“Même si nous sommes les témoins d’impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n’allons pas assez vite.” Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Dossier
  • Conjuguons l’école autrement
    4 juillet 2013

    Suppressions de postes par milliers, fermetures de classes, sélection par l’argent, “formatage” minimum pour servir le patronat... l’école régresse depuis l’introduction en son sein des logiques de la rentabilité financière. Un siècle et demi après, comment ne pas redonner la parole à Victor Hugo qui, le 22 septembre 1862, écrivait ceci aux membres d’un (...)

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Le dessin

4 juillet 2013
L'Humeur
  • LE CARED FRAPPE ENCORE
  • 4 juillet 2013,
    par Malicette
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Conjuguons l’école autrement

L’argent doit être expulsé de l’école

jeudi 4 juillet 2013 , 621 : visites , par Rémi

Suppressions de postes par milliers, fermetures de classes, sélection par l’argent, “formatage” minimum pour servir le patronat... l’école régresse depuis l’introduction en son sein des logiques de la rentabilité financière.

Un siècle et demi après, comment ne pas redonner la parole à Victor Hugo qui, le 22 septembre 1862, écrivait ceci aux membres d’un Congrès pour l’avancement des sciences sociales  : « Pour faire un citoyen, commençons par faire un homme. Ouvrons des écoles partout. Quand on n’a pas en soi la lumière intérieure que donne l’instruction, on n’est pas un homme ; on n’est qu’une tête du troupeau multitude, qui se laisse faire, et que le maître mène tantôt à la pâture, tantôt à l’abattoir. Dans la créature humaine, ce qui résiste à la servitude, ce n’est pas la matière, c’est l’intelligence. La liberté commence où l’ignorance finit ». Quelle brûlante actualité !

Loi de refondation de l’école
Vincent Peillon : “peut mieux faire”


Reconstruire le service public national d’éducation et refonder l’école sur le principe que tous les élèves sont capables d’apprendre : une volonté qui est absente dans la loi Peillon.

Le marathon parlementaire a pris fin le 25 juin avec l’adoption de la loi Peillon, dite de refondation de l’école. Au Sénat comme à l’Assemblée, le texte gouvernemental n’avait guère satisfait les élus communistes qui ont opiniâtrement croisé le fer en proposant des amendements pour l’infléchir.

PAS DE BLANC SEING
Concernant la carte des formations professionnelles, que le ministre voulait transférer aux régions, une « coopération étatrégion sera finalement privilégiée  », a souligné la sénatrice du groupe CRC (communiste, républicain et citoyen), Brigitte Gonthier-Maurin, qui rappelle aussi que son groupe a obtenu également le retrait par le gouvernement de la mainmise par la région du service public d’orientation tout au long de la vie. De nombreux points restent problématiques. Même élargi à la notion de culture commune, la logique du socle commun perdure. « Le vote de notre groupe est positif, mais assorti de vigilance et d’exigence », a prévenu la sénatrice communiste pour qui ce vote, « n’est pas un blancseing [...]. L’épreuve de vérité se fera au moment de l’examen du budget. » En effet, la loi qui prévoit la création en cinq ans de 60 000 postes dans l’éducation, devra subir l’épreuve du crible budgétaire. L’annonce dans la foulée, de 10 000 recrutements en plus, sous forme de contrats aidés, donc précaires, alors que 2 000 postes d’assistants d’éducation vont être supprimés à la prochaine rentrée, suscite la colère de la CGT pour qui « le ministre fait le choix de placer des emplois aidés à la place des assistants d’éducation. »

