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Agriculture

Assez du patriotisme des faux jetons

mercredi 29 juillet 2015 , 392 : visites

Voulue par Leclerc et Sarkozy en 2007, votée par les députés de la droite en 2008, appliquée depuis 2009, la loi de modernisation économique a donné les pleins pouvoirs à la distribution pour ruiner les paysans.

Déçus par le plan d’urgence gouvernemental, les éleveurs poursuivent leurs actions. Une partie de la presse écrite et audiovisuelle s’est s’échinée à débusquer les responsables du non-respect de l’accord signé par les abatteurs, des transformateurs et les distributeurs qui revalorise de 5 centimes d’euro par semaine le prix de la viande bovine, afin que les éleveurs perçoivent en septembre 60 centimes de mieux qu’en juin pour chaque kilo de carcasse de bovin prêt pour la découpe. Sans forcément trouver de coupable, ce qui n’est guère étonnant.

“Crispations”
Du gouvernement à la FNSEA en passant par Carrefour, Leclerc... le patriotisme alimentaire est appelé à la rescousse pour sauver un élevage dont nous aurons un grand besoin dans les prochaines décennies. Ajoutons que consommer de la viande produite dans nos régions favorise la réduction des émissions de gaz à effet de serre imputables au contenu de notre assiette. Mais nous sommes ici en présence d’un patriotisme de faux jetons. Les récents propos de François Hollande en faveur des éleveurs ne doivent pas faire oublier ce qu’il disait en février dernier lors de sa rencontre avec Barak Obama, concernant l’accord de libre-échange en cours de négociation entre l’Europe et les USA : « Nous avons tout intérêt à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations. » Pensait-il alors aux éleveurs français, sachant que les états-Unis veulent inonder l’Europe de viandes bovines de leurs élevages industriels dopés aux hormones ? Fixés selon la loi de l’offre et de la demande, les cours de la viande bovine et porcine n’obéissent pas en France à des critères prenant en compte des coûts moyens de production. Quand une bête est prête, il faut qu’elle soit vendue. La garder une fois engraissée fait perdre de l’argent à l’éleveur.

Déréglementation
Il existe un facteur de déstabilisation du marché des produits agricoles que beaucoup de décideurs politiques semblent avoir oublié. Qui se souvient encore comment est née la loi de modernisation économique (LME), votée en 2008 par les parlementaires de droite et appliquée depuis 2009 au détriment du monde paysan ? Qui se souvient qu’elle a été “suggérée” à Sarkozy par Michel-édouard Leclerc, dès l’été 2007, pour introduire plus de concurrence « afin de rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs », comme le disaient les deux complices ? Qui se souvient par ailleurs que deux autres compères, Jacques Attali et Emmanuel Macron, avaient alors produit pour Nicolas Sarkozy un rapport avec le contenu correspondant à ce que souhaitait l’ancien chef de l’état pour « libérer la croissance française » via toujours plus de déréglementation ? Cette loi a donné des armes aux distributeurs pour durcir les négociations annuelles avec leurs fournisseurs de l’industrie alimentaire, qui ont abusé des importations pour moins payer leurs fournisseurs nationaux. Mais il est encore possible de l’abroger et d’introduire du gagnant-gagnant dans les relations commerciales. Pour les députés du Front de gauche, les mesures annoncées ne règlent pas « dans la durée la question des prix payés à la production en s’attaquant aux marges des différents niveaux de la filière élevage. »


La loi de modernisation économique a donné de nouvelles armes aux distributeurs.


 

P.-S.

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