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Nos peines : hommage à Henri Planson

vendredi 29 août 2014 , 509 : visites , par Jean Lefevre

Henri Planson, notre camarade, vient de nous quitter. C’est un coup très rude pour le Parti communiste français dont il était adhérent depuis la Libération.
Il avait d’ailleurs adhéré aux Jeunesses communistes pendant les années noires de l’occupation. Sa maladie l’avait coupé du monde depuis un certain temps. Bien que la mort l’ait délivré de cette sourde souffrance, cette disparition nous affecte profondément.
Car Henri fut de tous les combats, militant à la fois au PCF, à la CGT, à l’ARAC, à l’UFAC, avec les anciens Résistants, au Mouvement de la paix, ainsi qu’aux DDEN pour l’école laïque. Il faut aussi y ajouter ses mandats d’élus. Il exerçait tout cela aux niveaux local, départemental ou national avec le sérieux et le sourire d’un homme confiant dans la nécessité de la lutte.
Il est né en 1926 et a donc quatorze ans en 1940. Il militera très vite, deviendra secrétaire CGT à la Sécurité sociale, membre du Comité fédéral du PCF dès 1959, intégrant le Bureau fédéral en 1965 après avoir fait l’ “école centrale” d’un mois.
Le fait qu’Henri soit le fils d’un certain Lucien Planson, n’est pas étranger à son parcours. Lucien, qui mourut tragiquement en 1947 et dans d’étranges circonstances, fut le fondateur du PCF dans l’Aube, derrière le Congrès de Tours en 1920, avec Doucet, Cuny, Plard, Romagon et Gennevois. Il est sûr que le jeune Henri avait en mémoire les récits des luttes qu’avait menées son père contre la guerre du Rif ou pour la libération de Sacco et Vanzetti dans les années 20. Il se souvenait aussi des périodes de prison que la justice bourgeoise lui avait infligées pour ses articles en faveur de la paix dans la Dépêche de l’Aube. Lucien était un délinquant qui violait les mauvaises lois. ça ne pouvait que plaire à Henri.
Devenu Résistant, Lucien transmit la flamme au jeune Henri qui aida son père à transporter quelques journaux et tracer des V de la victoire sur les murs, jeu dangereux à l’époque. Ce V signifiait aussi « vorbei », une sorte de « fout le camp » à l’intention des occupants nazis. Il ne faut pas oublier dans ce mimétisme militant l’exemple de sa mère, Madeleine Petitot, qui fut un bel exemple d’affection, de solidarité et de militantisme. Comme son père, Henri fut aussi un diffuseur constant de l’humanité et de la Dépêche, ces “CDH” qui font circuler le sang de nos idées.
Henri avait acquis une grande culture et une grande sagesse politique du fait de la lecture contrastée qu’il pouvait avoir des aléas de la vie politique et syndicale d’avant guerre. Mais tout le monde s’était retrouvé quand le fascisme ennemi et les collabos vichystes brisèrent la république. Fidèles, hésitants, exclus, tous prirent le flambeau de la lutte pour la liberté.
Il faisait partie de cette vieille garde, ardente et fidèle, qu’il suffisait d’appeler pour qu’elle se mette au service du parti ou du syndicat. Les Planson mettaient facilement la main à la poche quand le parti en avait besoin. C’est eux qui sollicitèrent un prêt pour l’achat de la rotative à la Sonoda. Un « honnête homme » au XVIIIème siècle qualifiait un homme engagé, vertueux, utile à ses contemporains. Henri c’était la solidarité, la générosité, l’ouverture aux autres, le militantisme, le bénévolat. C’était un « honnête homme » du XXème siècle. Notre parti s’honore d’avoir eu de tels militants.
Fidèle jusqu’au bout. militant inlassable, tenace et permanent. Oui, il était, à sa manière un permanent du parti. Toujours disponible, toujours fraternel. Fidèle à ses origines ouvrières et à son syndicat CGT, la conviction ancrée au coeur d’un monde meilleur. Fidèle aux luttes, dont celles qu’il a menées contre les sales guerres coloniales. Fidèle aux valeurs de laïcité, avec les DDEN. Fidèle aux valeurs de la Résistance et du programme du CNR qu’on brade aujourd’hui. Fidèle à ses valeurs de justice, de liberté et de paix alors qu’on allume volontairement le feu de la guerre sur la planète. Il faut reprendre le bâton de pèlerin d’Henri si l’on veut que le monde change.
Henri était un militant humble, modeste, mais vivant, sur ses deux pieds et dans sa tête, qu’il avait bien faite et bien pleine, parce qu’il lisait beaucoup et écoutait beaucoup pour alimenter les discussions. Sa parole était respectée. C’était une mémoire vivante de son parti et de son syndicat. Et l’on a raison de dire qu’un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle. Il faudra patiemment reconstituer et lire la bibliothèque Planson pour y puiser de nouvelles vertus militantes. Henri avait entraîné dans son sillage militant, femme enfants et famille. Ils sont aujourd’hui comme nous dans la peine. La fédération de l’Aube du PCF et la Dépêche de l’Aube dans laquelle il a beaucoup écrit, leur adressent un message de profonde sympathie et de solidarité. Nous pouvons leur assurer qu’Henri n’est pas prêt d’être oublié car il a laissé une trace indélébile grâce à sa compétence, son entière disponibilité, son inaliénable fraternité et son dévouement aux causes les plus justes et les plus sacrées.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1301

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