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Grèce : victoire du non au référendum (61,31%)

Une “lumière au bout du tunnel”

jeudi 9 juillet 2015 , 317 : visites , par Rémi

Bien que pris au piège du référendum tendu par Tsipras, les loups de la zone euro ont de nouveau montré les crocs. Avec l’appui du peuple grec, Alexis Tsipras a fait peu à peu sauter les verrous sur la renégociation de la dette.

Ευχαριστώ, merci ! Avant toute analyse, c’est un sentiment de gratitude que nous devons éprouver à l’égard du peuple grec. Le non du 5 juillet, un non massif à l’austérité, au chantage et aux pressions a résonné comme un coup de tonnerre. Et la foudre d’un peuple, debout en dépit des embûches et des épreuves, a frappé de stupeur les rapaces de la finance et tous leurs commis qui criaient victoire avant même le scrutin. Merci en effet, car cette puissance du non qui s’est exprimé a non seulement redistribué les cartes, mais ouvert en grand les fenêtres de l’espoir.

Une page d’histoire
Les dirigeants européens avaient sans doute imaginé un autre scénario. Ils avaient rêvé d’un autre sommet de la zone euro, avec des représentants grecs affaiblis et repentants, “normalisés” et acculés à avaler la ciguë de l’austérité. Et tout serait alors rentré dans l’ordre libéral avec, de nouveau, des politiciens soumis, comme au bon vieux temps des Samaras et Papandréou, et à la niche de la troïka. Mais le coup a raté. Le peuple grec a mis en échec les fomenteurs du coup d’état financier organisé pour renverser le gouvernement Tsipras. Que n’ont-ils pas dit pour discréditer le Premier ministre grec et la coalition Syriza aux yeux de son peuple ? Union sacrée aussi chez nous, comme en 2005 où Hollande et Sarkozy posaient sur la même photo (publiée par Paris Match) en faveur du “oui” au référendum, de l’UMP F. Baroin au protéiforme et multi-cartes, banquier Macron. Et les voilà aujourd’hui au temps du déni de leur propre défaite, avec des jusqu’auboutistes, derrière le ministre allemand des finances, Schaüble, qui sont prêts à dépecer la zone euro et qui préfèreraient déconstruire l’Union européenne plutôt que d’y accepter le souffle du social et de la démocratie. Mais la morgue revancharde de ces esprits bornés, n’empêchera pas une page d’histoire de se tourner.

Légitimité renforcée
Le seul responsable politique qui a vu sa légitimité renforcée est bien Alexis Tsipras. Ses propositions ont été appuyées par plus de 61% de ses concitoyens, mais aussi par la majorité des partis grecs qui, certes en se faisant violence pour certains après avoir fait la roue à Bruxelles, ont signé un texte commun à l’adresse des membres de l’Eurogroupe. Comme il l’avait dit, le Premier ministre grec a, dès le lendemain du référendum, repris son bâton de pélerin pour plaider la cause de son pays et celle d’une autre Europe. On a beaucoup cette semaine disserté sur l’absence de propositions écrites de la part des grecs, ces “enfants” pour Christine Lagarde, teigneuse au point qu’on souhaitait en début de semaine, dans certains “milieux autorisés” européens, qu’elle aille voir - et se faire voir - ailleurs. Différer la remise de propositions se situait dans une stratégie visant à sortir des discussions technocratiques où on a voulu les enfermer, pour permettre aux grecs de les amener sur le terrain politique. En l’occurrence, après son intervention de mercredi au Parlement européen de Strasbourg, Alexis Tsipras semble avoir fait bouger les lignes de front. François Hollande, en dépit d’une entrevue avec Merkel qui s’est dite consensuelle, a perdu de sa raideur. Cette semaine, Tsipras et Tsakalotos, son ministre des finances, ont été les hérauts d’une Europe sociale, de l’Europe des peuples.


“Nous souhaitons un accord [...] qui montre qu’il y a de la lumière au bout du tunnel.” - A. Tsipras


 

P.-S.

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