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Culture

Un sabordage organisé par l’état

jeudi 16 avril 2015 , 539 : visites , par Rémi

Les restrictions budgétaires de l’État se répercutent au niveau des subventions aux acteurs culturels. Droite et gouvernement prônent le chemin du salut par la soumission aux logiques marchandes du privé.

Ce ne sont plus des vaches maigres, c’est la disette ! La liste des festivals annulés, publiée mardi dernier par l’Humanité, reflète un extraordinaire assèchement culturel dans notre pays. Parmi eux, le festival des « Inattendus », festival d’art contemporain de Sainte-Savine, n’aura pas de 14ème édition. à chaque annulation, un motif identique : pas d’argent. L’état, avec le désengagement à l’égard des collectivités, commencé par la droite et poursuivi par le pouvoir actuel, en porte une écrasante part de responsabilité. Et, comme à Romilly, la droite sait s’emparer du bâton pour cogner plus fort tout en se dédouanant de tailler dans le vif en diminuant de moitié la subvention municipale de la MJC et en supprimant celle du festival des Mélomanies. On ne manquera pas d’ailleurs de relever, avec une amère désolation, que le discours de la droite coïncide pratiquement mot pour mot avec celui de la ministre de la culture, Fleur Pellerin, incitant le monde associatif à se tourner vers « l’entrepreneuriat » pour trouver des subventions. En clair, le monde culturel n’a qu’à tendre la sébile sur les parvis des conseils d’administration ! Pourquoi ne pas aller tapiner à Davos ou aux différents sommets “G” (7, 8, 20) ? En période d’“économies”, c’est évidemment
- et toujours - la culture qui trinque. Ce serait un luxe, non un besoin socialement utile. Un agrément non productif de l’esprit, un loisir qui coûte sans rien rapporter et dont on pourrait sans dommage se passer, a fortiori lorsque l’on est peu argenté, voire pas du tout. 179 festivals ont été à ce jour annulés ou supprimés et la liste n’est pas close. Des conservatoires, des associations culturelles, des orchestres... sont sur la sellette, lorsque leur existence n’est pas purement et simplement en cause, “jonglant” avec des subventions sans cesse revues à la baisse. Mais le plus rageant, c’est de voir droite et élus de la majorité gouvernementale se repasser la patate chaude, selon que l’une ou les autres appliquent des mesures identiques de sabrage. Le désengagement de l’état, outre les coupes austéritaires qui touchent les collectivités, se retrouve dans la réduction budgétaire du ministère chargé de ce domaine. Un renoncement de plus qui tourne le dos aux valeurs de la gauche, pour qui la culture a toujours été un besoin humain, fondamental et porteur d’émancipation intellectuelle et donc sociale. Il n’y a, à ce sujet, qu’à relire les pages si émouvantes de Jaurès et de tant d’autres, pour qui ce domaine était essentiel, vital même. Une véritable ambition, qui sous-tend une politique digne de ce nom, ne peut se réduire à gérer la pénurie, encore moins à l’amplifier, alors que les besoins en la matière sont immenses. Soumettre la création culturelle aux critères du profit et de la concurrence du commerce, comme le chemin en est actuellement pris, appelle là aussi à une ample résistance citoyenne.

 

Une légende prémonitoire exposée l’an dernier à l’occasion du festival des “Inattendus” de Sainte-Savine, annulé cette année.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1334

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