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Grèce

Une sanction humiliante et désastreuse

jeudi 16 juillet 2015 , 324 : visites , par LDA

Intimidation et pressions contre le gouvernement grec, coupable de vouloir rompre par la voie démocratique avec les dogmes néolibéraux et l’austérité, ont atteint des sommets jamais égalés dans l’histoire de l’Union européenne.

C’est bien un coup d’état financier qui a été ourdi, pour faire se plier le gouvernement grec d’Alexis Tsipras aux exigences austéritaires de la troïka. évidemment, nous condamnons les mesures acceptées “un pistolet sur la tempe” par le Premier ministre grec. Depuis des mois, tout a été fait, de l’étranglement monétaire avec l’assèchement des liquidités bancaires à la guerre de propagande de médias à la botte, jusqu’aux petits complots avec une opposition grecque pourtant responsable de l’état du pays. Longtemps bien seul, Tsipras a su prendre ses responsabilités.

Éviter un désastre
Il a surtout déjoué la volonté, explicitement affirmée dans les derniers jours, du ministre Schäuble et de Merkel, portraitée pour l’occasion en “chancelière de fer” par le tabloïd allemand Bild, de pousser à un “Grexit”. Rien de surprenant, malgré les cris d’orfraie des jusqu’au-boutistes de droite comme de gauche : Tsipras a toujours affirmé vouloir maintenir son pays dans la zone euro. Bien sûr chèrement acquise, mais c’est une victoire face aux tenants de la vision d’une Europe ayant pour capitale Berlin avec des pays vassalisés aux intérêts économiques et politiques d’une Allemagne prépondérante. Le plan Merkel-Schäuble était de sortir pour l’“exemple” la Grèce de la zone euro pour intimider les autres pays. Ils n’ont pas atteint cet objectif. Mais le rapport de forces était trop inégal, avec une France à la voix bien trop chevrotante, ce qui, malgré une lutte pied-à-pied de Tsipras pour éviter la banqueroute à son pays et plonger, par une attitude inconséquente, l’Europe dans la tourmente, ne laissait comme issue que celle du compromis. Le gouvernement grec a fait un choix courageux : celui d’éviter un “désastre au pays” en signant, sous la contrainte et le chantage, un texte auquel Tsipras devait, à la télévision grecque, déclarer peu après qu’il ne croyait même pas.

Autosatisfecit présidentiel
Au moment où ont été écrites ces lignes, il aurait été aventureux de tirer toutes les conséquences de la séquence ouverte par la signature de cet accord, tant les évènements se sont emballés. Les actionnaires ont retrouvé leur souffle ; dès mardi des émissaires du groupe de BTP Vinci ont débarqué à Bruxelles et confirmaient leur candidature au rachat de 14 aéroports grecs. Tout aussi indécente est l’orchestration de la participation du résistant de la 25ème heure : François Hollande qui ne voit aucune humiliation à l’égard du peuple grec et s’est posé en donneur de conseils, ayant fait “la démonstration de ses qualités d’homme d’état”, selon le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, approuvé par un Cambadélis qui encense “sagesse et détermination” du chef de l’état. On est gêné aux entournures car, à aucun moment, les orientations libérales de la zone euro n’ont été remises en question. Pour Pierre Laurent, “un puissant engagement des peuples européens et la convergence de toutes les forces politiques, syndicales, sociales sont incontournables pour créer le rapport de forces nécessaire à une refondation sociale de l’Europe” et s’émanciper de la “tutelle insupportable des marchés financiers”. Lors du débat, mercredi, les élus PCF/Front de gauche se sont prononcés contre un “mauvais accord, désastreux pour l’avenir de la Grèce”, comme l’avait, peu avant le vote, déclaré André Chassaigne.


Les hyènes sont déjà à pied d’oeuvre ! Vinci est candidat au rachat de 14 aéroports grecs.



Avec le sommet du déshonneur du week-end dernier, la troïka n’a rien voulu régler d’autre que son compte au peuple grec.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1347

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