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Projet socialiste : Au delà de l’affichage, quelle est la réalité ?

vendredi 6 octobre 2006 , 2205 : visites

Sur le Smic d’abord. La revendication des syndicats, la proposition du parti communiste français est 1500 Euros brut tout de suite.

Le projet socialiste, c’est 1500 Euros brut d’ici 2012. Soit une augmentation moyenne de 3,3% inflation comprise. C’est à peine plus que la valorisation annuelle mécanique du Smic.

La question des financements est la grande inconnue du projet socialiste. Dire demain on rase gratis sans dire immédiatement comment financer une politique alternative, c’est de la poudre aux yeux. Or, la sécurisation de l’emploi, l’autonomie des jeunes, le développement du service public d’éducation et de la recherche, tout cela coûte cher. Dans son projet le PCF dit où l’argent doit être mobilisé pour mettre en œuvre une autre politique. Sur ce point, le projet socialiste fait une seule proposition avec la réforme de l’impôt sur le revenu (IR) par l’intégration de la Contribution sociale généralisée (CSG).

Les communistes pensent que cette mesure non seulement ne fait pas le compte mais est dangereuse. Elle conduit mécaniquement à la remise en cause de la progressivité de l’impôt sur le revenu qui est le seul système juste d’imposition : plus on peut payer, plus on paye. Elle conduit également à remettre en cause le financement mutualisé de l’assurance sociale, à le fiscaliser et donc à déresponsabiliser les entreprises dans le financement de la Sécurité sociale.

Concernant la question du marché financier, de la politique monétaire et de crédit, de la politique européenne, enjeux majeurs pour une politique de rupture avec le libéralisme, le PS reste en phase avec la ligne qui l’avait conduit à appeler à voter "oui" au projet de constitution européenne. D’ailleurs sur les services publics, son projet en reste à la notion de "missions de service public". Pas très éloigné des missions de service d’intérêt général de la Constitution européenne.

Concernant la politique de l’emploi. Le plein-emploi pour les gens, c’est la fin du chômage. La réalité, dans le programme socialiste, le plein-emploi c’est la proposition de ramener le chômage à 5% à l’horizon 2012. L’UMP fait la même proposition à horizon 2015. En Grande Bretagne, les 3% de chômage, chiffres d’avril 2006, c’est en même temps des millions de salariés pauvres avec des jobs précaires et souvent plusieurs employeurs, sans couverture sociale. Le chômage a baissé au prix du sous-emploi, de la précarité et des très bas salaires. Les récentes déclarations de Ségolène Royal concernant la flexibilité du travail, la carte scolaire ainsi que ses surenchères sécuritaires ne sont pas de nature à répondre aux défis d’une véritable politique de progrès.

Est ce cela la politique de la gauche que nous voulons ? assurément NON.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N889

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