“Même si nous sommes les témoins d’impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n’allons pas assez vite.” Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Dossier
  • Les majordomes du libéralisme
    17 mai 2013

    F. Hollande a réalisé le rêve de Sarkozy et de la droite : diviser la gauche et le mouvement social. Le camp réactionnaire est en embuscade mais, à l’Élysée comme à Matignon, on ne veut rien changer. L’ardoise est lourde et ce sont les Françaises et les Français qui vont payer l’addition. Hausse du coût de la vie accolée à une diminution des ressources (...)

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Le dessin

17 mai 2013
L'Humeur
  • Excusez-moi
  • 17 mai 2013,
    par Guy Cure
  • Nul n’est à l’abri d’un moment d’inattention. il se peut qu’alors la camarade en profite lâchement et se saisisse de moi, à mon corps défendant. alors, ami lecteur, tu voudras peut-être profiter de l’occasion pour retrouver des copains réunis autour de (...)

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1 Clic une Claque
  • Patrons voyous
  • jeudi 16 mai 2013
  • Les patrons voyous délocalisateurs sèment la misère sociale en Europe pour aller exploiter la misère et semer la mort dans les pays où la protection (...)

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Les majordomes du libéralisme

Un an après : où est le changement ?

vendredi 17 mai 2013 , 426 : visites , par Rémi

F. Hollande a réalisé le rêve de Sarkozy et de la droite : diviser la gauche et le mouvement social. Le camp réactionnaire est en embuscade mais, à l’Élysée comme à Matignon, on ne veut rien changer.

L’ardoise est lourde et ce sont les Françaises et les Français qui vont payer l’addition. Hausse du coût de la vie accolée à une diminution des ressources (salariales, sociales ou des retraites), précarité accrue de l’emploi dans un contexte de chômage de masse, restrictions draconiennes dans l’intervention publique, etc. Le président de la République et son gouvernement accommodent les ingrédients du livre des recettes ultralibérales. La République patauge dans le lisier des affaires qui éclaboussent les partis de l’“alternance”. Il faut reconstruire d’autres fondations pour le redressement du pays, cimentées avec les valeurs de progrès de la gauche.

La grande désillusion libérale
Le dos tourné aux valeurs de gauche

Satisfaire les exigences de la finance et chercher la “confiance” des marchés : la politique de François Hollande renie toutes les valeurs fondatrices de la gauche.

ça y est ! Alors que François Hollande est devenu, selon les sondages, le président le plus impopulaire de la Vème République, plutôt que d’en tirer les leçons sur la politique gouvernementale qui ne répond pas aux attentes, voilà que l’on canonne à boulets rouges sur lesdits sondages qualifiés, de “trop sévères”. Il fallait s’y attendre, eu égard à ce que le gouvernement entend bien ne pas dévisser dans son escalade libérale.

LA GRAVITÉ DU MAL
L’oreille tendue vers Bruxelles et le regard tourné vers Bonn, le président préfère annoncer une hypothétique sortie d’un tunnel où il s’est lui-même engagé. Chasser du pouvoir Sarkozy et sa smala du Fouquet’s, certes une majorité d’entre nos concitoyens l’a souhaité. Mais ils attendaient aussi une autre politique. Une politique de résistance contre la finance, une politique de rupture, avec des changements concrets en matière d’emploi, de services publics ou de solidarité, bref une politique de gauche. La grande désillusion est venue très vite, avec tous les signes de la gravité du mal. à peine quelques semaines après l’élection, le 1er ministre partait jouer le gandin à l’université d’été du Medef. Pour eux, rien ne devait changer  ; ils ont obtenu satisfaction au-delà de leurs espérances. Ils vont pouvoir encore mieux et davantage licencier, empochant au passage un cadeau fiscal de 20 milliards d’euros. Vote de l’ANI, hausse en 2014 de la TVA, l’impôt le plus injuste, adoption du traité européen de stabilité... sont autant de mesures réactionnaires qui enrichissent les riches en appauvrissant toutes les autres couches de la société.

VIVE LA SOCIALE !
En politique étrangère aussi, l’intervention militaire au Mali a le même arrière-goût que celle, à Suez en 1956 sous Guy Mollet, où il s’agissait de rétablir le droit de propriété des actionnaires du canal. François Hollande n’est pas revenu non plus sur la question de réintégrer l’OTAN, décidée par Sarkozy. Pourtant, le changement dans la continuité libérale, les valeurs progressistes de gauche mises au rancart, commencent à craqueler le maquillage, dans les rangs du parti du président et au-delà. La bouffonerie de M. Valls à propos du comptage des participants au rassemblement de la Bastille en est aussi un signe. Une vague citoyenne pour le changement a déferlé le 5 mai. Il y en aura d’autres, il en faudra d’autres, plus puissantes encore, pour briser les digues de l’austérité. Le PCF et le Front de gauche travaillent avec toutes les forces disponibles à soulever une grande marée de “salut public” contre un régime politique en pleine déliquescence. Vive la sociale !


La grande désillusion est venue très vite avec tous les signes de la gravité du mal.



LEURS AVIS, LEURS COLÈRES, LEURS ATTENTES... MAIS ILS NE LÂCHERONT RIEN !