REFONDATION MINIMALISTE
Force est de regretter que la refondation si nécessaire de notre système éducatif manque singulièrement de souffle. Les logiques austéritaires tirent les ficelles depuis les coulisses et une vraie ambition pour l’école a été diluée dans des calculs de boutiquiers. Redonner à l’enseignement des moyens après les coupes massives de Sarkozy est une nécessité, mais il faut aller beaucoup plus avant. Une réforme pédagogique s’impose en parallèle sur les contenus et la formation des enseignants, sur les rapports - et le droit - de tous aux savoirs. La loi Peillon ne fait que survoler ces questions sans y apporter de vraies réponses. Pire encore, cette déclaration de François Hollande, le 29 avril, selon qui “stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays, c’est d’abord le rôle de l’école” ! Les valeurs de l’égalité, de la justice, de la solidarité et de la citoyenneté ne sont pas compatibles avec un tel « esprit d’entreprise », esprit de la course au profit, de la concurrence et de l’individualisme. Avec un budget 2014 en quasi stagnation, on peine à entrevoir où le gouvernement, englué dans la logique austéritaire, trouvera les moyens de ses modestes ambitions. Et déjà, côté syndical et associatif, on reste très dubitatif sur les créations de postes. Refonder l’école, un des socles de toute société, est un défi majeur. Cela nécessite une ambition, une réflexion de fond et des moyens. Au Front de gauche, nous sommes prêts au débat.


La “refondation” de notre système éducatif manque singulièrement de souffle.


Enseignement supérieur et recherche
Des choix qui doivent tout au medef


Malgré l’opposition du Front de gauche au projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche (loi Fioraso), celui-ci a été adpoté grâce aux voix du groupe EELV et d’une partie du groupe centriste. Ce texte n’opère pourtant toujours pas les ruptures nécessaires avec la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités ou loi Pécresse de 2007) et le Pacte de recherche de 2006 qui ont profondément déstructuré l’enseignement supérieur et la recherche. Il ne s’attaque toujours pas au fléau de la précarité.
Aucun changement significatif n’est donc intervenu, si ce n’est la suppression grave de la procédure de qualification nationale préalable au recrutement des maîtres de conférences et de professeurs d’université par le Conseil National des Universités. La suppression pure et simple de cette procédure, introduite par un amendement du groupe EELV, suscite à juste titre l’indignation de la communauté scientifique, car elle supprime le caractère national du recrutement des enseignants-chercheurs, et remet en cause leur statut en entérinant un recrutement basé sur des critères uniquement locaux, sans garantie de qualité.
Coups de force et manoeuvres scandaleuses du gouvernement, ont émaillé le débat autour de cette loi, pour préserver des choix qui doivent tout au Medef, à la Troïka et à la pression des marchés financiers qui veulent asservir à leurs intérêts l’enseignement supérieur et la recherche.
La rentrée universitaire va être également marquée par une pénurie budgétaire sans précédent : les suppressions de postes continuent, les moyens pour le fonctionnement sont en chute libre. L’austérité dans l’enseignement supérieur et la recherche entraîne une dégradation importante des conditions de travail des personnels comme des conditions d’études des étudiants. La mobilisation contre la loi Fioraso s’organise d’ores et déjà parmi les étudiant-e-s et les personnels des universités et des laboratoires, en vue de la prochaine rentrée.

Formation professionnelle
Ca ne va pas à l’AFPA


La formation professionnelle était au menu des débats de la récente conférence sociale. Des concertations vont débuter avant la présentation par le gouvernement d’un projet de loi d’ici la fin de l’année.
Depuis bientôt une année, l’AFPA subit une “cure de rigueur” et les comptes ont été passés à la paille de fer : 1,2 millions d’euros ont été ainsi économisés grâce à une « rationalisation » des achats (y compris de matériels de protection !) et aussi une cure d’amaigrissement salarial. En plus du gel des salaires, entre 600 et 800 postes seront supprimés d’ici à 2015, s’ajoutent un plan de départs volontaires et le non-remplacement des départs à la retraite.
Les services rendus aux stagiaires se dégradent quand, dans le même temps, les salariés dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et l’absence de démocratie dans les décisions prises. Yves Barou, ancien DRH de Thales, nommé en juin 2012 à la direction de l’AFPA, se réjouissait le 26 avril dernier dans le Figaro : « Nos problèmes financiers sont pratiquement réglés ». CQFD.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1241

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