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L'Humeur
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Journée de mobilisation le 15 novembre “reprenons la parole dans la rue !”

jeudi 30 octobre 2014 , 195 : visites

Le 15 novembre, l’ensemble des organisations du Front de Gauche et les associations membres du collectif 3A-“Alternative À l’Austérité” appellent à une manifestation à Troyes. Dans notre département touché de plein fouet par l’austérité, l’heure est à la mobilisation et au rassemblement. Interview croisée.

La Dépêche de l’Aube : Quelles sont les raisons pour lesquelles le Front de gauche de l’Aube a décidé d’appeler à un rassemblement à Troyes plutôt qu’à Paris ?
Jean-Pierre Cornevin  : Compte-tenu de la situation économique et sociale dramatique du département de l’Aube, il nous a semblé nécessaire qu’une telle manifestation se tienne à Troyes. Avec plus de 19 000 privés d’emplois, (plus de 26 000, si on y ajoute les chômeurs des catégories B et C, soit 20% des actifs), notre département paye un lourd tribut aux logiques financières à l’oeuvre aujourd’hui. Après la casse de l’industrie textile, le département de l’Aube continue de perdre des emplois à la pelle. La liquidation de l’usine Simpa, les risques qui planent sur les salariés de Petitjean et Assa Abloy, pour ne prendre que les plus grosses entreprises, démontrent que les choix du gouvernement actuel, comme celui des précédents, de mettre la baisse du “coût du travail” au coeur de sa politique économique, ne règlent rien.
D’autre part, l’Aube est sous influence d’une droite hégémonique, le FN fait un score électoral important. Qu’est-ce que cela apporte aux Aubois ? Absolument rien, puisque droite et extrême droite sont au service du capital. Il est donc de notre responsabilité de montrer à la population auboise que, non seulement un rassemblement populaire autour d’un programme d’intérêt général, de progrès social est possible, mais qu’il est en route. Nous avons besoin, pour le concrétiser, de la force d’attraction de toutes celles et ceux qui ne se résolvent pas à la domination de la finance et du grand patronat sur nos vies.
Michel Bach : La manifestation du 12 avril, initiée par le Collectif pour une alternative à l’austérité et qui a rassemblé une centaine de milliers de personnes à Paris, ne pouvait rester sans lendemain, puisque le gouvernement, dans son obstination libérale, n’a rien voulu entendre. Les effets de cette politique, évidents au niveau national, sont ravageurs dans l’Aube. Ainsi, Simpa licencie 360 salariés sur les 450 que comptait l’entreprise : tout ça parce que les patrons délocalisent, et que le gouvernement s’obstine à une politique de rigueur qui freine la consommation et pénalise donc gravement l’activité économique. Deux complices et une seule victime : le peuple ! Il faut dire : « ça suffit ! », haut et fort. Le Parti de Gauche appelle donc à des rassemblements à Paris et dans les grandes villes de France. Mais, dans un département dominé de manière quasi hégémonique par la droite, il faut aussi avoir le souci de construire ici et maintenant le rapport de force qui permette d’inverser la tendance. C’est le sens de l’engagement profond et constant du Parti de Gauche au sein du Front de Gauche aubois.

LDA : Quelles sont les propositions du Front de gauche et de vos organisations respectives concernant l’emploi et la politique industrielle ?
Jean-Pierre Cornevin  : Le Front de gauche constate l’échec de trente ans de politiques libérales. Toutes sont basées sur la baisse les “charges” afin d’enrayer les destructions d’emplois. Elles sont systématiquement en échec pour deux raisons :
1°) les milliards accordés aux entreprises ne sont pas utilisés pour l’investissement productif et la création d’emplois. Ils servent à alimenter les profits et à être redistribués aux actionnaires. Le CICE mis en place par Hollande en est une nouvelle preuve.
2°) La stagnation des salaires et la baisse des dépenses de protection sociale et des investissements publics, induits par les politiques libérales, contracte l’économie et réduit les débouchés des entreprises. Le PCF propose une nouvelle politique industrielle qui part des besoins humains, des exigences environnementales et non pas des logiques financières basées sur le profit immédiat qui asphyxient le tissu industriel.
Michel Bach  : La question du plein emploi est au coeur du programme « L’humain d’abord », parce que c’est une condition du changement de société que nous appelons de nos voeux. Le Front de Gauche veut « rétablir le droit au travail, à l’emploi et au repos dans une nouvelle répartition des richesses. » Seul ce moteur de la dignité humaine, conjugué à un réel souci de l’environnement, permettra de mettre en place une société qui assure à chacun le nécessaire présent et n’hypothèque pas l’avenir des générations futures. C’est le projet éco-socialiste que le Parti de Gauche est fier de porter. Dans l’immédiat, on voit bien que la politique de l’offre menée par François Hollande, au mépris de tous les engagements pris, mène le pays à la catastrophe. Nous exigeons donc que l’argent donné aux entreprises sans aucune contrepartie (CIR, CICE) soit redistribué par une politique salariale ambitieuse, le maintien, voire l’augmentation, des dotations aux collectivités locales, le développement des services publics ; toutes conditions nécessaires à un développement harmonieux de notre pays.

LDA : Quel message souhaitez-vous envoyer aux électeurs de gauche ?
Jean-Pierre Cornevin  : Les véritables causes de la crise se trouvent dans la domination des forces de la finance. Les exigences de rentabilité des capitaux écrasent l’économie réelle et imposent au monde du travail de multiples et insupportables saignées. Hollande et Valls, soutenus par l’appareil du Parti socialiste, ont décidé de céder définitivement à ce système et même d’en épouser les thèses. Après dix années de droite, cette trahison a des conséquences terribles. Des millions de femmes et d’hommes n’en peuvent plus. Dans ce contexte, les valeurs de gauche sont plus que jamais pertinentes : l’humain d’abord plutôt que la loi du fric. J’invite les électeurs de gauche à venir construire avec nous la grande force populaire de demain et à venir s’exprimer le 15 novembre prochain.

Michel Bach : Comme dans les périodes les plus sombres de notre histoire, l’heure est à la résistance. Cela veut dire agir avant la catastrophe annoncée d’un duel droite-FN, poussant le peuple dans la geôle de l’abstention. Eh bien, puisque l’oligarchie veut murer le peuple dans le silence, reprenons la parole dans la rue ! La gauche, la vraie, est celle qui construit le lendemain, qui brisera le carcan d’institutions dépassées pour créer une VIème République qui rendra le pouvoir au peuple, et qui, comme le dit le poète grec Sikelianos en évoquant la résistance grecque (déjà !), « contribuera à faire se lever le soleil sur le monde. »

 

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1310

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