“La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.” Baruch Spinoza

L'Humeur
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Henri Krasucki (1924-2003)

jeudi 20 juin 2013 , 544 : visites , par Jean Lefevre

Juif, polonais, communiste, Résistant, déporté, c’est Henri Krasucki, débarqué à Belleville en 1928 avec sa famille et sa culture yiddishs. Il devient vite un petit gars de chez nous, un loupiot de la banlieue rouge. Il sera le n°1 de la CGT en 1982.
On ne sait plus grand-chose de ce fin négociateur syndical (accords de Grenelle en 1968). Le bébête-show, qui porte bien son nom, en avait fait un personnage rustre et ridicule, le « Crabe-Zucki », alors qu’il avait acquis une grande culture en littérature et en musique classique. Il réalisa un cycle de conférences aux états-Unis en 1969 et fut par la suite l’invité de nombreuses émissions culturelles. Robert Guediguian et Didier Daeninckx ont fait de « Krasu » un héros de légende, à partir de son rôle dans les FTP-MOI de 1942-43.
La vie d’henri Krasucki est cependant utile pour comprendre le XXè siècle, puisqu’il en a traversé toutes les périodes heureuse ou tragiques : le Front Populaire, la Résistance, la déportation, puis les espoirs vite déçus de la Libération, son engagement stalinien qu’il faut non pas excuser mais éclairer par cette parole d’Aragon : « J’appartiens à cette catégorie d’hommes qui ont tant et si bien regardé la lumière, que parfois, ils sont devenus aveugles de l’aimer. »
Sans vouloir s’égarer dans les horreurs du stalinisme, ce que l’on pourrait garder, de cette personnalité hors pair, c’est son combat permanent contre le racisme. Il a subi l’antisémitisme en Pologne avant guerre, la xénophobie à son arrivée en France puis le nazisme. Le racisme continua après guerre.
Pourtant dans les cités ouvrières, de nombreux étrangers avaient le comportement que décrit Edgar Morin (Edgar nahoum) cité par C. Langeois, page 17 de sa biographie : « Au patronage, on est respectés, on tutoie les éducateurs avec qui on est yiddish plain-pied. Les enfants y reçoivent une culture ouvrière qui rejoint celle des Français de même milieu. Ils connaissent le mur des Fédérés. Quand passe l’enterrement de Henri Barbusse ou celui de Paul Vaillant-Couturier, ils savent qui ils sont, ressentent un gonflement du coeur, un immense amour de l’humanité, ils appartiennent à une grande famille. »
Cette belle biographie d’henri Krasucki apportera beaucoup aux historiens ainsi qu’aux militants et, je l’espère, aux jeunes qui ne savent pas comme il est difficile d’échapper aux dogmes tout en croyant les bouleverser.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1239

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