“Même si nous sommes les témoins d’impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n’allons pas assez vite.” Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

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    21 février 2013

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La dynamique de l’espoir

Le 36ème Congrès du PCF

jeudi 21 février 2013 , 1032 : visites , par Rémi

Le 36ème Congrès a commencé l’écriture d’un nouveau chapitre de l’histoire du PCF, avec une ambition politique inédite qui appelle de l’audace, de la fermeté sur les objectifs et la passion de rassembler.

La “signalétique” (la faucille et le marteau) ôtée des cartes d’adhérents a fait couler beaucoup d’encre et de salive médiatiques. On a péroré sur la mouche envolée du visage, sans voir le visage rajeunir, les rides s’estomper et le teint reprendre de la couleur. Historique, ce congrès le fut à plus d’un titre ; par les voies politiques nouvelles qu’il ouvre, tant dans leurs dimensions nationale qu’internationale, que dans la certitude réaffirmée que d’autres solutions que l’austérité sont possibles. Le PCF fera feu de tout bois pour que le changement et, par lui, que la gauche réussissent.

Emploi, droits des salariés, services publics...
“L’égalité veut d’autres lois...”

Ces paroles de l’Internationale, chantée à la fin du Congrès, symbolisent à elles seules la visée du PCF. Faire aboutir de nouvelles lois inspirées des valeurs de la gauche.

PSA, Fralib, Sanofi, Arcelor Mittal... les salariés l’ont dit : ce n’est pas la compassion mais l’action qu’ils attendent du gouvernement.

Allons donc ! Qui pourrait encore aujourd’hui croire en un état qui « ne peut pas tout », alors que, précisément, depuis des décennies, l’état fait tout pour plier le corps social (en cassant, si besoin est, quelques membres tels que les services publics) aux exigences néolibérales. Des niches et exonérations de la droite, en passant par ses largesses avec les deniers publics aux industriels de la haute mendicité, jusqu’à l’opiniâtreté de l’actuel gouvernement à faire entrer dans la loi des dispositions si réactionnaires contre le monde du travail qu’on en a pas vu depuis le gouvernement de Vichy ; on le voit bien, l’état peut et il fait. Il fait le lit des marchés financiers, tire la couette sur le patronat et laisse crever de froid des SDF jetés à la rue par la spéculation immobilière ou des chômeurs poussés à la désespérance au point de s’immoler par le feu. Selon un psychiatre, 3,4% des suicides auraient un lien avec le chômage. Où est le changement, où est la gauche ?

UNE PRIORITÉ : L’EMPLOI
Le congrès a tracé une feuille de route avec une urgence : la bataille pour l’emploi et la sécurisation de l’emploi. Un accord minoritaire, comme celui signé le 11 janvier, ne doit pas devenir la règle, et l’Assemblée Nationale ne peut pas être une chambre d’enregistrement des reculs sociaux désirés par la droite et le Medef. Les textes présentés peuvent être amendés et les élu-e-s du PCF et du Front de gauche porteront des propositions pour redonner au travail toute sa place et tendre vers l’abolition d’un privilège. Celui de la possession du capital et de sa rentabilisation qui ont fait naître de nouvelles féodalités, les entreprises et leurs gardes Suisses : les banquiers. Fief est bien le mot approprié, car même la loi n’y est pas respectée, comme celle sur l’égalité salariale hommes-femmes. Une situation insupportable à laquelle le gouvernement peut et doit - mettre un terme.

AIDER LA GAUCHE
Toujours en matière d’emploi et de relance de notre activité industrielle, les communistes avancent plusieurs pistes pour aider la gauche. La généralisation des droits des salariés dans les conseils d’administration des entreprises, l’instauration d’un droit de veto des comités d’entreprises pour suspendre les plans sociaux avec l’obligation d’étudier les plans alternatifs émanant des salariés et des organisations syndicales, la loi contre les licenciements boursiers, qui peut être votée tout de suite. La gauche doit aller de l’avant aussi sur cette revendication vieille de 30 ans qu’est le droit de vote des étrangers aux élections locales. Des collectifs vont être créés pour animer cette bataille et gagner ce droit avant les municipales de 2014. Développement des services publics, revalorisation du pouvoir d’achat... tout cela est possible. Les communistes ne resteront pas l’arme au pied quand il s’agit de réussir le changement à gauche. Ils feront des élections de 2014 (municipales et européennes) de grands moments de rassemblement. « L’égalité veut d’autres lois... ».

Des mots...


ALLOCUTION DE CLÔTURE DE PIERRE LAURENT
EXTRAITS :
UTILES A NOTRE PEUPlE, A LA FRANCE, A LA GAUCHE...
« nous voulions, avec ce congrès être utiles à notre peuple, à la france, à la gauche. être utile à la réussite d’une politique de changement. nous voulions un congrès [...] marqué par notre ambition pour notre peuple. [...] la situation de notre pays, celle de l’europe, sont trop graves pour que nous nous laissions aller à autre chose que l’ambition d’aider notre peuple à sortir de cette crise en faisant grandir ce qu’il a de meilleur en lui-même : ses traditions de solidarité et sa capacité à construire un monde nouveau. »
LE COMMUNISME DE NOUVELLE GENERATION
« c’est un immense défi. [...] c’est le défi de l’humanité entière, celui du siècle dans lequel nous sommes entrés. le monde entier doit se réinventer s’il veut sortir de la crise dans laquelle le capitalisme mondialisé l’a enfoncé. nous avons entendu cette exigence de mille et une manières. [...] nous sommes un parti en plein mouvement, en plein renouvellement, en plein renouveau. [...] le communisme de nouvelle génération est une idée qui peut être de grande portée. [...] avec l’ensemble des communistes, avec l’ensemble des très nombreuses forces disponibles dans toute la société, avec toutes les forces internationales, nous devons nous engager dans la durée à la reconstruction de ce grand projet communiste de nouvelle génération. »

