“Aujourd’hui, quand vous vivez dans une famille ouvrière, vous avez peur que vos enfants tombent dans la misère. Pourquoi ? Parce que la politique actuelle contribue à accumuler des richesses.” Pierre Laurent

Dossier
  • L’eau, un bien commun et un droit
    28 mars 2013

    Face aux abus en tous genres des groupes privés, la question d’une alternative publique et citoyenne est de plus en plus posée. et se poser cette question, n’est-ce pas déjà y avoir presque répondu ? Véolia, qui n’en est pas à une fourberie près, vient de prétexter du passage de villes françaises à la régie publique pour annoncer 1 500 suppressions (...)

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Le dessin

28 mars 2013
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  • 28 mars 2013,
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L’eau, un bien commun et un droit

Eau, assainissement : public ou privé ?

jeudi 28 mars 2013 , 663 : visites , par Rémi

Face aux abus en tous genres des groupes privés, la question d’une alternative publique et citoyenne est de plus en plus posée. et se poser cette question, n’est-ce pas déjà y avoir presque répondu ?

Véolia, qui n’en est pas à une fourberie près, vient de prétexter du passage de villes françaises à la régie publique pour annoncer 1 500 suppressions d’emplois. Depuis la seconde moitié du XIXè siècle, les sociétés privées de gestion de l’eau et de l’assainissement sont devenues des colosses. Parfois aux pieds d’argile comme Vivendi, mais tous aussi goulus de profits au détriment de l’usager et de l’environnement. L’alternative publique, au niveau local et national (pour la recherche en particulier) et placée sous contrôle citoyen, apporte des réponses viables et responsables à un défi majeur de notre siècle : le droit pour tous à l’eau.


Opacité, surfacturations, abus de position dominante, ententes...
Sortons les requins de l’eau !

l’expérience le démontre : une gestion publique de l’eau et de l’assainissement permet de baisser les prix et une meilleure qualité, dans une logique de préservation de l’environnement.

« Les opérateurs privés ont tout fait pour discréditer la remunicipalisation de l’eau de Paris », déclarait récemment l’adjointe en charge de ce dossier. Signe d’une [r]évolution majeure, les annonces de retour en régie se multiplient, indépendamment des couleurs politiques : Evry, Montbéliard, Bordeaux… Sous la pression de l’opinion, de plus en plus de collectivités remettent en question les opérateurs privés et leurs pratiques souvent jugées opaques. à la différence du “tout-public”, comme aux Pays-Bas ou du “tout-privé” en Angleterre, deux modes de gestion se côtoient en France : régies publiques et délégations de services publics confiées par les communes ou les intercommunalités à des sociétés privées. Véolia, la Lyonnaise des eaux et Saur se taillent la part du lion d’un marché représentant un chiffre d’affaires total annuel de plus de cinq milliards d’euros. Le “vent de fronde” ne se limite plus aux grandes villes ou conurbations et se propage aux collectivités rurales.

EAUX TROUBLES
« La collectivité a été victime d’abus, les prestations ne correspondant pas aux coûts facturés  » : ce constat dressé par un élu de la communauté urbaine de Bordeaux, combien de fois ne s’est-il pas répété ? à Romilly, par exemple, où la Lyonnaise des eaux a fait en partie payer une station d’épuration qu’elle n’a jamais construite, et où l’ancien maire a refusé de saisir la justice pour obtenir la rétrocession des sommes trop payées par les usagers. L’eau coûte cher ; elle n’est pas forcément limpide ; à tel point que Bruxelles a ordonné deux enquêtes en trois ans sur les trois géants français. Mais la roue du moulin tourne. Même si ces opérateurs tentent d’en endiguer les effets, de plus en plus d’usagers en ont assez d’arroser les actionnaires des multinationales privées.

C’EST POSSIBLE MAINTENANT
Contrairement à l’énergie ou aux transports, on a taillé dans notre pays un costume sur mesure dans lequel le privé a pu prendre toutes ses aises. Dans le milieu des années 1990, ont éclaté un grand nombre de scandales : augmentations tarifaires injustifiées, absence de travaux, investissements pour des infrastructures non adaptées, etc. Ces dérives ont mobilisé les associations citoyennes et certaines collectivités pour reconsidérer le retour en régie publique. Aujourd’hui, avec le recul, les avantages d’une gestion publique sont tangibles : plus d’investissements, moins de gâchis (fuites...), prix moins chers, contrôles plus fréquents et plus rigoureux, démocratie et transparence. Une gestion publique avec une eau de meilleure qualité, soucieuse de la préservation des cycles écologiques et biologiques, est possible. L’“exploitation” de cette ressource naturelle, bien commun de l’humanité, à des fins mercantiles par une poignée de requins assoiffés de bénéfices et omnipotents est intolérable. La solution existe, elle est réalisable partout si une volonté citoyenne et politique décide de la mettre en oeuvre. Sortons les requins de l’eau !


Les usagers de l’eau en ont assez d’arroser les actionnaires des sociétés privées.



