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Mémoire : Cérémonies de Creney

jeudi 4 septembre 2014 , 113 : visites

“la voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau” [1]

Il faut féliciter la municipalité de Creney d’avoir fait un travail de mémoire exemplaire en réalisant des panneaux sur les 53 martyrs fusillés les 22 février et 22 août 1944 .
Deux grands panneaux explicatifs concernant ce lieu de mémoire et 53 écriteaux portant une courte biographie et un portrait de chaque fusillé, chacun planté au pied de chacun des 53 arbres de cette esplanade dramatique et glorieuse. Cela corrige un peu le texte de la stèle qui avait autrefois peiné le monde associatif qui n’admettait pas qu’on dise que ces Résistants étaient morts « victimes de la seconde guerre mondiale ». Non, ces jeunes martyrs sont véritablement morts en toute conscience de leur engagement et du fait de la barbarie nazie. Ils ne sont pas victimes puisque volontaires. Pas d’innocence chez eux, comme les massacrés de Buchères qui subirent la tactique de la terre brûlée propre aux nazis.( [2])
Mais ne boudons pas le travail réalisé à Creney. Remercions les élus, le maire, M. Raguin, et son adjointe, Mme Hohmer, ainsi que la bibliothécaire, Mme Brasseur, qui travaille avec constance et efficacité sur ce massacre perpétré par des miliciens nazis, c’est-à-dire des Français ! Ils surent en arrivant à la prison Hennequin, quels prisonniers choisir en premier : des résistants FTP de la Cie France d’Hubert Jeanson, des membres de Libération Nord et des commandos M. C’est pourquoi (mais peut-être vais-je troubler l’esprit légaliste de certains), il est si désagréable de voir parader les élus du FN lors des cérémonies commémoratives (Nogent et Romilly, par exemple).
On peut regretter encore, pendant toutes ces commémorations, que les discours restent à la surface des faits, sans donner la chair historique servant de pédagogie civique. Le souvenir des martyrs est souvent mobilisé avec des intentions politiques (quand ce n’est pas pour de tristes raisons électorales) ; la construction de l’Europe, par exemple, qu’on veut faire entrer de force dans nos moeurs, l’alliance franco-allemande qui en est le fer de lance, la culture de l’amitié pour nos sempiternels alliés américains depuis La Fayette qui transforme le plan Marshall en vertu, l’OTAN en refuge et le traité transatlantique en bénédiction. Si bien qu’on ne voit plus flotter que la bannière étoilée et que sont ignorés les drapeaux anglais, australiens et canadiens qui participèrent à notre libération. Quant aux drapeaux soviétiques, n’en parlons même pas. Nous sommes vis-à-vis de l’Est dans une éternelle guerre froide. Ce sont des ennemis durables et d’« étranges étrangers » perpétuels, comme disait Prévert, et Hitler le pensait aussi quand il faisait massacrer les prisonniers soviétiques par milliers.
Mais ce qui fait le plus pitié, c’est souvent l’absence dans les commémorations de la Libération d’un rappel nécessaire : sans la Résistance, le pays n’aurait pas pu être libéré aussi vite et aussi efficacement. L’aide de la Résistance fut d’un grand poids comme l’ont reconnu les Américains. Sans la Résistance, surtout, « l’honneur de la France » n’aurait pas pesé lourd. Ah ! le devoir de mémoire ! Il y a encore du travail à faire à l’école. Les rythmes scolaires pourraient s’y atteler

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1302

Notes

[1* Victor Hugo : “Hymne”

[2à ce sujet, il est intolérable d’entendre dire que la population de Buchères, aujourd’hui, aurait « la haine de la Résistance et des maquis ». Un élémentaire bon sens devrait pousser les élus de cette commune à montrer comment les nazis utilisèrent la terreur pour assurer leur dictature et cela depuis 1940 (8 communes martyrs dans le Nord en mai 40 : y sont massacrés des civils et des soldats britanniques prisonniers).

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