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L’appel du cor

jeudi 29 janvier 2015 , 586 : visites , par Jean Lefevre

L’Orchestre Symphonique de l’Aube continue son travail artistique et éducatif en nous offrant parfois des musiciens surprenants au milieu d’autres plus classiques.
On a beau s’en défendre, les pièces les plus rebattues nous plaisent toujours. Beethoven et son Léonore III, c’est de la belle marchandise. Il m’a fallu du temps pour comprendre que c’étaient le développement harmonique et la structure de l’oeuvre plus que les mélodies initiales qui faisaient la richesse de cette musique soupe-au-lait et riche en rebondissement. Et puis, nous avons Beethoven au coeur pour la modernité de sa révolte.
Le cor aussi, nous l’avons au coeur avec ce surprenant David Guerrier jouant par coeur encore le concerto N°1 de Richard Strauss. C’est une musique qui n’est pas de la famille de Johann. Strauss est un nom courant et même galopant en Allemagne et signifie « bouquet ». C’est Guerrier qui nous l’offre, ce bouquet. Très à l’aise, il souffle dans son olifant pour se dresser contre les Sarrazins de l’orchestre qui l’assiègent. Il use avec eux de douceur ou de colère retenue. C’est grand. C’est beau. On oublie que Richard Strauss a fricoté avec les fridolins SS, mais du bout de la baguette seulement. Et puis il nous a laissé Till l’Espiègle, héros farceur, genre Charlie, qu’illustra Gérard Philipe.
L’oeuvre surprenante qui suivait, c’était celle de Ligeti (1923-2006), un compositeur centre européen très original, sérieux sans être sériel, facétieux à l’occasion (concerto pour 100 métronomes). Pour les analphabètes, Gilles Milllière eut la bonne idée de préparer nos oreilles aux « horreurs » qu’on allait entendre : des quarts de ton que toute notre culture vomit, des accords faux que Ligeti trouve poétiques. Mais est-ce que la terre est bleue comme une orange, ainsi qu’Éluard l’affirme ? Ce qu’on sait cependant, c’est que Bach nous a privé d’une culture acoustique plus riche en obligeant les sons à se tempérer, ce qu’il ne faisait pas quand il allait à la Bierstube.
Je n’ai rien dit de Bartók et de Kodaly, également programmés dans ce concert d’un bel éclectisme, comme Gilles nous l’avait déjà montré pour les musiques d’Outre-Manche. Il avait prouvé en décembre que le génie musical, dans la diversité et l’invention, pouvait aussi être anglais.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1323

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