire, dans une allocution ramassée et efficace, rappela qu’il « avait le sentiment que justice n’avait pas été rendue » pour ces 67 martyrs de notre Oradour aubois. Les officiers SS en poste à Troyes, bien que responsables des innombrables crimes commis dans l’Aube furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité. En 1954 et 1955, ils étaient libres ! La réconciliation franco-allemande était passée par là. Quant au secrétaire général de la préfecture, il eut raison de dire que le massacre de Buchères fut suivi dans l’Aube d’autres crimes (Mesnil Saint-Père, Précy, Lusigny, Bar-sur-Seine, etc.) Le propos semble anodin, mais il bouscule la thèse imputant la responsabilité du massacre à la Résistance. Ces acharnés devraient prendre en compte l’idée que nous développons dans la Dépêche depuis longtemps : la tactique des SS fut partout la terreur, quel qu’en soit le prétexte.
Ce même jour, Troyes fêtait la Libération sans aucune faute si ce n’est l’oubli quasiment inscrit partout du sacrifice de l’armée soviétique. Nous n’avons aucune appétence pour le régime stalinien, mais une vue correcte de l’histoire se doit de dire que le sacrifice du peuple russe (27 millions, 16% de la population( [1]) a été le fer de lance de la victoire finale.
Le soir la municipalité de Sainte-Savine commémorait le sacrifice de Daniel Ormancey, 17 ans, soupçonné d’avoir coupé des fils téléphoniques pour nuire à l’occupant. Ce jeune résistant se dénonçat pour éviter que des otages soient fusillés. Cet acte hautement civique a de la noblesse face à l’ignoble répression nazie.

Notes

[1USA : 420 000, (0,32% de la population) - France : 568 000 (1,35% ). * http://adirp10.unblog.fr/)

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