DAVID MORIN

Secrétaire de l’Union départementale CGT

il y a maintenant un an, les françaises et les français affirmaient le besoin d’une rupture avec la politique économique et sociale menée précédemment. la cgt s’était clairement exprimée pour un changement de majorité dans l’intérêt des salariés. or, nous sommes contraints de constater l’écart grandissant entre les engagements et les actes.
Pour les salariés, rien n’a changé positivement dans leur vie au travail et dans leurs conditions sociales. Mois après mois, le chômage augmente dans tous les secteurs, ou presque, et l’aube en bat des records, la précarité est le lot de plus en plus de salariés. les jeunes constituent une véritable génération sacrifiée et subissent chômage, précarité et déclassement.
C’est à cette situation qu’il faut répondre. dans l’intervention de M.hollande, lors de l’ouverture de la précédente conférence sociale de juillet 2012, nous notions l’ambition de construire une « feuille de route sociale ». une « feuille de route sociale » ne peut pas être continuellement remise en cause ou déchirée.
La rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur budgétaire doit être à l’ordre du jour en france et en europe, contrairement à ce qui a été décidé l’année passée.
La séquence que nous venons de vivre avec la négociation de l’aNi sur la pseudo « sécurisation de l’emploi » et sa transcription dans la loi divise les français, les salariés, les organisations syndicales et les parlementaires, y compris ceux de la majorité. comment dans ces conditions le texte de l’accord du 11 janvier pourrait-il devenir une loi de la république ?
Le gouvernement vient de refuser une loi d’amnistie pour les syndicalistes concernant la précédente mandature. derrière la loi d’amnistie se joue aussi la condamnation de ce qui a contraint nombre de salariés à se mobiliser et à agir. c’est donc à partir de la situation sociale et des possibilités de répondre aux attentes des salariés que la cgt s’engagera lors de la prochaine conférence sociale.


ANNE MONSUS

Membre du Parti de gauche de l’Aube

un an de reniements et de mépris des solfériniens. à l’égard de leurs électeurs, dont les 4 millions qui se sont portés sur le candidat du front de gauche, de leurs alliés écologistes, des partenaires sociaux victimes, pour les signataires, d’un jeu de dupes imposé par le Medef, des hommes et des femmes privés de droits : chômeurs, sans papier, précaires, mal logés… françois hollande remplace Nicolas Sarkozy pour poursuivre la même politique au service de l’argent roi et au détriment du peuple : quel changement !
L’austérité n’est pas une fatalité. une alternative est possible pour mettre en place une société juste et écologiquement supportable. le front de gauche porte cette véritable volonté politique d’en finir avec ce modèle économique ultralibéral qui fait perdre le sens de la vie bonne du respect des hommes et de la planète. à nos concitoyens résignés, à françois hollande et à son gouvernement, nous disons : changez maintenant, mobilisez- vous pour une france et une europe au service des peuples qui coopèrent socialement, économiquement et écologiquement. dites non à la france et à l’europe valets de la finance. les solutions sont celles de notre programme l’humain d’abord.


CHLOÉ SCHMITT

Étudiante, membre du Mouvement des jeunes communistes de l’Aube

il y a un an, françois hollande remportait l’élection présidentielle suite à une campagne axée majoritairement sur la jeunesse, brandie comme une priorité. le gouvernement a répondu aux enjeux concernant l’emploi par les médiatiques contrats d’avenir et de génération. le constat est amer : la précarisation du travail chez les jeunes perdure, s’ancrant dans l’actuelle logique de « flexisécurité ». pléthore de jeunes actifs, condamnés à des emplois tout sauf pérennes, sont guettés par le couperet du chômage. de même, le manque cruel de moyens affecte le secteur de l’enseignement : sous-effectifs chroniques, baisse des subventions, privatisation croissante de l’éducation et du savoir. Quid de la dégradation des conditions de vie des étudiants ? la vie politique désintéresse, au vu de l’alarmant taux d’abstention des jeunes aux échéances électorales, manifestation de la résignation qui imprègne aujourd’hui une part de la jeunesse, dont les perspectives d’avenir sont assombries par le tournant de la rigueur. Nous refusons d’être une génération sacrifiée sur l’autel de l’austérité, achevée à coup de restrictions budgétaires, annihilée en tant que force vive, résolument actrice d’un changement durable.


SYLVIE GARET

Présidente du MRAP de l’Aube

Droits des étrangers, quels changements ?
Si l’on peut se féliciter de quelques avancées en 2012, telles que la circulaire dite « Valls » permettant sous certaines conditions la régularisation de personnes sans papiers et la loi supprimant le délit de séjour régulier, il n’y a pas eu cependant de véritable rupture avec la politique antérieure et de volonté de réformer en profondeur le code ceSeda (code de l’entrée et du Séjour des Étrangers et du droit d’asile).
La circulaire Walls ne répond pas à la revendication « pour une égalité des droits entre Français et étrangers ». elle ne suffit pas, dans la mesure où elle n’est pas opposable devant un tribunal et reste marquée par une logique de quota de régularisation. elle ne remet pas en cause le pouvoir discrétionnaire des préfets et ne permet en aucun cas d’asseoir une égalité de traitement. autre exemple : la garde à vue des étrangers, rendue impraticable du fait de la dépénalisation du séjour irrégulier, est remplacée par une mesure de retenue administrative qui en est la copie quasi conforme : les services de police peuvent continuer de remplir les centres de rétention et les salles d’embarquement…
et qu’est devenue la volonté politique du premier Ministre qui affirmait, le 11 décembre 2012, dans son allocution à la “conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale” : « Je pense aussi aux migrants, premières victimes des stigmatisations, à commencer par les familles roms contraintes d’habiter dans des campements de fortune… » ? c’est pourquoi notre mouvement avec d’autres, continue à revendiquer l’égalité des droits entre français et étrangers, la reconnaissance d’une place à chacun, en mettant au centre la solidarité et l’égalité plutôt que le rejet et la peur.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1234

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