« Louis Aragon disait : “il y a de quoi rêver et de quoi serrer les poings.” Alors rêvons et serrons les poings. »

AMBITIEUX POUR LE CHANGEMENT
« cette urgence est aujourd’hui plus que jamais d’actualité : le chômage continue de progresser, les grands groupes continuent de licencier, l’hémorragie industrielle se poursuit et la pauvreté grandit. dans tous les services publics - l’école, le logement, les transports, la santé -, les besoins frappent à la porte [...]. ces changements-là, nous voulons qu’ils s’engagent en 2013. nous ne sommes pas décidés à attendre et nous ne voulons pas laisser la résignation, le renoncement, l’impuissance gagner du terrain. [...] à toutes celles et ceux qui ont voulu le changement au printemps dernier, nous disons : remobilisation générale ! »

...et des images


INTERVIEWS SUR L’ACTU SOCIALE


GISÈLE MALAVAL, militante auboise du PCF, membre du Conseil national

LDA : L’Aube a perdu 2 000 emplois en 2012, que propose
le Parti communiste français pour maintenir l’emploi ?
G. Malaval  : L’aube est un territoire fragilisé par la désindustrialisation et par les délocalisations - le seul secteur du textile a perdu en dix ans plus de dix mille emplois -. le patronat a donc les coudées franches pour imposer de bas salaires, des cdd plutôt que des cdi, du temps partiel non choisi ; pour fermer aussi des entreprises qui marchent (lohmann en 2010 annonçait 136 m€ de réserves financières au moment où il fermait sa filiale sodimédical de plancy) et délocaliser la production ; pour profiter au maximum de l’argent public en promettant d’hypothétiques emplois (cauval à bar-sur-aube). il est clair qu’imaginer pouvoir moraliser le capitalisme est une vue de l’esprit. seule une loi pourra mettre un terme à cette coupe réglée de notre tissu industriel. une proposition de loi, déposée dès 1995 par le pcf, sera, à ce propos, portée à l’assemblée le 27 février par les députés du front de gauche, stipulant qu’une entreprise qui aura distribué au cours du dernier exercice comptable des dividendes aux actionnaires, ne pourra pas faire de licenciements économiques, et que l’entreprise qui aura bénéficié d’aides publiques sera tenue de les rembourser si elle licencie sans réels motifs économiques. quatre voix (abstention des Radicaux de gauche) avaient manqué pour la faire adopter par le sénat en février 2012. la majorité ayant changé, cela ne devrait donc pas poser de problème !
LDA : Si l’entreprise doit néanmoins fermer, que proposent le PCF et le Front de gauche pour accompagner le salarié ?
G. Malaval : nous proposons la sécurité sociale professionnelle, c’est-à-dire un système qui, en cas de chômage, permettrait au salarié de conserver son contrat de travail tout en effectuant une formation qualifiante ; sa rémunération et sa protection sociale seraient ainsi maintenues. la mobilité - à ne pas confondre avec la flexibilité que réclame le patronat - ne suspendrait pas les droits du salarié. en amont, le salarié aurait un droit de veto suspensif sur les restructurations, afin de pouvoir examiner les alternatives économiques, et un droit de préemption sous forme de coopérative en cas de dépôt de bilan ou de délocalisation. Voilà les grands axes d’un nouveau droit social, qui s’opposent évidemment aux accords medef/syndicats destinés à faire exploser les garanties et protections du modèle social existant.

DAVID MORIN, secrétaire de l’union départementale CGT


LDA : Faute du soutien d’une partie de la majorité gouvernementale, la commission des lois a rejeté, la semaine dernière, la proposition de loi des sénateurs communistes visant à l’amnistie sociale des nombreux syndicalistes et militants associatifs condamnés pour activités revendicatives. Que t’inspires cette situation ?
D. Morin : Je suis assez étonné de cette prise de position. Je me rappelle d’autres propos sur le sujet de la part de la majorité actuelle, en particulier lors du conflit de 2010 sur les retraites. Nous avons un exemple vivant dans l’Aube, celui d’un jeune camarade qui s’est vu être la cible d’un dépôt de plainte du préfet de l’époque. Nous avons lutté pendant des mois pour qu’aucune sanction ne soit appliquée. Il semble que nous ayons réussi, mais là ou le bât blesse, c’est que ce militant est maintenant fiché sous toutes ses coutures, empreintes ADN comprises. Nous ne l’acceptons pas ! Au-delà de cet étonnement, j’y vois aussi une sorte de « non volonté » de faire une politique sociale différente. Un seul exemple qui s’est produit récement. Le gouvernement a délégué totalement au Medef les négociations avec les syndicats sur « l’accord su l’emploi », accord co-signé le 11 janvier par trois organisations syndicales minoritaires. Cet empressement montre, d’une part, une réelle volonté de faire fi de la représentativité des syndicats, mais aussi et surtout est la démonstration de sa volonté de répondre aux exigences patronales, et là-dessus le changement, ce n’est pas pour maintenant.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1222

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