Deux questions à... CHRISTOPHE LIME Maire-adjoint de Besançon chargé de l’eau et de l’assainissement

LDA : Si on voulait faire de l’humour, on pourrait dire que la “vague” des retours à une gestion publique de l’eau et de l’assainissement se transforme en “déferlante”.
Christophe Lime  : en effet, depuis plusieurs années, le débat public se polarise en France autour du mode de gestion des services d’eau et d’assainissement. après des décennies de domination d’un « modèle français » de l’eau, caractérisé par la présence de grands groupes privés, un mouvement s’est fait jour en faveur de la gestion publique. grenoble en 2000, Neufchâteau en 2001, Paris 2010… le retour en gestion publique a concerné plus de 2,8 millions d’habitants supplémentaires entre 2009 et 2012. Pour l’eau potable, la population desservie en gestion publique serait passée de 28 % à 34 % entre 2004 et 2012. D’autres collectivités ayant d’ores et déjà annoncé un retour en gestion publique pour les années qui viennent (aubagne, Valence, Nice, Renne, bordeaux, agglomération du Pays de Montbéliard…). Certains pays (belgique, allemagne, Pays bas, Norvège,…) ont conservé dans le giron public la quasitotalité de la gestion de ce service. Mieux, la suisse, entre autre, a inscrit le principe de la gestion de l’eau dans sa Constitution. et en italie, à l’occasion du référendum du 13 juin 2011, les électeurs ont de la même façon refusé la privatisation de la gestion de l’eau dans le pays.

LDA : Cette tendance qui touche donc la France et de nombreux autres pays s’explique-t-elle par des mêmes motifs ?
Christophe Lime : les raisons d’un retour en régie pour les collectivités qui le choisissent sont souvent diverses et multiples. Volonté de transparence, maîtrise du prix, amélioration de la qualité du service, préservation des ressources, diminution des naissances liée aux pollutions etc. environ 800 contrats arrivent à échéance chaque année et ce chiffre devrait augmenter grâce à l’arrêt « olivet » qui va conduire à écourter certains contrats. Pour aider des collectivités à revenir en gestion publique, mais aussi pour améliorer l’efficience de celles qui gèrent depuis des années ce bien indispensable, nous avons créé la Fédération eau Publique (FeP) sous l’autorité de la Fédération Nationale des Collectivités Concessions et Régies (FNCCR). le débat sur chaque renouvellement et contrat doit associer les élus, les services mais tout particulièrement la population concernée. C’est à elle de décider de son avenir, nous sommes là pour lui apporter tous les éléments pour avoir un débat riche et constructif.



P.-S.

La dépêche de l’Aube N1227

5 Messages

  • L’eau, un bien commun et un droit 30 mars 2013 09:23, par Robin des Bois

    Bonjour, Il me semble qu’il faudrait déjà convaincre les municipalités locales comme Sainte-Savine où les communistes dans la majorité actuelle qui gére viennent de renouveler le contrat de gestion de l’eau à Véolia ! On va me dire que la situation locale est particulière, que le personnel pouvant gérer un réseau d’eau est à créer entièrement avec des embauches, des formations et tout et tout ! On va me dire que l’on est dans une économie de marché où on doit juridiquement faire des appels d’offres et où la concurrence est curieusement absente ! Des villes ont remunicipalisé la gestion de l’eau avec des résultats encourageants, localement on se saurait pas faire un copié/collé de ces actions. Oui, il faut investir pour l’avenir, c’est un choix politique d’intérêt général qui doit dépasser les conservatismes et certains opportunismes ! La gauche de demain devra montrer l’exemple et être une avant-garde et non un ultime rempart néolibéral. Salutation écocitoyenne

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    • L’eau, un bien commun et un droit 30 mars 2013 15:54, par Tullius Détritus

      Alors si on vous fait toutes ces objections, alors c’est à se décourager de tout. Non, non et non une municipalité comme Sainte Savine doit se donner les moyens de reprendre une gestion de l’eau en régie municipale et si il faut recruter, former, etc..alors que cette municipalité de gauche le fasse et reste fidèle à ses électeurs de "gauche".

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      • L’eau, un bien commun et un droit 31 mars 2013 16:19, par Robin des Bois

        Merci de me confirmer et me rassurer qu’une certaine gauche a encore des valeurs et des idées à défendre et surtout à mettre en oeuvre. Pour Sainte-Savine, il est trop tard, le contrat vient d’être signé pour 8 ans, la délibération a été votée à l’ unanimité des présents. En rappelant, sauf coup de girouette récent qu’ il y avait au départ une majorité municipale composée d’au moins 4 PC, plusieurs EELV et une majorité de PS. Il est probable que le gain financier d’une remunicipalisation ne soit pas très important, mais se réapproprier certains domaines vitaux et mettre des grains de sable dans la machine néolibérale est d’abord un signe que d’autres politiques sont encore possibles, si on le veut et en dépassant l’indignation théorique pour l’action réelle.

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        • L’eau, un bien commun et un droit 3 avril 2013 15:56, par dd

          les élus PCF ont demandé une étude afin d’estimer le cout d’un retour en régie publique. Minoritaire dans la majorité, ils ont été battu politiquement par le groupe socialiste.

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          • L’eau, un bien commun et un droit 3 avril 2013 19:31, par Robin des Bois

            Lors d’un vote en Conseil Municipal, il est toujours possible de s’abstenir pour ne pas mettre en cause la solidarité municipale majoritaire. Le constat vu par les citoyens d’un vote unanime du CM sur un tel sujet peut susciter des interrogations sur la réelle volonté de changement des élus de gauche, surtout si les raisons ne sont pas ou peu expliquées et qu’en même temps, les structures politiques de l’agglomération (PCF, Parti de gauche et PS) organisent à juste raison des conférences sur ce théme et que des expériences montrent la pertinence d’une alternative possible.

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