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L'Humeur
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Les hommes de la caserne (... et les femmes)

jeudi 25 juillet 2013 , 592 : visites , par Jean Lefevre

Chaque année, à la Caserne des Pompiers (1), en Avignon,
six compagnies théâtrales de Champagne-Ardenne,
choisies par l’ORCCA, présentent leur travail au public et
aux programmateurs.

Grand moment pour ces troupes qui doivent rivaliser de talent
pour montrer ce qu’elles ont à révéler, tentant d’étendre un
peu leur territoire, et ce n’est pas un des moindres soucis de
l’ORCCA que de favoriser cet échange, ces rencontres, cette
circulation des troupes.
Certes, le travail acharné est un des atouts de l’art, mais le métier
d’artiste bateleur n’est pas toujours enfant de la raison.
L’émotion naît de la logique quand elle sombre dans le magique.
Metteurs en scène et artistes doivent être ingénieux,
joyeux, contagieux, et sans la pensée du profit (dixit Calaferte).
Il faut égarer le spectateur, quittant son travail et ses soucis et
s’asseyant là, abandonnant le monde pour y mieux revenir par
le grand enchantement de l’art. Être ému c’est se ressaisir, se
ressourcer, se mettre en état de bondir. Car l’émotion est révolte.
L’émotion fait pousser les arbres et les fleurs. L’émotion
fait la découverte buissonnière, c’est pourtant le chemin le
plus court.
Si je parle d’émotion, c’est qu’à peu près les 5 spectacles présentés
à la Caserne en étaient chargés, malgré leur diversité.
Car l’année 2013, fut un excellent cru. De quoi mettre en
contact auteur et public, de quoi développer l’imaginaire individuel
et collectif, un cru où « il est question d’éducation citoyenne
par l’art, et formidable école du savoir-être » (dixit
Renucci), Un cru 2013 pour oublier les crues des rivières et
des voix du Fn.
Six spectacles avons-nous annoncé :
• LIAISON CARBONE, tout d’abord, par la Cie LES OBJETS VOLANTS
(Denis Paumier) ; formidable partie de jonglage collectif
dont l’originalité supplémentaire consiste en une mise en
scène « à la française » et c’est un peu comme la musique du
même nom, un art léger, fait de clarté, d’humour et de virtuosité.
Spectacle donné à l’île Piot.

FUCK AMERIKA : Les aveux de Bronsky, par la Cie nOOB, (Benjamin
Duval-Reims). Texte cruel mais antiraciste et anticapitaliste
comme dans les romans de Philip Roth (La Tache par ex.).
PERF’ : One man show atypique au théâtre. Par Marinette
DOZEVILLE. L’émotion est ici philosophique. Perf est-il recherche
de la performance ou de la perfection ? Sommes nous au boulot ou sur le stade olympique ?

• Un SAFARI ARCTIQUE par la Cie L’ALLEGRESSE DU POURPRE qui peut se résumer ici par ce formidable conteur Fred Pougeard, avec adjonction de saxo tout de même. Oui, le conte, la légende, l’histoire, la fiction, la fable, le burlesque, la tendresse sont racontars nécessaires à notre équilibre et à notre sérieux.

• PLUMES, VOLAnTS et SATELLITES par la Cie THEATR’AME (Danièle
Israël, Troyes). non, ce n’est pas du cirque, ni de la cosmographie,
mais un divertissant quoique parfois angoissant
spectacle sur notre société vue par les philosophies de Diderot,
Rousseau, Sartre et Camus. La pièce est écrite par Evelyne Loew
qui pense, je crois, comme Vilar ou Ralite, « qu’entre les artistes
et la société se joue une danse de mort ». Le sujet demande en
effet réflexion. La pièce provoque. Il ne s’agit pas de flatter le public
mais de le faire réagir. En tout cas une pièce intelligemment
mise en scène avec des acteurs à la sève nourrissante.
MOM MOM EST ROUGE par la Cie PAPIER THEATRE (Alain Lecucq,
Vitry-le François). Le sujet est emprunté à l’écrivain turc
Ohran Pamuk, prix nobel en 2006. C’est une réflexion sur le choc
des cultures avec discrète critique des « exagérés » du Coran, ce
qui est bien plaisant à nos oreilles antiracistes.
Ajoutons que 70 lycéens champardennais furent accueillis par la
Région pour découvrir la 67ème édition du Festival. nous reprendrons
la semaine prochaine nos réflexions sur ces spectacles et
activités.


P.-S.

La dépêche de l’Aube N1244

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