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Ils sont contents !

jeudi 7 novembre 2013 , 372 : visites , par JPC

Et ils sont contents ! Alors que Bruxelles vient, une fois encore, de réclamer à la France davantage d’économies et des « réformes urgentes » pour libéraliser un peu plus le « marché du travail », deux de nos ministres ont réagi en harmonie, presque avec enthousiasme. Le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a d’abord réaffirmé «  l’engagement  » de réduire les déficits, «  persuadé  » qu’il y aura «  un terrain d’entente  » avec la Commission dans les prochaines semaines.

Puis son ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a surenchéri : «  S’il est nécessaire de faire plus d’économies, nous le ferons.  » L’affaire concertée – et consternante – ressemble à s’y méprendre à une célèbre scène du Barbier de Séville, de Beaumarchais. Le comte demande : «  Qui t’a donné une philosophie aussi gaie ?  » Figaro répond : «  L’habitude du malheur. Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer.  »

Les prévisions et les recommandations de Bruxelles s’inscrivent dans un nouveau périmètre de surveillance budgétaire. L’exécutif européen possède désormais un droit de regard sur les budgets des États de l’Union. Il rendra même son «  verdict  » le 15 novembre. Ceci explique en partie la réaction docile de nos ministres, mais en partie seulement ! Car la doctrine économique du triumvirat Hollande-Ayrault-Moscovici est non seulement rompue à l’exercice austéritaire mais adaptable en tous points. Nous ne parlons pas là de calcul ou de malice, mais bien de conviction profonde sans laquelle rien, vraiment rien, ne pourrait expliquer pourquoi et comment le peuple de gauche aurait voté en 2012 pour un virage social et se retrouverait aujourd’hui face au mur destructeur du social-libéralisme. Pierre Moscovici y croit d’ailleurs tellement qu’il ose déclarer que «  la France est sur la voie du redressement  ». Soyons précis. Même pour la Commission, le chômage continuera de grimper en 2014 et en 2015 en raison de la faiblesse de la croissance programmée. Alors de quel redressement s’agit-il ? Sans doute de celui des salaires des 120 grands patrons des groupes français, pour lesquels le mot «  crise  » n’est qu’un vague concept perdu au fin fond de l’actualité. Pour la troisième année consécutive, en effet, leur rémunération globale a augmenté en 2012 de plus de 6 %. Cette courbe écœurante poursuit sa course folle. Comme celle de la montée des inégalités et de la pauvreté.

Toujours plus de sueur, de larmes, de sacrifices pour satisfaire aux exigences des financiers de la Commission, du FMI, de Merkel et consorts. Alors qu’un changement de cap radical pour rompre le cercle vicieux de l’austérité devrait être à l’ordre du jour, la réalité économique, dans toute sa brutalité, éclaire chaque jour un peu plus l’absurdité des choix politiques actuels. Non seulement le gouvernement est dans l’impasse, mais aucune de ses décisions ne permet d’entrevoir une sortie. Hier encore, le fabricant FagorBrandt, fleuron de l’électroménager, a demandé sa mise en redressement judiciaire : plus de 1 800 emplois sont menacés en France. À un rythme effrayant, la casse sociale se poursuit. Et avec elle, montent l’exaspération, la détresse et la colère des classes populaires – et bien au-delà. Pendant ce temps-là, le pouvoir attend un prophétique retournement de conjoncture. Une vraie «  stratégie  », selon Pierre Moscovici. D’abord le « redressement des finances publiques » accompagné de la «  modernisation du marché du travail  » (novlangue bruxelloise), ensuite d’éventuelles «  mesures de redistribution  ». Mais y aura-t-il, comme promis, une grande réforme fiscale ? Réponse de l’intéressé : «  Non, il n’y a pas aujourd’hui de volonté de bouleverser le système.  » Tout est dit. Et ils sont contents !

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