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Présidentielle

Sarkozy loin des préoccupations des salariés

vendredi 19 janvier 2007 , 2241 : visites , par LDA

Combien de milliers de salariés de notre pays se battent, avec toute la force et sans doute la colère de ceux qui sont le dos au mur.

Combien comme ceux de Cycleurope, Nief Plastic, Simpa et d’autres dans notre département sont dans la tourmente en proie à une éventuelle délocalisation. Combien d’entreprises sont la cible de fonds d’investissements et des fameux LBO, « leveraged by out », que l’on pourrait traduire approximativement par « endettement avec effet de levier », mécanisme maintenant connu de tous qui a pour but de piller les entreprises avant de les liquider. Et pourtant...

Comme c’est étrange. En une heure de discours de Nicolas Sarkozy à la porte de Versailles, devant cette vaste assemblée où ne se lisait aucune banderole d’entreprise en lutte, pas une fois n’est apparu le mot « délocalisation ». Pas une fois, en une heure et demie, n’a été mentionné ce mot tabou qui écorche à droite les lèvres de ceux qui le prononcent - par mégarde. Chômage. C’est vrai, le candidat de la droite a eu cette phrase : « La république virtuelle, c’est celle qui proclame le droit à l’emploi et qui renonce à l’objectif du plein emploi », mais c’était pour dire quelques lignes plus loin, en réaffirmant l’objectif de simplifier les licenciements : « Je veux protéger les personnes plutôt que les emplois. » Bien sûr.

On saluera au passage le sens de la protection rapprochée de celui qui est toujours ministre de l’Intérieur, quand il s’agit des intérêts des plus fortunés. « Je veux que l’État soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu’il a gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50 %. Tout vaut mieux que de taxer l’homme au travail. Tout vaut mieux que de taxer le travailleur qui crée la richesse. » L’homme au travail ? Celui qui gagne des fortunes en spéculant, en n’ayant comme effort à faire que de toucher des dividendes, celui qui se verse des salaires représentant des centaines de fois le SMIC ? Car ce sont évidemment les plus riches que défend le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy. Mais que l’on n’y voie en aucune manière ce que d’aucuns appellent un point de vue, un choix de classe. Le candidat de la droite l’a dit. « Être de droite, c’est refuser de parler au nom d’une France contre une autre. C’est refuser la lutte des classes. » Sauf que la lutte des classes, les salariés en proie aux licenciements boursiers, qui ne l’ont pas cherchée et pas davantage inventée, se la prennent, si l’on ose dire, en pleine figure.

Un sondage publié hier par Libération semblait indiquer que Nicolas Sarkozy « prend le mieux en compte les préoccupations des catégories populaires » devant Ségolène Royal. Tel que publié le sondage ne précise pas le contenu de ces préoccupations. Mais il a de toute manière un enseignement clair. Outre que le discours de la candidate socialiste, de ce strict point de vue des « préoccupations populaires », n’est peut-être pas très net, la bipolarisation de la campagne, l’omniprésence médiatique du candidat de la droite et de la candidate socialiste, étouffent pour le moment les propositions des autres candidats et singulièrement celles de la candidate antilibérale. Les grands médias se doivent d’en finir avec ce déni de démocratie mais on n’en a pas moins le sentiment d’une tragique méprise s’agissant de Nicolas Sarkozy. S’il a gagné son sabre, c’est pour mieux tailler en pièces les acquis sociaux, c’est pour protéger la fortune et les privilèges.

La lutte de classe, quoi !

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N904

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