Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

Cycleurope

Qu’est-ce qui se trame ?

vendredi 6 octobre 2006 , 2987 : visites

Qui osera prétendre aujourd’hui qu’il n’y a pas en France un problème de pouvoir d’achat.

Surtout pas les communistes qui viennent d’engager à l’échelle de tout le pays une pétition nationale pour l’augmentation des salaires des retraités et minima sociaux. En effet, pour ne prendre que le marché du cycle français, celui-ci serait en baisse de 6% pour 2006. Cette situation profite bien sûr aux importations. En 2002, elles représentaient 44% du marché français, aujourd’hui 68%. Le statut des fabricants de cycles de notre pays a complètement changé, de producteurs ils sont devenus assembleurs de pièces provenant des quatre coins du monde. Par exemple, Cycleurope dans sa course aux profits, a transféré les processus de production des cadres et fourches à l’échanger en Chine notamment. Pas étonnant dans ces conditions, que l’emploi a fondu comme neige au soleil dans l’entreprise romillonne.

Dix sept jours de chômage pour les profits des actionnaires Cette situation, la direction a décidé de la faire payer aux salariés. Elle vient en effet, d’annoncer dix sept jours de chômage. Ce qui va bien évidemment amputer encore un peu plus leur pouvoir d’achat. L’Etat, quant à lui, devra mettre la main à la poche pour financer en partie ce chômage. Comme la situation du marché français ne permet pas à " l’entreprise de redevenir profitable en 2006 " (voir information de la direction au personnel), les actionnaires ont donc décidé d’en faire supporter le coût aux salariés et à l’Etat.

Les transferts d’activités sur Romilly ne se feront pas A cette inquiétude que suscite cette décision de chômage, s’ajoute celle de la non réalisation de transfert d’activités sur le site de Romilly. Là encore, les actionnaires semblent avoir changés leur fusil d’épaule. L’activité logistique et accessoire actuellement à Pantin, sera en définitive transférée à Machecoul alors qu’elle devrait l’être à Romilly. Ce projet avait d’ailleurs suscité de l’espoir chez les salariés qui voyaient dans cette décision des perspectives d’avenir pour l’usine romillonne.

Comme cela était prévisible, les transferts de ces activités sur Machecoul au lieu de Romilly alimentent le sentiment inverse.

Une sombre affaire aux Etats-Unis

Il semblerait d’autre part, que le père Grimaldi aurait perdu un important procès en Amérique et que pour pouvoir payer la facture, il aurait revendu certaines affaires en Suède et en Allemagne notamment. Une situation qui n’est pas pour rassurer les banques, la banque CII aurait lâché le groupe. Ce qui a conduit les fournisseurs asiatiques à demander d’être payés à la commande. D’ailleurs la direction qui reste bien muette sur tout cela a tout de même lâchée que les comptes de groupe étaient bloqués. Un actionnaire américain met les pieds dans le groupe Il aurait racheté les parts du fils Grimaldi qui avait la réputation d’aimer bien la vie. Or, ce nouvel actionnaire a lui aussi une autre réputation, celle de ne pas fabriquer de vélos mais d’en acheter dans les pays asiatiques pour inonder le marché. Ainsi le ver ne serait-il pas entré dans le fruit, dans la perspective de la fin des quotas en 2010/2012 où le marché du cycle sera complètement libre avec la suppression de mesures antidumping. Ainsi ce qu’il reste de l’industrie du cycle ne va-t-il pas connaître le même sort que le textile ?

Derrière tout cela, on retrouve une seule logique, celle du capitalisme où tous les moyens sont bons pour réaliser des profits pour les actionnaires. Et tant pis pour eux, si les salariés doivent en subir les conséquences. Se rassembler et agir pour repousser ces mauvais coups et pour construire une société où l’individu sera la priorité au lieu du profit par tous les moyens telle est l’ambition des communistes

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N889

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