“La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.” Baruch Spinoza

L'Humeur
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CULTURE : Ernest Pignon-Ernest

jeudi 24 avril 2014 , 455 : visites , par Jean Lefevre

Ernest Pignon-Ernest était dans nos murs jeudi 17 avril, invité ainsi qu’André Velter( [1]) par les Passeurs de textes au Théâtre de la Madeleine. La foule était compacte et ravie. Ernest est un homme souriant et bavard et c’est pourquoi nous y étions.
L’homme ressemble à sa peinture. C’est quand il est là qu’on voit que le monde existe. Il le fait exister en lui arrachant ses morceaux les plus sensibles, ses figures les plus généreuses. Il nous les offre, à sa manière : la Commune, Rimbaud, Maïakovski, rubens, desnos, genet, la prison Saint-Paul de Lyon…
Ernest Pignon-Ernest ne peint de merveilleux portraits que s’ils doivent habiter un espace, les habiter un temps précaire et sur un support pauvre. L’oeuvre est donc fugace et fragile mais c’est sa façon de dénoncer les vices et les difformités de notre monde. Sa première révolte fut de coller tout autour du plateau d’albion en 1966, la silhouette calcinée, l’ombre d’un homme que Little Boy en explosant projeta sur un mur à hiroshima. une façon de dissuader la dissuasion, de tenter de déséquilibrer l’équilibre de la terreur.
Ernest investit ainsi les murs, les trottoirs, les arbres. Ce faisant, il transforme le paysage d’un seul trait, mais nourri d’une idée superbe. La nature reste intacte mais elle est modifiée. L’oeuvre n’est plus le dessin collé, mais le mur, le quartier entier avec ce dessinquestion, ce dessin-rébellion. Le peintre peut empaler la guerre d’algérie aux cornes du taureau de Picasso, celui de guernica. Il peut aussi montrer le tragique des rapports sociaux qui tuent au travail un homme toutes les heures et 700 mutilés par jour. Il peut… Bien sûr, il peut, il fait, mais il nous demande d’être là, nous aussi, avec notre volonté de prendre conscience de… Le sursaut doit répondre. La révolte peut naître.
Toujours sur le qui-vive, le peintre reprend l’histoire du monde pour en tirer du sens, celui que nos contemporains réclament. Mais ils sont sous le feu des paroles incessantes des media qui leur interdisent leurs propres paroles. Ce qui rappelle le brouillage des radios sous l’occupation. La soirée fut riche grâce à ce beau bavard, habillé de modestie, festonné d’humour, à la parole amicale, simple et profonde, nourrie de ses contacts avec le monde.
Fraternel, Pignon-Ernest donne volontiers ses dessins à qui veut les employer utilement ; ainsi ce portrait de Pasolini à J.L. rio pour illustrer une quinzaine dédiée à ce cinéaste. Il me fit cadeau de la même façon du portrait de Marguerite-Buffard Flavien pour illustrer une courte biographie. Ce dessin a figuré sur un des murs de la prison Saint-Paul à Lyon, ville de son martyre.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1283

Notes

[1André Velter, écrivain, directeur du secteur poésie chez Gallimard.

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